Savage Tide d'Antoine

Scuttle Cove - havre du Chaos (partie 2)

Les Tanarukks n’étaient préparés pour un groupe d’aventuriers tel que le nôtre; les rangs du groupe de recruteurs de la Crimson Fleet furent rapidement investis par Gunrak, dansant sur le champ de bataille entre eux, les frappant avec genoux, coudes, poings et pieds; lorsque ma vieille carcasse se rendit finalement à distance de marteau, certains étaient déjà sur le dos, massant divers maux et tentant de s’appuyer sur leurs armes pour se relever.

“Ce salaud de ”/campaigns/savage-tide-d-antoine/characters/gunrak-monk" class=“wiki-content-link”>Gunrak"

me dis-je alors, avant de diriger mon craghammer vers le genou exposé d’un Tanarukk toujours debout.

L’état des Tanarukks au début de l’engagement n’était peut-être qu’une indication du résultat du combat à venir. Le sourire de Moradin était sur nous; malgré l’agressivité naturelle des orcs des Abysses, leurs tactiques étaient trop simplistes pour contrer des vétérans tels que nous étions en train de devenir. Les spectateurs, dont le support basculait entre les Tanarukks et notre groupe depuis les premiers coups portés, se rangèrent finalement derrière les héros de Sasserine, allant même jusqu’à retenir un Tanarukk alors qu’il tentait lâchement de s’échapper.

Nos exploits n’ont certes pas passés inaperçus dans cette ville perfide; nous venions d’annoncer notre arrivée à la Crimson Fleet, la subtilité n’ayant pas semblé croiser l’esprit d’Isom alors qu’il se mit à railler les Tanarukks. Ce dernier, après quelques invectives de ma part, expliqua avoir un compte à régler avec ceux qui portaient l’étendard de la flotte rouge écarlate et que les Tanarruks étaient un exutoire de ses démons intérieurs, une vengeance pour des actions proférées il y a plusieurs lunes. La suite allait devoir attendre; Isom est un tiefling de peu de mots, malgré ses talents oratoires.

Les mots d’Isom nous accompagnèrent jusqu’au Red Foam Whaling Inn, lieu d’une industrie de transformation baleinière abandonné sur les docks au sud de Scuttle Cove. À notre arrivée, les rumeurs murmurant que l’endroit était hanté semblaient réelles pour l’observateur peu aguerri; des bruits effrayants et des craquements réguliers étaient facilement audibles. Ces bruits lorsque nous nous approchâmes du bâtiment, s’avèrèrent n’être que le bruit du vent glissant à travers mobiles et pendentifs autour de l’immeuble de deux étages, dont l’apparence extérieure ne laissait rien entrevoir de l’embuscade qui nous attendait à l’intérieur.

Dès notre entrée, il m’apparut évidemment que l’utilisation réelle de l’immeuble était camouflée; de la poussière habilement saupoudrée pour couvrir des traces de pas au sol, les empreintes soigneusement essuyées sur les outils placés pèle-mêle…
“Un repaire parfait pour Harliss”,
me dis-je d’abord. J’eu horriblement tort.

Harliss, se trouvait sur un quai à quelques mètres devant nous, recroquevillée de douleur sur elle-même sous de massives chaînes servant au transport de baleines pendant du lointain plafond du Red Foam Whaling. Mes jambes me propulsèrent immédiatement vers l’avant à son secours. Heureusement, mes jambes courtaudes me laissèrent suffisamment de temps pour localiser l’archer dont la flèche venait de percuter Gunrak en pleine poitrine sur une passerelle en hauteur; un Yuan-Ti embusqué, bientôt suivi d’un deuxième sur un quai à l’arrière du Red Foam Whaling. Gunrak, le calme au centre de la tempête créée par le piège tendu par les Yuan-Ti, se dirigea vers son assaillant et le propulsa en bas de la passerelle d’un coup de genou dévastateur. Le Yuan-Ti, se remettant de sa chute rapidement, plaça Harliss en joue avec son arc et nous attendit, défiant. Moi et Isom ne furent que trop heureux de répondre à son arrogante invitation. L’archer Yuan-Ti, dont l’esprit bascula rapidement sous le contrôle de FarahFarah vit ses défenses percées par nos attaques féroces, nourries par le désir de protéger Harliss. Harliss, qui embrassa Isom dès son arrivée à ses côtés après avoir salué son courage… Pourquoi un tel acte alors qu’elle était l’otage d’un Yuan-Ti? Mes sens alertés reflétèrent le doute de Farah qui reconnaîtrait un changeur de formes parmi cent visages inconnus; une diablesse, une succube, était à l’oeuvre. La tentatrice se révéla à notre groupe avec ses ailes de chauve-souris, empoignant Isomen le maintenant sous son contrôle par un baiser éternel, l’utilisant même pour parer l’un de mes puissants coups de craghammer, le laissant en piteux état.

Isom le tiefling aurait laissé son âme dans le Red Foam Whaling si ce n’était d’Hallya. L’eladrin utilisa le pouvoir de téléportation qui caractérise sa race pour permuter sa position avec Isom et explosa littéralement dans une gerbe de feu avant de disparaitre sous les yeux ébahis de la succube, la laissant brûlée vive, tout comme mes mains gantées. Même l’arrivée du chef du groupe, que l’un des archers nomma Sangsue, ne purent apaiser notre furie alors qu’Isom était sain et sauf en haut de la passerelle. La succube, l’archer Yuan-Ti et la Sangsue avaient perdu l’effet de surprise initial et ne tenaient plus notre capitaine sous leur emprise. Leurs âmes retournèrent vers les dieux qui les protégeaient et leur mort ne fut pleurée par personne. Un Yuan-Ti tenta de s’échapper dans les eaux noirâtres du port de Scuttle Cove. Gunrak Monk et moi plongèrent à sa poursuite, le rattrapant rapidement.

Maintenant, si un lecteur de ces mots tentait d’imaginer un nain en armure d’écailles de wyverne avec un lourd bouclier plonger dans l’eau boueuse d’un port reculé à la suite d’un Yuan-Ti en fuite, je veux indiquer que Moradin protégea ce nain toute sa longue vie jusqu’à ce qu’il écrive ces lignes et que rien n’indique qu’une malédiction ne frappera pas celui qui tenterait de ternir sa mémoire avec d’impures pensées…

Le Yuan-ti capturé, qui s’avéra coopératif après quelques mots doux d’Hallya, quelques droites bien placées d’un nain dont le visage et le sourire indiquaient que d’autres étaient en réserve et de la scène d’Isom préparant un noeud dans une lourde chaîne pour son cou, nous appris qu’il était un membre du 7th Coil, un assassin sous les ordres de la Sangsue, un Yuan-Ti aux dimensions imposantes qui lui avait ordonné d’attaquer le groupe d’aventuriers qui allait se présenter au Red Foam Whaling, qui s’avéra n’être qu’un repaire du Protectorat, une des nombreuses organisations de Scuttle Cove. Bien qu’ignorant où précisément se trouvait Harliss, l’assassin savait que la capitaine avait été transférée à des contacts de la Sangsue, rien de plus. Isom pris la décision de le relâcher, nous laissant déchiffrer les mystères du Red Foam Whaling nous-mêmes; dans une pièce d’où la Sangsue avait rejoint la mêlée décorée de peaux de serpents gigantesques, nous trouvâmes une lettre de Zimon Alenveer indiquant que le porteur était un allié de Tyralandy et de l’assister par tous les moyens possibles, de même qu’une boucle d’oreilles en forme de Marilith appartenant à Harliss.

Les mystères de Scuttle Cove ne semblaient que s’épaissir alors que notre groupe laissa le Red Foam Whaling derrière et se dirigea vers la Porphyry House, qui nous l’espérions alors, allait être l’endroit où nous allions trouver des réponses à certaines de nos interrogations.

Un bruit sec fit tourner la tête casquée de Kharas Skullcrusher vers la droite alors que l’encre n’avait pas encore fini de sécher sur la page du manuscrit des Skullcrushers où il couchait ses souvenirs quelques secondes auparavant. Adossant le livre sur un rocher avec révérence, il empoigna son craghammer et se leva, faisant grincer les gonds de son armure et alertant quiconque à plusieurs mètres de son état d’alerte. Riant d’un rire gras, Kharas fit face à la créature qui prenait place à l’embouchure du camp magique de son groupe, observant le nain encapsulé de métal avec surprise, et leva son craghammer pour un autre engagement. Si les cris de la créature où les grincements de l’armure, réveillèrent ses compagnons, Kharas ne l’apprendra jamais.

View
Scuttle Cove - Havre du Chaos

La foule se sépare en lançant des insultes, formant un cercle braillard autour de cinq monstres du chaos, champions de Scuttle Cove, et de cinq pieds tendres, fraîchement débarqués dans la ville du chaos. Une eladrin à l’air ennuyée. Une changeling à l’aspect chatoyant. Un nain à l’impassibilité de pierre. Un githzerai au sourire carnassier. Et un thiefling, enflammé par un courroux propre à sa race.

Tendres ? Isom souhaite le contraire. Alors que la foule se place en rond autour d’eux, le thiefling se met à regretter son action intempestive. Farah affirme d’une voix nerveuse qu’il s’agit de Tanarukks, des orcs qu’on a envoyé aux abysses pour recevoir du sang de démon. Résistants au feu, ils sont aussi reconnus pour leur agressivité et leur sauvagerie sans borne. Isom le sait bien, le vieux barde se souvient.

Tanarukks

Isom se souvient d’un an de captivité, à travailler dans le bouge d’un repaire de la Flotte. Il se souvient d’un Tanarukk de passage, qui avait souhaité s’amuser au dépens d’un de ces enfants infernal, d’un thiefling. Le vieux barde n’y avait survécu que par sa résilience, et son expérience dans le traitement des blessures. Sa raison le porte au calme, mais le passé, tout comme la foule, demande de voir couler du sang. Du sang pour du sang.

“Comment en sommes-nous arrivé là ?” murmure le barde, étouffé par les cris de la foule.


Dix-neuf jours plus tôt, Khala. L’aspect de Demogorgon défait, Isom et ses compagnons entreprirent d’étudier le temple. Le repaire du démon était manifestement un ancien temple olman, et les multiples salles attenantes remplies d’urnes anciennes en témoigne. Malheureusement, l’action du temps et de l’humidité avaient complètement effacé les bas-reliefs olmans attestant de l’utilité originelle du temple. L’utilité actuelle ne faisait guère de doute, par contre.

Un laboratoire élaboré, témoignage du génie alchimique de Khala, occupait une des salles attenantes. L’étude des notes et des alambics permit de comprendre comment les perles abyssales étaient polies. Kalah laissait macérer des coeurs, cerveaux et muscles dans des urnes avec ses sucs gastriques, ces organes étant enlevés avec leur propriétaire encore vivant, nulle doute grâce à un procédé arcane avancé. Le démon avalait ensuite la perle avec le mélange d’organes pré-digérés. La perle passait un mois dans le ventre de la bête, mois où Kalah devait la nourrir d’environ une centaine de victimes.

Le nain, du clan des Foaming Mug, confirma ces propos. Il ajouta d’ailleurs que c’est ainsi que finit Noltus, digéré vivant alors que le démon crachait sur lui ses sucs gastriques immondes. Une fin ignoble.


Alors que Farah préparait la destruction du temple démoniaque par le feu, un message parvint au nain : Farshore a été attaqué ! Il semble que la malédiction du patron de Khala ait frappé la colonie ; un éclair rouge est tombé à l’extérieur de la ville, et une créature morte-vivante accompagnée de Barlguras a attaqué et kidnappé Lavinia. De la description sommaire, Kharas déduit qu’il s’agit d’un deathknight sur un nightmare, une créature de cauchemar en effet. Isom conclut que la dernière faveur du Général Ghorvash a été de ramener son prisonnier, le vil Vanthus, d’entre les morts…

L’équipe se mit alors sur le chemin du retour, emportant les balistes de tonnerre prises au temple olman. Deux jours de marche à travers la jungle, suivie de deux jours sur la Sea Wyvern conclurent ce retour vers Farshore. L’équipage confirma l’information préliminaire reçue, et ajouta ce détail : Meravanchi voulait abandonner la colonie, damnée selon lui par la mauvaise chance. Qui plus est, les Jade Ravens eux-mêmes avaient quittés la ville pour aller sauver leur maîtresse par eux-mêmes. Ils semblent avoir pris le départ pour Scuttle Cove avec la Blue Nixie, abandonnant la colonie à son sort.


La révélation de la présence de multitudes de perles dans les villes du monde sembla convaincre Meravinci de rester sur place. L’équipe se mit donc à préparer un voyage vers Scuttle Cove, à quatorze jours de voile de la colonie.

L’étude de la tombe de Vanthus confirme les craintes d’Isom ; il a bien été réanimé. L’étude du manoir attaqué montre l’énorme trou laissé par l’assaut du mort-vivant ; Gunrak identifie la marque du feu et d’une énergie nécrotique. L’interrogatoire du jardinier tué lors de l’attaque est sans équivoque : Le monstre mort-vivant a affirmé venir prendre sa soeur et l’amener à son supérieur, le Cold Captain Wither. L’esprit du mort renchérit : Les barlguras portaient l’insigne même de la Crimson Fleet.

Le nain des Foaming Mug, ancien de la Crimson Fleet, répondit aux nombreuses questions de l’équipe. Leurs recherches découvrit ceci :
  • Scuttle Cove est gouverné par cinq factions principales :
    • La Crimson Fleet, que l’on connait bien.
    • Le 7th Coil, avec lequel Vanthus a travaillé, ce qui suppose une alliance avec la Flotte.
    • Le Dealer’s Consortium qui s’occupent des marchands et de la drogue de la ville.
    • Le Monastery of Dire Hunger, une communauté cannibale.
    • La Porphyry House, qui s’occupent des bordels de la ville, et qui est souvent considérée comme neutre, vu les informations que la maison possède sur tout le monde.
  • Ces factions sont toujours plus ou moins en guerre les unes avec les autres, mais sont prêtes à s’allier si une menace plane sur la ville.

Fort de ces informations et des cartes prises lors de l’assaut de la Crimson Fleet sur Farshore, l’équipe s’embarqua sur la Sea Wyvern et pris le large vers la cité du chaos, Scuttle Cove. À mi-chemin, un rituel de rêve pris contact avec Hallya : Harliss, ancienne captiaine de la Flotte abandonnée au Kraken’s Cove a reconnu son ancien amant Vanthus de retour dans les rues de Scuttle Cove. Elle demande que l’équipe prenne contact avec elle à une taverne appelée le Red Foam Whaling, où elle recherche vengeance de la Flotte sous le manteau du Protectorat, une autre faction inconnue de la ville.

Avec elle se trouve Tyralandy, probablement la tête de la Porphyry House, et qui connaitrait l’île secrète où se cache le Cold Captain. Et donc probablement Lavinia.

Après étude du port repoussant de Scuttle Cove, Kharas entreprit plutôt de cacher la Sea Wyvern dans une baie reculée et d’entrer à pied dans la ville.


Les portes de la ville n’étaient pas gardées, probablement parce que ses habitants sont tous capables de se défendre par eux-mêmes. La ville empeste la mort, et des créatures maléfiques paradent en toute impunité de par les rues. Des barlguras accostent les passant, les pressant sous menace de joindre la Flotte.

Les rues tortueuses et les habitants peu coopératifs firent tourner les nouveaux arrivés en rond pendant un bon moment. Un marchand, grâce à une récompense, consentit à diriger les aventuriers dans la bonne direction ; le Red Foam Whaling se trouve près des quais, à la limite de la ville. Il les mit en garde cependant ; des rumeurs veulent que l’endroit soit hanté. Ce qui serait surprenant, c’est qu’il le soit plus que toute cette ville, est probablement la pensée qui traverse tout le groupe.

Le groupe arrive sur les quais juste à temps pour voir une rixe éclater entre des barlguras et un marin récalcitrant. Kharas et Gunrak sont prompt à montrer qu’il s’agit d’une diversion ; alors que les autres regardent la bataille, des créatures prennent position autour d’eux.

Isom finit pas les remarquer. Mais alors que le groupe tente discrètement de s’éclipser, ce dernier se mets à les railler. L’agressivité naturelle des Tanarukks prend le dessus, et ceux-ci s’avancent vers ce thiefling arrogant. Peu habitués à ce genre d’attitude, ils hésitent un instant, ce qui laisse le temps à la foule de s’écarter.


“Et nous y sommes” murmure Isom, qui s’avance vers les monstres.

Sa raison lui siffle de taire cette soif insatiable de meurtre, de calmer cette agressivité bestiale. Mais le battement de son coeur, au même rythme que la foule, étouffe tout autre son que ce désir de violence, ce besoin de vengeance.

Le sang pour le sang. Finalement.

View
Victoire sur l'aspect de Demogorgon

L’écume qui parvenait au visage du nain, assis à la proue du Sea Wyvern alors que le vaisseau fendait les flots d’une mer calme, faisait un grand bien à Kharas, allégeant son esprit de la campagne militaire dans laquelle son groupe était engagé suite au patronage de Lavinia Vanderboren. Malgré elle, cette campagne avait pris une magnitude insoupçonnée, menant même les compagnons devant un terrifiant aspect de Demogorgon, terrible Prince des Démons. Kharas, le lourd manuscrit des Skullcrurshers posé sur les genoux, trempa une plume de diatryma dans un récipient d’encre noire et la posa sur une page blanche du manuscrit dont la couverture était ornée des armoiries du crâne et du marteau, dirigeant sa main pour former l’alphabet nain, la qualité de la calligraphie surprenante pour un nain avec autant d’affinités pour les arts de la mort.

Je n’ai jamais été un nain des montagnes, un Gold Dwarf. Mes cousins des montagnes de Thorborum, des princes forgerons comme Moradin n’en créera jamais plus, prennent leur premier souffle jusqu’à leur dernier sous terre et retournent devant la forge du Père de la Création avec un sourire au visage, une vie bien vécue en défendant leur clan en se dévouant au Père et en combattant contre les ennemis de leur peuple derrière leur barbe. Je suis un nain des collines, un Shield Dwarf. nos ancêtres des Longbeards, des Skullcrushers et des Foaming Mugs, ont un jour levé la tête vers le haut et se sont demandés ce qui se trouvait par dessus leurs montagnes. Ces trois clans ont alors marché à la surface et n’en sont jamais tout à fait revenu, fondant la forteresse de Khuzdun, qui défend à ce jour le passage de Thorborum. La forteresse, bâtie à l’image des nains qui l’habitent, est immobile et imprenable, ses murailles de roc éternelles devant les ennemis des nains. C’est à Khuzdun, sous la constellation du marteau et la voute étoilée que j’ai pris mon premier souffle. Oui, je ressens l’appel de la terre comme tous les Shield Dwarfs. Mais lorsque j’y suis témoin de la perversion des Démons et des créatures du chaos élémental, mes oreilles demeurent sourdes à l’appel des souterrains. Mon marteau pour le lever du soleil à la proue de la Sea Wyvern!

Cette histoire, par contre, se déroule sous la terre, dans un domaine que même les Gold Dwarves les plus intrépides n’ont jamais vu; elle n’est réjouissante que puisqu’aucun de mes alliés n’y a laissé la vie:

Sous l’ancien empire olman de Thanaclan, notre groupe venait de renvoyer un beholder vers les machinations de son créateur pour l’éternité. La salle dans laquelle nous nous trouvions pour livrer ce combat était une ferme de perles, des Shadow Pearls; ces perles, lorsque recouvertes de sang, explosaient et transmettaient une affliction si vile qu’elle avait le pouvoir de détruire des nations de l’intérieur, corrompant leurs fils et filles en les faisant basculer dans la déchéance de la barbarie et des conflits internes. Une de ces perles avait déjà explosé sur l’Isle of Dread… Nous ne pouvions laisser l’une de celles qui se trouvaient devant nous propager à nouveau mort et destruction. Le liquide qui permettait de gaver les perles, une boue rouge des Abysses, des têtes d’insectes macérées et un fluide odorant, du sang de diable (rien de moins), des tuiles de cuivre où des notes concernant la création des perles, les titanesques huîtres des Abysses ainsi que les perles elles-mêmes furent regroupés au centre de la pièce et détruits à travers l’image illusoire de Farah. Sur une des tuiles en cuivre, un être nommé Khalah était mentionné. Le seigneur du Beholder, Khalah n’était à ce moment pour nous qu’un concept, qu’un nom; nous ne pouvions savoir que la destinée de notre groupe allait être à jamais lui être attachée.

Poursuivant notre exploration des tunnels du miroir souterrain grotesque de l’empire de Thanaclan, des sources thermales, des tunnels emplis de boue, de monticules de sable et des tunnels avec des mares d’eau stagnantes nous attendaient. BoueDans l’une de ces mares, un Hezrou aussi, nous attendait. Puissant démon des Abysses, habile à effectuer des tâches pour leurs maîtres et pas spécialement intelligents, ces démons étaient de biens faibles indicateurs de ce que nous allions rencontrer ensuite. Inconscients, nous détruisîmes ce Hezrou et les renforts qui vinrent à son appel guttural, un autre Hezrou et deux Koprus. Dominé durant ce combat (comme dans le suivant, d’ailleurs), je me rappelle avoir perdu contrôle de mes mouvements et avoir été terrifié de l’effet que mon craghammer aurait pu avoir sur une cible comme Hallya ou Farah. Je ne peux par contre rien y faire; bien que l’esprit des nains soit obtus et têtu, les créatures du mal n’y voit qu’une arme, un instrument contondant.

Khalah. Ce simple mot ne pouvait exprimer la terrible magnificence de l’aspect de Demogorgon Khalarencontré dans un temple peu après cette altercation. Khalah, un tanari’ri de 18 pieds de hauteur, nous est apparu sous la même forme que Demogorgon lui-même; un reptile avec deux têtes de Mandrillus sphinx, des bras massifs se terminant par des tentacules… cette description ne permet pas de réaliser la puissance brute qu’y émanait de cet aspect, son regard dominant le champ de bataille alors que nous engagions ses sbires dans SON temple, une pièce d’une taille rivalisant avec le plus grand des halls nains occupée en son centre par une mare d’un liquide acide, de lourdes colonnes y émergeant jusqu’au plafond perdu dans la noirceur. Juché sur un autel au centre de la mare acidifiée et des brasiers vomissant des énergies élémentales, Khalah nous appelait au combat, trop confiant, imbu de lui-même comme seul les démons peuvent l’être. Je me souviens avoir pensé à ce moment:

“Un diable nous aurait embusqué avec des forces supérieures, merci à Moradin que ce soit un démon” – jusqu’à ce que le combat débute. Les démons sont peut-être trop confiants, mais leurs habiletés leur permettent de l’être. Se téléportant sur son autel à chaque fois que mes compagnons réussissaient à l’en extraire, Khalah attaquait tantôt avec sa queue, tantôt avec son regard et sinon avec des attaques dévastatrices à distance. Farah, affinant ses techniques, me suggéra tout au long du combat de façon télépathique des ouvertures avantageuses pour mon marteau. Comment la femme aux milles visages peut connaître ces ouvertures est hors de la compréhension d’un fils de la forge, mais ses suggestions étaient toujours justes; Khalah, dans sa furie, laissait des ouvertures béantes dans ses défenses, que moi et mes compagnons exploitions à plusieurs occasions. À un certain moment, alors que je venais de me ressaisir du regard dominateur de Khalah, il m’est apparu évident que la bataille tournait en notre faveur. L’aspect de Demogorgon baissa soudainement les épaules, ses sbires tombèrent ou fixaient un point au loin avant de basculer – la fin approchait.

Notre énergie alors renouvelée, Khalah fut vaincu par les héros qu’il attendait pour sacrifier à son maître Demogorgon, par les forces du bien. Son corps détruit, une fumée noire se solidifia pour un message du maître, du Prince Demogorgon. Devant Gunrak, qui, à son crédit, resta sur ses pieds et ne recula pas d’un centimètre, le démon nous transmis une malédiction finale – Gargavash, le corrupteur de Vanthus Vanderboren, allait nous accorder dorénavant une attention particulière et un rire démoniaque, comme il se devait.

Étrangement, cette malédiction eut sur moi un effet moins important que la rage que je portais à ce moment envers le nain dont l’épais cou se trouvait écrasé sous la plaque de genou de mon wyvernscale armor dont la tête chauve – un signe de déshonneur – basculait dangereusement près de la mare acidifiée. Le nain, du clan Foaming Mug, était une liaison de la Crimson Fleet auprès de Khalah et de son opération de production de perles. Les informations qu’il nous donna à ce moment, bien qu’extraites sous la torture, lui sauvèrent la vie. Pour un nain, le clan représente plus que la somme des vies de ses membres; un nain sans clan est une coquille vide, un nain qui ne peut se tenir épaule à épaule avec un frère pour former la formation militaire du Dwarf’s Fist ou recevoir la bénédiction de son roi est déjà mort. C’est pourquoi je ne pouvais le laisser basculer dans l’acide qui grugeait déjà l’arrière de son crâne suite à l’interrogation musclée qu’il venait de survivre. Les Foaming Mugs sont un clan accueillant, des brasseurs de bières, comme leur nom l’indique. Il y a 40 ans lorsque ce nain a été exilé, J’étais à Khuzdun, au début de ma quarantaine, apprenant l’art qui a a donné le nom à mon clan auprès de dwarven defenders, sur les murs de ma cité. Nos regards se sont peut-être croisés, nous avons peut-être partagé une chope dans une taverne; un nain ne devrait jamais être loin de ses frères aussi longtemps. Je ne sais pas ce que je vais faire de ce Foaming Mug, bien qu’il ne porte plus depuis longtemps les armoiries de la choppe fumante, symbole qui ne manque jamais de faire sourire un nain – et toutes les races sensées – de ce monde. Mon cerveau, mes bras et mon marteau penchent vers son annihilation mais mon coeur veut savoir pourquoi, pourquoi cet exil et cette alliance avec la flotte à l’étendard pourpre. Se soumettra-t-il à la loi de la colonie pour ses crimes ou devrons-nous le renvoyer vers le Premier Forgeron pour son dernier jugement?

View
Toujours plus bas dans Thanaclan

Du journal d’Isom

Plus bas, toujours plus bas … Même le lézard semble mal à l’aise ces jours-ci. L’ancien temple, ultime gardien des secrets olmans, semble constamment soupirer et nous ramener les effluves nauséabondes de ses derniers occupants. Trop, beaucoup trop de puissances chaotiques autour de nous.

Mes compagnons m’ont fait confiance pour l’arme du dieu olman. Je ne peux me sentir autrement que mal à l’aise, d’avoir un esprit de plus pour m’espionner au-dessus de mon épaule. L’âme de l’arme semble bienveillante par contre, et tenir la poignée de cette chantelame d’éclair et de tempête semble éclaircir ma vision et remplir mon coeur d’énergie nouvelle.

Peut-être que la soudaine mélancolie du lézard n’est au fond qu’une once de jalousie. Je ne m’en plaindrai pas !


La journée a commencé difficilement. En sortant de la salle du soleil et de la lune, nous activâmes toute une batterie d’anciens pièges. Des lames tombèrent du plafond juste devant le nez de maître Skullcrusher, qui lâcha un juron nain que je ne traduirai pas ici. Immédiatement après, une énorme pierre jailli du mur au fond de la pièce et se mis à rouler vers nous. Gunrak, Farah et Kharas traversèrent le mur de lames et prirent refuge plus loin, tandis qu’Hallya et moi retraitâmes dans la salle de l’artéfact.

Golem de Sable

La pierre nous isola ensuite de nos alliés, mais je pus entendre des cris de douleurs étouffés. Je regardai Hallya, et la rage m’emplit devant mon impuissance à pouvoir aider mes alliés. La pierre roula dans l’ancienne salle et, à mon grand désespoir, détruisant les statues olmanes immémoriales. Mais Hallya était déjà devant, combattant une immense créature de sable. D’un geste presque négligent, la sorcière fit exploser le golem dans un nuage d’énergie nécrotique qui pulsa dans la moitié du vaste corridor. Je chargeai la bête assommée et déversai ma rage sur lui, et il s’effrita sous le vent de tempête du poing de Motuclaha.

Gunrak finit ensuite de désactiver la série de pièges. J’assistai Farah, qui semble avoir été poussée par un autre de ces monstres dans un piège qui l’a envoyé valser sur les pierres du corridor. Kharas indiqua que ces monstres s’étaient déversés du plafond, que c’était probablement des constructions, des gardiens de l’ancien temple. Le poing de Motuclaha a semblé confirmer, et peut-être a-t-il été un peu déçu par mon empressement à démolir ces oeuvres olmanes.


Nous descendîmes quelques marches, qui menèrent à un carrefour. L’imperturbable moine entendit des voix dans l’embranchement descendant plus bas, et nous nous empressâmes de nous mettre en position de combat. Après le Seigneur des Cendres, les chances de croiser un autre allié ci-bas étaient astronomiques, et l’intuition de Gunrak vit juste ; des créatures du chaos nous attendait.

Le combat fut bref, quoique intense. Gunrak amena une des créatures à nous et Farah en envoûta une autre. La sorcière et le guerrier martelèrent les monstres qui semblaient visiblement affaiblies loin de leur boue acide protectrice.

Ne voulant nous risquer dans la boue pour tout de suite, nous choisîmes de progresser vers le corridor sur terre ferme.


Le corridor nous mena à une collection d’immenses outils de pêche et d’urnes remplies de liquide nauséabond. L’odeur seule aurait suffit à me repousser si le nain et le githzerai n’étaient pas partis plus loin. J’étais à essayer de désactiver la forte émanation magique des urnes lorsque la voix blanche de Kharas me rejoignit. Des huitres géantes ; nous fîmes le lien immédiatement ; les perles d’ombre. Des olmans skinwalkers à peau de tigre étaient au milieu d’une séance de gavage, et nous comprîmes à quoi servaient les urnes. L’idée seule est suffisante pour me lever le coeur. Boire un tel liquide, quelle horreur, quelle abomination …

Beholder

Le moine nous fit signe ; beaucoup d’yeux plus loin dans la pièce ; aucun doute permis ; un beholder alchimiste, un autre ! Nous chargeâmes l’immonde bête et ses servants.

La bête fut sans pitié, ses rayons décimant mes compagnons et moi-même d’afflictions démoniaques. Voyant Hallya étouffer sous les coups de la malédiction d’un oeil de mort, je la lui volai, et dans un hoquet de souffrance, purgeai trois afflictions d’un coup. Le reste du combat se déroula sous un voile frénétique cramoisi, où je vis vaguement Farah encourager frénétiquement un Kharas soufflant comme une forge à démolir la bête assommée. Je devinai la marque d’Hallya sur le front éperdu du monstre, le brûlant mieux que le fer fondu, ainsi que les claquements secs du Ki du moine écrasant ses yeux tentaculaires.

La bête me regarda une dernière fois, d’un oeil tuméfié et rempli de hargne … et je ne pus le supporter. Je retournai à cet oeil une vague de flammes infernales ; le don maudit des forces du mal vers une autre puissance des ténèbres. Mes compagnons me réveillèrent peu après, la bête morte aux pieds d’un Kharas encore écumant.


Un vague murmure semble remplir cette salle, à peine étouffé par l’eau gouttant sur le sol couvert d’eau saumâtre. J’écrit ceci sur les marches menant à la pièce, où on semble entendre les huitres géantes conspirer doucement entre elles. Leur couleur de jais, striée de rayures rouges comme le sang, rappelle l’essence pourpre du dragon noir de Golismorga.

Notre devoir est clair. Je sens palpiter le poing de Motuclaha dans son fourreau. Une rage m’emplit à la pensée de la quantité de perles créées par ces abominations démoniaques. Une rage que seule une orgie de destruction pourra satisfaire.

Notre devoir est clair.

Isom K.V.II

View
Temple olman et arme-artéfact
où le héros parmi nous sera connu...

En plaçant la troisième pierre circulaire dans la dépression appropriée de la pièce que représentait parfaitement et en taille réelle le médaillon olman d’Isom , Hallya fit apparaître, au centre de la pièce arrondie aux murs couverts de fresques épiques, une faille emplie d’une lueur bleue intense. Cette faille, notre groupe le savait, contenait un artéfact, une arme qui allait aider l’un d’entre nous, notre héros, à combattre le mal et à éradiquer les menaces pesant sur l’Isle of Dread. Menés par Gunrak, les membres de notre groupe placèrent tous une main sur l’artéfact et y touchèrent leur instrument de prédilection; focus ki, baguette, orbe, craghammer et épée. Kharas Skullcrusher posa son regard sur ses compagnons Gunrak, Hallya, Farah et Isom et se remémora en un instant les événements des deux derniers jours qui le menèrent à cette scène singulière.

« Ces murs sont une illusion! » lança Farah, paniquée. Au même moment, des flèches traversèrent les murs de la pièce que seuls nos esprits percevaient comme restreinte et atteignirent notre groupe avant même qu’armes et instruments soient extraits de leurs fourreaux, déchirant la chair de mes compagnons. Programmé à réagir à des ordres et embuscades par les maîtres d’armes de Khuzdun depuis que je pouvais tenir un marteau, je réagis rapidement, levant mon bouclier pour bloquer les flèches se dirigeant vers mon crâne et me porta violemment sur ma gauche, trop rapidement pour mon armure qui grinça sous l’effort et la torsion. Passant le seuil du mur illusoire, je pu alors apercevoir la supercherie qu’était cette pièce en réalité gigantesque, où une corniche de laquelle plusieurs tapisseries pestilentielles pendaient serpentait ses murs extérieurs, agissant comme perchoir idéal aux archers Skinwalkers Skinwalkerqui s’y trouvaient, leur mouvement de tir à peine terminé. Devant moi, une barricade faite de morceaux de métal épars explosa au visage du Skinwalker qui se cachait derrière-elle après un coup de pieds bien dirigé, maigre rempart entre ma furie et ma destination, ce qui semblait être un prêtre au haut d’un escalier flanqué de deux lions Skinwalkers. Le début de l’engagement fut furieux, deux Skinwalkers y laissèrent leur vie durant ses premiers balbutiements. Engagé avec les Lions Skinwalkers et rapidement avec une barbare qui joignit le fracas, je ne vis mes compagnons qu’en images éparses, éclairs brefs et rapides qui se déplaçaient à la limite de ma vision entre mes bras qui menaient mon craghammer vers les os et la chair des Olmans perdus qui se trouvaient devant moi. J’ai entendu plutôt que vu Hallya faillir sous les coups d’un chef de tribu Skinwalker, une créature faite d’éclairs maniant deux Katars formés du même élément. Sans les mots de puissance arcane d’Isom qui nous commandait du haut d’une balustrade et sa ceinture de guérison, Hallya aurait été perdue. Devant moi, un feu qui semblait inoffensif fut alors transformé en vortex, un puits vers le plan élémental du chaos qui attirait amis et ennemis sans discernement et projetait des gerbes de feu, d’éclair et de tonnerre dans la pièce. Derrière, le puits élémental, j’ai pu apercevoir Farah qui reculait à l’extérieur de la pièce, s’éloignant de la zone que couvrait le puits avec ses déjections élémentales. Un Skinwalker, apercevant le retrait, fit une acrobatie périlleuse et vint activer un levier, scellant Farah hors de l’engagement en fermant la lourde porte d’entrée de la pièce, la laissant au prise avec les pièges qui en protégeaient l’accès.

Bientôt, seul le chef de la tribu Skinwalker nous faisait toujours face, poursuivant Hallya de façon fanatique sur la corniche extérieure alors que la charge de mon craghammer vers lui et le coup de pied de Gunrak, volant littéralement à travers la pièce au secours d’Hallya, allaient inévitablement être sa perte. En unison, avant même que Gunrak puisse se relever de l’élégante roulade qui l’amena derrière le corps de sa victime, nos incantateurs arcanes, menés par Isom, unirent leurs forces pour fermer à tout jamais le puits élémental et nous permettre d’explorer la pièce et ses secrets. Un butin considérable y fut découvert, de même que des pièces secrètes. Dans l’une d’elle, je dessinai l’ouverture de notre chaumière nocturne avec le couteau d’exode et ouvrit l’espace que la magie avait créée pour permettre un répit bien mérité à moi et mes compagnons.

Après ce qui a du sembler plusieurs heures aux habitants de la surface qui m’accompagnaient (six, en réalité, l’humidité et la température de la pierre ne laissaient aucun doute dans mon esprit), nous entreprîmes l’exploration d’un corridor secret qui nous mena vers un embranchement creusé à même la pierre naturelle de la caverne. Sur les murs devant nous se trouvaient deux scènes en bas-reliefs; vers la gauche, des symboles représentant clairement la mort et vers la droite, un jeune olman portant une boule d’éclairs, porté par ses pairs vers le haut. À la gauche, nous découvrîmes une crypte dont l’entrée était flanquée de deux olmans mort-vivants en habits cérémoniaux. Nous demandâmes alors une audience avec le Seigneur des Cendres, tel que l’un des mort-vivants nous le proposa de sa voix gutturale et spectrale. Guidés vers lui par les gardes, nous découvrîmes le Seigneur des Cendres, un mort-vivant squelettique, trônant sur un siège en décrépitude autrefois magnifiquement décoré. Ancien haut prêtre olman chargé des funérailles de son peuple, le Seigneur protégeait la crypte dans laquelle des dignitaires olmans reposaient même après son propre trépas. Dans la langue olmane, Hallya discuta avec le Seigneur, qui lui raconta l’histoire de la chute de l’empire de Thanaclan. Un empire grandiose, Thanaclan fut attaquée par des Aboleths. Ayant repoussé avec brio l’assaut des créatures aquatiques, les olmans de Thanaclan basculèrent dans la décadence et l’imprudence de la confiance aveugle envers leurs habiletés. Lors d’une excursion de pêche, une perle de la taille de la tête d’un homme fut trouvée, une perle singulière, comme aucune autre… Cette perle, que nous connaissons maintenant sous le nom de Shadow Pearl, fut utilisée en désespoir de cause pour repousser une seconde incursion de Koprus cette fois-ci. L’utilisation de la perle a initiée les changements de l’écologie de l’île et infectée les olmans, les amenant à combattre les uns envers les autres, menant à la destruction ultime de Thanaclan de l’intérieur et à l’éclosion des Skinwalkers, des olmans dégénérés qui ont écouté les fausses promesses de pouvoir de créatures démoniaques menées par Demogorgon. Le Seigneur poursuivit la discussion avec Hallya durant quelques minutes, lui expliquant la nature du temple et de la crypte dans laquelle nous nous trouvions ainsi que la pièce que nous allions retrouver au bout du corridor où les bas-reliefs indiquaient un olman transportant une boule d’éclairs. Cette pièce, dédiée aux trois dieux de Thanaclan du Soleil, de la Lune et du Firmament contenait une arme d’éclairs, un artéfact utilisable pour vaincre les ennemis des olmans par un héros ayant prouvé sa valeur avec son esprit ou son physique. Seul ce héros, après avoir brisé la combinaison du coffre-fort du Soleil, de la Lune et du Firmament, serait en mesure de manier l’artéfact, qui se façonnerait à son désir.

Après avoir remercié le Seigneur de l’audience qu’il nous avait accordée, nous nous sommes alors rendus vers la pièce circulaire dans laquelle nous nous trouvons maintenant. À l’entrée, un rituel d’Isom nous permis de comprendre le discours des gardiens postés devant les immenses portes y donnant accès. Notre volonté d’appuyer le héros se trouvant parmi nous dans son épreuve connue, les gardiens nous donnèrent accès à une pièce circulaire au plafond d’une hauteur vertigineuse au milieu de laquelle trônaient trois statues, des représentations des dieux olmans du Soleil, de la Lune et du Firmament ainsi que huit colonnes. Devant les statues, trois pierres circulaires identifiées selon les représentations de chacun de ces dieux se trouvaient dans des dépressions circulaires creusées à même le sol. médaillon + pièceEn examinant davantage la pièce, des dépressions similaires, des cercles concentriques encavées à trois niveaux se trouvaient tout autour des colonnes, à l’intérieur d’un cercle additionnel formé par une quantité inégale de symboles des dieux du Soleil, de la Lune et de Firmament. À l’extérieur du cercle formé par les colonnes, des fresques peintes sur les murs attirèrent notre attention. Ces fresques, semblant dépeindre les utilisations passées de l’artéfact d’éclairs, nous permirent de constater que ce dernier avait été utilisé à six reprises. Le héros parmi notre groupe serait le septième utilisateur de l’arme-artéfact, et, si les deux espaces laissées vides pour des fresques additionnelles nous indiquaient correctement le futur, pas le dernier. Il nous apparut alors que la combinaison permettant de libérer l’arme-artéfact passait par le positionnement des pierres dans les dépressions circulaires appropriées. Plusieurs heures de recherches s’en suivirent alors où nous étudiâmes la pièce et sa représentation sur le médaillon d’Isom. Les connaissances éparses des membres de notre groupe nous permirent d’étudier l’énigme sous plusieurs aspects. Fables, histoires olmanes, mythes et légendes nous permirent de comprendre que la direction du serpent entrelacé autour des colonnes gravé au sol avait une importance, de même que le nombre de symboles des dieux du Soleil, de la Lune et du Firmament gravés sur le cercle entourant les colonnes. Plusieurs combinaisons furent alors tentées par moi-même et Gunrak, sans succès. Étudiant la situation depuis plusieurs heures sans mot, Hallya s’avança finalement vers les pierres que nous tenions en main et les plaça dans des dépressions circulaires à une distance des statues des dieux correspondant au nombre de symboles de ces mêmes dieux gravés sur le cercle extérieur en respectant la direction de la rotation du serpent. Une faille emplie d’une lueur bleue intense apparut alors au centre de la pièce…

View
À l’assaut de l’île maudite

Ce petit bout de terre qui se pointe à l’horizon et qui présente le bout de son nez n’est qu’illusion. Seul les dieux et même encore peut-être même les dieux ne peuvent percer les secrets qui se cache dans les profondeurs de cette île ténébreuse.

Qui sait comment cette île est apparue? Nul ne le sait et pourtant elle y est. Quelques canoës subtilisés à des êtres démoniaques nous servent pourtant à franchir ce lac aux nombreux mystères. Seul les êtres démoniaques ou qui aspire à devenir ce que j’ai toujours combattu ose franchir ces eaux. Malgré tout je l’ai franchi avec mes compagnons de route à mes côtés. Heureusement, je peux toujours compter sur mon adresse et mon exceptionnelle agilité pour me sortir des pires situations.

Seul, le chemin est impossible mais avec Isom qui m’accompagnait dans ce même canot j’étais quelque peux rassurer. Le nain aillant accepter de servir de bras et de protecteur au deux demoiselles quelque peu naïve parfois, préférant s’occuper de leur beauté au lieu de garder un oeil et une oreille attentive dans ce monde rempli de nombre danger.

Ce fut justement la vigilance d’Isom qui nous a permis de se porter à la réflexion sur une éventuelle alarme pouvant protéger ce lieu de perdition. Cette réflexion s’avisa être très judicieuse car effectivement nous aurions sonné l’alerte sans être averti.

Malgré la grande distance qui nous séparait de ce quai que nous venions d’observer je me suis tout de même porter à l’assaut afin d’en savoir davantage sur un éventuel entrer potentiel nous menant vers les ténèbres. Fidèle a moins même je me suis attaqué au premier venu avec une rapidité qui peut en effrayer quelques un.

Rendu sur les lieux j’étais désormais en mesure d’observer toute la grandeur de ces nombreux quais qui se poursuivait sur plusieurs escaliers permettant d’accéder aux différents niveaux des enfers. Bien sûr les quelques personnes ayant été aperçu au loin n’égalait en rien ce qui se cachait derrières ces nombreux gardiens.

Un accès direct vers cet enfer que je craignais. Cet accès bien gardé avec deux tours possédant ce qui s’avéra être des balistes magique crachant le tonnerre diabolique des profondeurs de ce monde. Quelque un se porta à la réflexion qu’il faudrait bien les ramener afin d’en équiper la Sea Wyvern.

Arriva finalement mes compagnons qui s’avéra être d’une grande utilité dans ce combat à multiple niveau. Accéder au niveau supérieur fut plus périeu que prévu. Mais, les téléportations et l’agilité fut plus qu’apprécié, facilitant ainsi les déplacements de tous et chacun.

Tous, enfin presque, pauvre maître nain qui tenta de courir après ceux qu’il voulait réduire en charpies. Les multiples niveaux étant difficile à atteindre, les mouvements étant très limité à chaque tour qui s’offrait à nous enrageais maître nain. Néanmoins, il fini par atteindre le sommet et à déchiqueter ces ennemis qui ont osez porter préjudice à notre groupe.

Au même moment je réussissais à me saisir d’une des balistes mais avec personne à ma porter. La déception restera toujours très amère. Notre allié au milles visages ayant déjà auparavant porté à l’esclavage cet autre individu avide de sang qui s’était posté à l’autre baliste avait déjà tout fait le travail.

Toute cette boucherie ne permettant même pas de s’enrichir de la moindre piécette de cuivre. L’accès vers les ténèbres était désormais libre. Notre périple ne faisait que commencer, ne pointant que le bout de notre nez afin d’y voir un peu plus clair dans ce corridor, je sursauta car le premier corridor nous conduisant vers les abysses étant protéger non par un ou deux mais bien de multiples dragons crachant tout ce que les ténèbres ont de plus diabolique à offrir. Reprenant tout mon courage et mon sang froid, je me suis placer en première ligne afin de désamorcer ces pièges ténébreux un par un. Ce ne fut pas sans douleur mais avec les bon soins de notre barde que je pris mon courage à deux mains et je fini par tous les défaire.

Tout ça pour quoi, pour un feu brûlant au milieu d’une petite pièce vide de sens avec quatre colonnes, je crois avoir désactivé une de ces colonnades mais sans résultat visible. Je parti donc à la recherche d’un autre mécanisme quelconque afin d’y permettre le dévoilement de quelque secret ou trésor caché. Tout en cherchant quelque pièce dérobée je perdis le fils de ce qui se passait autour de moi jusqu’à ce qu’une voix affirmant haut et fort que c’est mur n’était qu’illusion.

Et si tout ceci, toute cette aventure n’étais qu’illusion finalement, j’espérais me réveiller dans un bon grand lit de plume dans un monde avec pour seul dieu le soleil avec une absence complète de ténèbres….... (à suivre)

View
Épreuves des Couatl et départ pour l'île de Thanaclan

Du journal d’Isom

Ah, quelle douceur que de pouvoir écrire encore une fois ! De sentir la plume glisser langoureusement sur le papier vierge ! Cette plume de diatryma est rude, mais fait efficacement son travail, sans l’ombre d’un doute. Je suis dans la dette de maître Kharas encore une fois. Mais je m’écarte …


Hallya a identifié le démon métamorphe qui s’était caché sous la forme d’un chien hier soir. Elle l’appelle un julajimus, nom charmant qui cache la férocité de la bête. Un démon peu intelligent des profondeurs des Abysses, c’est ce que je retiendrai. J’ai effectué un croquis grossier de la créature avant qu’elle soit passée au bûcher, peut-être aurais-je l’occasion d’écrire une annexe aux travaux d’Ématurge un jour.

J’ai plaidé pour tenter de ramener les villageois à la vie mais sans succès. Le temps nous manque, je l’admet, et le risque qu’ils soient tous kidnappés pour créer encore plus de skinwalkers n’est pas pour me réjouir. Tout laisse croire que leur champion, Noltus Innerson est mort dans sa recherche du village perdu de Mantru.

Nous sommes donc reparti vers la berge du lac de Thanaclan, en espérant retrouver le village mentionné par le chef du village. Hélas, l’histoire se répète et ici aussi nous arrivons trop tard. Le village semblait abandonné. Aucune trace de violence décelable, tout était trop … propre, trop en ordre. Sans surprise, nous nous sentîmes observés, épiés. Des forces se cachaient, des forces magiques.

Nous nous mîmes en position de combat, mais surprise ; une voix résonna dans nos têtes, nous demandant si nous étions le groupe qu’ils attendaient. Il semble que le village, et plus particulièrement son ancien prêtre olman soient sous la protection d’un groupe de Couatls. Ils firent une description sommaire de notre groupe, et je répliquai en leur donnant ma diatribe que j’avais composée pour Emraag, le dragon-tortue, adaptée pour y inclure Farah aux milles visages.

Cela sembla les satisfaire, pour le moment. Il semble qu’ils soient sur place pour garder le fantôme du prêtre olman du village afin qu’il puisse répondre à nos questions. Afin de s’assurer que nous étions réellement le groupe choisi il nous mirent cependant à l’épreuve. Une énigme nous fut posée, dont la réponse fut sans surprise Demogorgon, fut-ce nécessaire de nous le rappeler. J’appris néanmoins que ce monstre des Abysse n’a pas toujours été le prince des démons. La formulation de l’énigme semble supposer qu’il a usurpé le trône d’un autre archi-démon, mais que celui-ci aurait gardé la couronne. J’avoue ne pas comprendre ce détail. Est-ce possible que cet ancien conflit déborde à nouveau sur le monde matériel ?

La deuxième épreuve fut une épreuve de force. Un groupe d’êtres divins ouvrit des portails et nous attaquèrent. J’admet ne pas avoir détesté remettre ces agents des dieux à leur place. Qu’ils cessent d’interférer avec notre monde et je crois sincèrement que tout irait pour le mieux. Enfin, nous fîmes preuve d’une cohésion réjouissante après le fiasco contre le faux-Noltus. Gunrak réussit avec brio à fermer les portails, tout en infligeant une raclée aux anges. Farah et Hallya anéantirent littéralement un gigantesque ange à l’épée brillante, et Kharas tint le chef du groupe en respect pendant tout ce temps.

Les couatls furent satisfait de nos efforts. Le fantôme du prêtre olman descendit parmi nous et répondit à nos questions. Malheureusement, plusieurs d’entres elles furent négatives. Je note ici les réponses intéressantes :
  • Le seul obstacle entre nous et l’île de Thanaclan est un groupe d’élémentaux aquatiques autour des quais du village.
  • Thanaclan est un repaire de créatures démoniaques élémentaires, les plus puissantes ayant pris refuge dans le temple tabou. Ce temple semble être le lieu de culte des olmans maudits des temps jadis. La seule entrée connue de ce temps est sur la falaise de l’île elle-même. L’île est plus accessible de l’autre côté, mais cela demande de traverser toute la ville maudite.

Je profitai du temps de répit pour envoyer un message arcane à Léanne restée à Farshore. Je l’informai brièvement de notre progression, et de la mort probable de Noltus Innerson. Nous préparâmes alors à prendre d’assaut les quais du village. Grâce au fantôme du prêtre olman, maintenant reparti vers ses ancêtres, nous prîmes les élémentaux par surprise et les ramenèrent à leur éléments primordiaux.


Kharas, Gunrak, Farah et Hallya préparent en ce moment les canots pour notre traversée. J’écrit ces lignes du bout du quai du village, avec l’île de Thanaclan en face de moi au milieu du lac. La côté de la falaise, qui nous fait face, miroite dans le soleil de midi. Je n’aperçois pas l’entrée du Temple tabou, mais j’entr’aperçois quelques édifices cyclopéens cachés au milieu d’une jungle aliénée.

Même à cette distance, il est impossible d’ignorer le sentiment oppressant émanant de la capitale damnée de l’empire perdu des olmans. La lumière se reflétant sur les vagues produit un rythme hypnotique endiablé, qui ne peut pas être dû au hasard. Même le vent semble hululer en sourdine un dies irae de fin du monde. Je crains que les forces arcanes en action sur cette île dépassent de beaucoup nos faibles capacités.

Il n’y a qu’à espérer qu’elles dépassent aussi les capacités des habitants actuels.

Isom K.V.II

View
vers Thanaclan

D’un œil peu entraîné, l’image du nain agenouillé au milieu de la dévastation de l’avant poste de la communauté de colons qui avait accueilli son groupe d’aventuriers quelques heures auparavant semble incongrue; un couteau à la main, ce dernier trace une ligne d’énergie au sol et en soulève une extrémité, ouvrant littéralement la terre sous ses pieds. D’un geste du menton du nain couvert de sang et de déjections du violent combat que le groupe vient de livrer, des personnages glissent sous le pli ainsi créé; Isom, blessé sévèrement, soutenu par Farah, nouveau membre du groupe; Léanne, ayant choisi de demeurer à Farshore, fatiguée de la vie d’aventuriers. Hallya, ne semblant pas réaliser l’ampleur de la dévastation autour d’elle, souriante, glisse sans bruit et gracieusement dans l’espace extra-dimensionnel. Fermant la marche, Gunrak, toujours alerte, surveille les environs à la recherche d’ennemis, prêt à bondir.

« Je m’en occupe, Gunrak. Profites de la nuit pour panser tes blessures. » grommela Kharas. Avant que Gunrak ne puisse protester, Kharas laissa tomber le voile de terre, scellant l’espace extra-dimensionnel et par le fait même, ses alliés. D’un geste futile, l’espace où ses alliés s’étant réfugiés demeurant inatteignable par tout moyen physique, le nain pris place défensivement directement sur la ligne d’énergie que la magie du couteau était en train d’effacer et s’adossa à une lourde pierre, bloquant la vue de ses compagnons. Kharas apprécia alors l’odeur pestilentielle du combat et de l’avant poste. Il osa espérer que cette odeur s’imprime dans sa mémoire, le garde de commettre à nouveau des erreurs qui coutèrent presque la vie à l’un des siens.

« Moradin, grand forgeron, père des nains, donnes-moi la sagesse de reconnaître mes ennemis et donnes à mes bras la puissance de les détruire. J’ai failli aujourd’hui; acceptes ma barbe, le début de ma rédemption et signe de mon déshonneur. »

Larmes roulant sur ses joues souillées librement, Kharas retira l’anneau du crâne affaissé, symbole des Skullcrushers, qui maintenait une des deux tresses de sa barbe en place et le glissa dans son havresac. Avec le couteau à sa main, Kharas coupa la tresse d’où il venait de retirer l’anneau et utilisa le second anneau pour centrer sa tresse sous son menton, lui retirant par le fait même son statut de soldat d’élite au sein de son peuple.

« Comment ai-je pu manquer les indices de la trahison des Skinwalkers? La journée a été éprouvante, mais ce n’est rien par rapport à une campagne militaire » murmura Kharas à lui-même. Ensuite, il ferma les yeux, son ouïe à l’affut, et médita sur la journée que la nuit tentait de clore de ses sombres habits.

À pied près de la rivière, notre groupe avançait d’un pas assuré vers le plateau central. Un pont de pierre, imposant lors de sa construction mais maintenant dans un état de décrépitude avancé, indiqua notre arrivée sur le territoire de la métropole de Thanaclan. La nature, imposante sur L’isle of Dread, étonnait sur le plateau par sa magnificence et son gigantisme. Habitué aux tunnels sombres, cette île m’a alors rappelé que nous étions ses humbles serviteurs, qu’elle pouvait nous rejeter d’un lancer de pierre, d’une tempête tropicale ou du poison d’une des créatures dont elle est la Mère. La route, bien marquée, semblait mener directement vers le cœur de l’Empire. Je me souviens que Gunrak a remarqué un passage latéral, un passage que quelqu’un avait tenté de dissimuler. À la recherche de Nolthus et de Mantru, nous avons emprunté ce passage vers un marécage où la végétation était élevée; au centre à plusieurs milles, une cité était clairement visible sur une île, notre destination. Après quelques heures, le site de mon déshonneur, de mon échec; des monticules à notre gauche, à notre droite. Nous envoyons Gunrak en éclaireur, une plume balayée par le vent aurait fait plus de bruit que ses pas. Gunrak retourne dans notre champ de vision flanqué d’un olman et de deux Lizardfolk; mes muscles se tendirent immédiatement, prêts à l’attaque. Un geste de Gunrak, le bras tendu et la paume dirigée vers nous, nous fait comprendre que la situation est pacifique. Nous engageons alors le dialogue avec le chef du village. Méfiant au départ, il comprend notre quête pour aider Nolthus et libérer Mantru des Skinwalkers et nous offre l’hospitalité pour la nuit, un repos bien mérité pour nous. La discussion avec le chef du village autour d’un repas offert par son clan fut bénéfique et nous appris beaucoup sur les Skinwalkers, leur type, leurs motivations. Les Lion Skinwalkers, de puissants soldats à mains nus. Les Panther Skinwalkers, des chasseurs dont le mouvement fait pâlir même Gunrak. Les Lizard Skinwalkers, des créatures attaquant à distance et pouvant appeler les horreurs des Abysses au sein d’une zone complètent les types de peaux que les créatures se greffent pour obtenir pouvoir et gloire. Combien de fois ai-je vu des soldats corrompus au profit de faux idéaux? Notre discussion est interrompue par un garde; un groupe a été aperçu, provenant du nord. Nous sommes sur nos gardes; des messagers animaux ont été envoyés vers Nolthus plus tôt par Isom. Nolthus a-t-il pu parvenir à nous avant les messagers? Nous nous dissimulons alors au sein des monticules en embuscade. Le groupe qui se présenta alors à nous semblait en tout point être le groupe de colons menés par Nolthus qui revenait au bercail; même le chef du village, à quelques centimètres de Nolthus, ne remarqua pas la différence entre son allié et le vulgaire Skinwalker qui se cachait sous l’illusion déguisant son apparence.

Constatant ces réactions, notre groupe brise la formation de combat et se dirige à l’extérieur du camp côté nord pour ériger notre camp pour la nuit, sans même remarquer l’intérêt trop important du chien illusoire de Nolthus pour notre groupe. Je ferme les yeux, complaisants dans la protection que mes compagnons apportaient au camp, prêts à les protéger de tout ennemi en provenance de l’extérieur. Mais pas du camp lui-même. Gunrak, toujours alerte, constate un changement de garde trop rapide. Nos instincts de guerrier nous indiquent une supercherie. De façon experte, nous nous séparons dans le camp, trop bien. Mes compagnons sont hors de ma vue, je ne peux savoir ce qui se produit de l’autre côté des monticules. Je me dirige avec Hallya vers les gardes. Leur position – un face à l’autre – m’indique que les gardes n’ont jamais été entraînés. Leur emplacement dans le camp et non à l’extérieur, confirme mes doutes; il est impossible de voir arriver des ennemis de la noirceur avec les lumières d’un camp, aussi faibles soient-elles; ces dernières rendent aveugle à la noirceur. Je m’insère au milieu de leur groupe, ils ne réagissent pas; aucun garde digne de ce nom ne laisse un soldat entrainé s’installer au milieu de ses défenses. Une brève discussion pour permette à mes compagnons de se positionner et je les élimine d’un arc de mon marteau, la bataille est lancée. Nos adversaires se font rapidement connaître et brisent l’illusion les protégeant jusque là. Les Skinwalkers, appuyés par un babouin gigantesque, sont en grand nombre. Notre groupe, trop distant, ne peut bénéficier de l’appui de notre capitaine Isom. Nos attaques, trop éparses, ne font que blesser nos adversaires, sans coups mortels. Gunrak danse autour du champ de bataille, utilisant son corps comme arme. Hallya lance énergies arcanes pendant que mes bras dirigent mon craghammer vers le babouin géant, mais ce n’est pas suffisant. Nous ne réalisons même pas, je ne réalise pas, qu’Isom tombe, percé mortellement sous les coups de griffes des Panther Skinwalkers. Farah viendra éventuellement lui porter secours; son assistance lui sauva la vie, mais pas mon honneur. Plus jamais je ne dirigerai pas les coups de mes alliés du front, plus jamais je ne laisserai mes alliés tomber au combat sans que mon bouclier ne puisse absorber les coups à leur place. Par Moradin, je ferai d’eux des soldats, pour leur bien.

====================

Voir Kharas’s military drills dans le wiki!

View
Vers le plateau olman et la cité perdue de Tanaclan

“Saleté de lézard” grommelle Isom.

Assis près du feu, le barde examine avec attention la flèche brillante qu’il a sorti de son havresac.

“Deux semaines à essayer de la réparer. Une plume en argent pur ! Unique au monde, offerte par le roi Bayyouf lui-même.” murmure Isom. “Enfin, le roi n’est plus maintenant. De même que son royaume, à bien y penser.”

Isom pose la plume sur son genou avec un soupir de frustration. Ses pensées se tourne vers les événements des journée précédentes.

“Ah, si je pouvais écrire …” pense le thiefling. “Peu importe ce que ce pense ce lézard, mes compagnons ne cessent de m’impressionner.”

“Hier matin, en quittant ce village troll dans leurs simple canots de bois, j’aurais pu même siffloter. Si ce n’était de cette jungle sinistre, et de ses habitants maudits. N’empêche, cette journée à remonter la rivière me rappelle la belle époque où je voyageais d’un port à l’autre.”

“N’est bien que celui qui voyage sans terre.” chantonne Isom.

“Les marins font de sacré poètes, sans aucun doute” pense le barde. “Heureusement que Kharas était présent dans les rapides par contre, sinon je crois que nous ne retrouvions la mage qu’à la mer. J’avais une misère folle a simplement tenir le canot dans le courant, comment a-t-il pu l’attraper dans la confusion je l’ignore.”

“Le lendemain n’a pas été aussi idyllique, il faut le dire.” pense le thiefling. “Quelqu’un, la sorcière je crois, a noté combien la région était tranquille pour une jungle. Elle a ensuite noté une source magique, d’une puissance étonnante, plus loin dans la jungle. Je me souviens d’avoir maudit mon aveuglement, un simplet pouvait voir que les feuilles, les lianes mêmes, vibraient toutes à l’unisson. Enfin, il fut facile de retracer la source de cette magie à une clairière jonchée de ruines olmanes.”

“Je me souviens m’être avancé et avoir confirmé avec la mage et la sorcière la présence d’un cercle de fées au centre de cette clairière. Une porte vers le Feywild! Le chaos élémentaire semble revenir souvent sur cette île … Peut-être une porte d’entrée pour les créatures responsables de la corruption de l’île, vraiment ! Qu’elle soit gardée n’a surpris personne. Un béhir, créature majestueuse, je dois l’admettre, une des plus belles planches d’Ématurge, je dois lui donner ça. J’aurai aimé pouvoir discuter avec cette créature, voir si elle était aussi intelligente que le Voyageur le prétendait.”

“Elle était surtout trop dangereuse.” pense Isom. “Je n’ai jamais vu une créature bouger aussi rapidement. Si la mage ne l’avait pas attrapé dans son mur de glace, elle nous aurait tous avalés avant notre premier soupir.” Isom sourit. “Elle a d’ailleurs avalé le nain au moins deux fois. Les forces arcanes nous gardent, ce sacré Kharas a été le plus fort.”

“Mais voilà, le béhir n’était pas seul. Il était la créature de compagnie, si je peux dire, d’une éladrin. Une autre, une petite farceuse qui tenta de jeter la pagaille parmi nous. Hallya s’en est chargé, éladrin contre éladrin, comme deux tempêtes arcanes chaotiques jetées l’une contre l’autre. La férocité de ces éladrins me surprend toujours, et on ne peut guère dire que ma race est pétri d’une odeur de sainteté !”

“C’est une chance que Kharas ait pensé de traverser vers le Feywild, je n’avais pas deviné que le refuge de ces monstres serait là-bas. Je n’aurais pas osé traversé sans lui, à vrai dire, ce monde chaotique me répugne depuis notre poursuite du balgora lors de notre marche vers Farshore.”

Isom reprend la plume d’argent dans sa main et entreprend de redresser la pointe faussée de l’instrument.

“Nous avons repris les canots par la suite, et remonté jusqu’au chutes. Un tableau impressionnant ! Mille pieds d’eau s’effondrant à nos pieds, comme autant d’âmes perdues des olmans maudits de Tanaclan tentant éternellement de fuir leur plateau damné. C’est une chance que Gounrak et Kharas aient réussis à se frayer un passage vers le sommet, car peu d’entre nous auraient pu escalader une telle paroi.”

“Nous sommes ensuite tombé sur une ancienne route olmane, guère plus qu’une piste maintenant. Mais avec l’altitude la jungle s’est éclaircie un peu, et nous avons pu voir l’ampleur du travail des olmans. Et de sa décrépitude.”

“Heureusement, Kharas nota que cette éclaircie n’était pas seulement due au hasard, mais pointa plusieurs postes avantageux pour une embuscade. Ah, ce que j’admirais comme beautés pastorales immortelles, n’apparait que comme une vision stratégique pour notre maître nain ? Je n’envie pas ce genre de vie.”

“N’empêche, cela nous permit d’éviter le piège tendu et de découvrir l’ennemi embusqué. Un élémental de terre sur le haut d’un rocher, un géant magicien, et ce qu’on me présenta comme un slaad vert, une autre créature chaotique, une autre! Gounrak se jeta en mêlée sur le slaad, le précipitant sur les épieux qui nous étaient destinés. Je me réjouissait, le piège s’était retourné.”

“Mais voilà, une surprise nous attendait, d’autres balgoras. Trois, rien de moins, et encore plus chaotiques que d’ordinaire, à en juger leur taille démesurée. Ils se groupèrent sur la mage, et l’écrasèrent sous leurs poings massifs. C’est à moitié sonnée qu’elle réussi à se téléporter loin du trio meurtrier.”

“Kharas se jeta ensuite sur eux, un courage que je dois louer, de même que celui de Gounrak contre ce crapaud visqueux de slaad. Mais hélas, et quelle erreur ! J’avais oublié que ces damnés balgoras pouvaient se téléporter à volonté ! Le géant contre moi, un balgora et le sort en était jeté. Seule la chance fit que je survécut à ce barrage de coups. La chance et mes compagnons.”

“Combien de fois fus-je sauvé des affres de la mort, compagnons ?” pense Isom, en posant un regard affectueux sur son groupe endormi autour du feu. “Je me souviens vaguement avoir titubé près du géant agonisant et d’avoir craché sur son oeil valide en maudissant ses ancêtres. Je ne suis pas croyant, mais enfin, je ferai une prière pour le patron du monastère de Gounrak. Tous les monstres divins ne sont peut-être pas à maudire après tout.”

Isom tira alors un regard satisfait sur sa plume d’argent. Le barde se mit ensuite à fouiller dans son havresac pour y sortir un journal écorné et une fiole d’encre. Il trempa la plume dans l’encrier et entreprit d’y transcrire ses pensées. Une magnifique fioriture se dessina sur le papier vierge … suivie d’un immonde pâté.

Isom lâcha un juron. Un rire suraigu se fit entendre sur son genou. Isom grimaça, injuriant le lézard à demi-voix de peur de réveiller ses compagnons endormis. Le rire du lézard ne faisant que s’intensifier, Isom l’agrippa par la peau du cou et le lança dans le feu crépitant, un éclair brillant semblant suivre l’animal dans sa trajectoire.

Le lézard disparut avant de toucher les flammes, laissant l’éclair argenté poursuivre sa trajectoire dans le feu de camp. Isom gémit, et se précipita dans les flammes pour récupérer sa plume d’argent. Il se rassit avec un soupir sans quitter sa plume des yeux, cherchant un quelconque dommage tout en éteignant distraitement les tisons accrochés à ses vêtements.

Le barde releva les yeux, soulagé, pour voir ceux du nains le regardant d’un air moqueur. Isom afficha un sourire amer, et murmura d’une voix nerveuse :

“Saleté de lézard …”

View
Journal de campagne – Ziggurat de Golismorga et sortie de la cité souterraine des Aboleths

L’air est frais sous la terre, l’humidité est accablante, j’estime à une journée additionnelle de délai avant que la cité soit submergée; heureusement, la ziggurat est vaincue.

• Sortie du dernier niveau de la ziggurat, nous communiquons avec le fantôme qui nous a dirigés vers la cité Aboleth de Golismorga. Le fantôme est silencieux, nos appels demeurent sans réponse. Heureusement, Léanne observe le plafond et y remarque le dragon d’ombres en train de consommer un pauvre Kopru. Le dragon, honorant sa dette envers notre groupe, vient à notre rencontre et accepte de nous ramener à la surface en guise de paiement. Lors de notre conversation, le dragon d’ombres nous indique la raison du silence du fantôme, une simple illusion d’un Aboleth emprisonné dans le temple. Nous avons été bernés par une simple illusion, Moradin m’en garde. Plus grand problème : Isom avait raison – ne pas lui signaler.

• Le dragon d’ombres nous amène avec lui par un passage entre le monde d’ombres du Shadowfell et notre plan d’origine. Bien que le voyage soit rapide, il est certes déconcertant. Le dragon garde sa promesse; à travers le plan d’ombres, nous atteignons Gallivant’s Cove sur le dos du dragon et la Sea Wyvern qui nous y attend; notre entrée est remarquée par les matelots, qui demeurent sur place, pantois. Je quitte quelques jours et la discipline diminue, je devrai en fouetter quelques uns…

Isom pense à Barbas, une cité que nous avons traversé et qui est très près de Golismorga; à sa demande, nous quittons la Sea Wyvern pour rencontrer les habitants qui ont déjà fuit la ville et les ramener vers Far Shore, la ville a besoin de bras forts pour le dur labeur à venir.

• La Sea Wyvern fend les eaux entourant l’Isle of Dread, nous propulsant vers Far Shore. Lorsque la baie de la ville est en vue, je descends en chaloupe pour annoncer notre arrivée et celle des colons; mes miliciens archers sont mauvais, mais j’espère à tout le moins qu’ils auraient tiré sur un bateau rempli de créatures inconnues. Le maître du port nous indique notre qui d’attache, je retourne au bateau pour diriger la manœuvre, Hally et Léanne vers Lavinia Vanderboren pour annoncer notre arrivée, Gunrak, vers la taverne et Isom vers Meravinchi pour négocier l’arrivée des colons, qui sont pris en charge au port. Ils auront une nouvelle chance après les moments terribles de Barbas.

• Nous croyions avoir quelques jours pour nous ressourcer à Far Shore après Golismorga, mais un messager olman nous attendait à la chapelle de la colonie. Le messager, que nous avions libéré quelques jours auparavant, vient quérir notre aide. Cette île est certainement bonne pour la pratique de mes techniques de marteau, je peux au moins lui donner cet avantage. Le messager nous parle de sa tribu qui était établie au pied du Plateau central, tabou important pour les habitants de l’île. Le messager dit être le dernier survivant de cette tribu, décimée par des Olmans corrompus et démoniaques portant des peaux de tigre. La suite est encore plus étrange; le messager, Jakara, dit avoir suivi un orateur doué appelé Noltus Innerson, un prêtre fondateur de la colonie de Far Shore en compagnie des Vanderboren qui prêchait la libération des habitants d’un village appelé Mantru, village à la merci des créatures maléfique habitant le plateau. Le messager est à Far Shore pour obtenir notre collaboration pour la libération de Mantru et pour transmettre les connaissances ancestrales de sa tribu pour combattre les démons. Son arrivée à été retardée par sa capture après une lâche attaque en route vers Far Shore. Malgré son emprisonnement dans la caverne des troglodytes et le délai, cet événement aura permis au messager de rencontrer notre groupe et ainsi, de nous aiguiller vers Mantru. Dans le but de rendre son histoire légitime, Jakara nous présente une missive d’Innerson lui-même décrivant sa quête; le prêtre de la chapelle authentifiant le style et la plume de son collègue, nous scellons avec Jakara notre départ vers Mantru en échange des connaissances de sa tribu. Jakara nous remet un médaillon indiquant trois humanoïdes, un dieu ancestral de la Lune, du Soleil et de l’Air. Ces dieux, selon Jakara, ne travaillent pas ensemble. Leur présence sur un médaillon où les trois dieux semblent œuvrer sur un arc est étrange au minimum et indique le pire.

• Nous remplissons la Sea Wyvern de victuailles et prenons la mer vers Mantru et l’ancien empire de Thanaclan, duquel le médaillon provient sans aucun doute. Notre plan est de suivre la côte de l’île et d’approcher Mantru en passant près du village des Phanatons. Selon la topographie de l’île, cette approche devrait offrir le moins de résistance à jambes toujours meurtries suite à notre voyage souterrain. La Sea Wyvern répond à nouveau à nos attentes et atteint notre destination. Le reste de notre voyage se fera à pieds dans un environnement inhospitalier, une jungle épaisse.

• Cette jungle ne nous permet pas de voir à quelques mètres devant nous, ce qui est encore plus évident lorsque nous arrivons directement dans un village troll. La réception des villageois est peu accueillante, nos armes, baguettes et instruments sont à nos mains pour défendre notre groupe. Une énorme créature squelettique maintenue en cage aurait pu agir comme monture à l’ensorceleur que j’ai maintenu sur place durant tout le combat alors que Gunrak tranchait furieusement la créature, mais heureusement, le maître n’a pas pu rejoindre la bête et la journée à été la nôtre. Les trolls iront rejoindre leur dieu et pourront combattre éternellement dans son plan. La fin plus tard, le tavernier apporte mon gigot…

View

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.