Savage Tide d'Antoine

vers Thanaclan

D’un œil peu entraîné, l’image du nain agenouillé au milieu de la dévastation de l’avant poste de la communauté de colons qui avait accueilli son groupe d’aventuriers quelques heures auparavant semble incongrue; un couteau à la main, ce dernier trace une ligne d’énergie au sol et en soulève une extrémité, ouvrant littéralement la terre sous ses pieds. D’un geste du menton du nain couvert de sang et de déjections du violent combat que le groupe vient de livrer, des personnages glissent sous le pli ainsi créé; Isom, blessé sévèrement, soutenu par Farah, nouveau membre du groupe; Léanne, ayant choisi de demeurer à Farshore, fatiguée de la vie d’aventuriers. Hallya, ne semblant pas réaliser l’ampleur de la dévastation autour d’elle, souriante, glisse sans bruit et gracieusement dans l’espace extra-dimensionnel. Fermant la marche, Gunrak, toujours alerte, surveille les environs à la recherche d’ennemis, prêt à bondir.

« Je m’en occupe, Gunrak. Profites de la nuit pour panser tes blessures. » grommela Kharas. Avant que Gunrak ne puisse protester, Kharas laissa tomber le voile de terre, scellant l’espace extra-dimensionnel et par le fait même, ses alliés. D’un geste futile, l’espace où ses alliés s’étant réfugiés demeurant inatteignable par tout moyen physique, le nain pris place défensivement directement sur la ligne d’énergie que la magie du couteau était en train d’effacer et s’adossa à une lourde pierre, bloquant la vue de ses compagnons. Kharas apprécia alors l’odeur pestilentielle du combat et de l’avant poste. Il osa espérer que cette odeur s’imprime dans sa mémoire, le garde de commettre à nouveau des erreurs qui coutèrent presque la vie à l’un des siens.

« Moradin, grand forgeron, père des nains, donnes-moi la sagesse de reconnaître mes ennemis et donnes à mes bras la puissance de les détruire. J’ai failli aujourd’hui; acceptes ma barbe, le début de ma rédemption et signe de mon déshonneur. »

Larmes roulant sur ses joues souillées librement, Kharas retira l’anneau du crâne affaissé, symbole des Skullcrushers, qui maintenait une des deux tresses de sa barbe en place et le glissa dans son havresac. Avec le couteau à sa main, Kharas coupa la tresse d’où il venait de retirer l’anneau et utilisa le second anneau pour centrer sa tresse sous son menton, lui retirant par le fait même son statut de soldat d’élite au sein de son peuple.

« Comment ai-je pu manquer les indices de la trahison des Skinwalkers? La journée a été éprouvante, mais ce n’est rien par rapport à une campagne militaire » murmura Kharas à lui-même. Ensuite, il ferma les yeux, son ouïe à l’affut, et médita sur la journée que la nuit tentait de clore de ses sombres habits.

À pied près de la rivière, notre groupe avançait d’un pas assuré vers le plateau central. Un pont de pierre, imposant lors de sa construction mais maintenant dans un état de décrépitude avancé, indiqua notre arrivée sur le territoire de la métropole de Thanaclan. La nature, imposante sur L’isle of Dread, étonnait sur le plateau par sa magnificence et son gigantisme. Habitué aux tunnels sombres, cette île m’a alors rappelé que nous étions ses humbles serviteurs, qu’elle pouvait nous rejeter d’un lancer de pierre, d’une tempête tropicale ou du poison d’une des créatures dont elle est la Mère. La route, bien marquée, semblait mener directement vers le cœur de l’Empire. Je me souviens que Gunrak a remarqué un passage latéral, un passage que quelqu’un avait tenté de dissimuler. À la recherche de Nolthus et de Mantru, nous avons emprunté ce passage vers un marécage où la végétation était élevée; au centre à plusieurs milles, une cité était clairement visible sur une île, notre destination. Après quelques heures, le site de mon déshonneur, de mon échec; des monticules à notre gauche, à notre droite. Nous envoyons Gunrak en éclaireur, une plume balayée par le vent aurait fait plus de bruit que ses pas. Gunrak retourne dans notre champ de vision flanqué d’un olman et de deux Lizardfolk; mes muscles se tendirent immédiatement, prêts à l’attaque. Un geste de Gunrak, le bras tendu et la paume dirigée vers nous, nous fait comprendre que la situation est pacifique. Nous engageons alors le dialogue avec le chef du village. Méfiant au départ, il comprend notre quête pour aider Nolthus et libérer Mantru des Skinwalkers et nous offre l’hospitalité pour la nuit, un repos bien mérité pour nous. La discussion avec le chef du village autour d’un repas offert par son clan fut bénéfique et nous appris beaucoup sur les Skinwalkers, leur type, leurs motivations. Les Lion Skinwalkers, de puissants soldats à mains nus. Les Panther Skinwalkers, des chasseurs dont le mouvement fait pâlir même Gunrak. Les Lizard Skinwalkers, des créatures attaquant à distance et pouvant appeler les horreurs des Abysses au sein d’une zone complètent les types de peaux que les créatures se greffent pour obtenir pouvoir et gloire. Combien de fois ai-je vu des soldats corrompus au profit de faux idéaux? Notre discussion est interrompue par un garde; un groupe a été aperçu, provenant du nord. Nous sommes sur nos gardes; des messagers animaux ont été envoyés vers Nolthus plus tôt par Isom. Nolthus a-t-il pu parvenir à nous avant les messagers? Nous nous dissimulons alors au sein des monticules en embuscade. Le groupe qui se présenta alors à nous semblait en tout point être le groupe de colons menés par Nolthus qui revenait au bercail; même le chef du village, à quelques centimètres de Nolthus, ne remarqua pas la différence entre son allié et le vulgaire Skinwalker qui se cachait sous l’illusion déguisant son apparence.

Constatant ces réactions, notre groupe brise la formation de combat et se dirige à l’extérieur du camp côté nord pour ériger notre camp pour la nuit, sans même remarquer l’intérêt trop important du chien illusoire de Nolthus pour notre groupe. Je ferme les yeux, complaisants dans la protection que mes compagnons apportaient au camp, prêts à les protéger de tout ennemi en provenance de l’extérieur. Mais pas du camp lui-même. Gunrak, toujours alerte, constate un changement de garde trop rapide. Nos instincts de guerrier nous indiquent une supercherie. De façon experte, nous nous séparons dans le camp, trop bien. Mes compagnons sont hors de ma vue, je ne peux savoir ce qui se produit de l’autre côté des monticules. Je me dirige avec Hallya vers les gardes. Leur position – un face à l’autre – m’indique que les gardes n’ont jamais été entraînés. Leur emplacement dans le camp et non à l’extérieur, confirme mes doutes; il est impossible de voir arriver des ennemis de la noirceur avec les lumières d’un camp, aussi faibles soient-elles; ces dernières rendent aveugle à la noirceur. Je m’insère au milieu de leur groupe, ils ne réagissent pas; aucun garde digne de ce nom ne laisse un soldat entrainé s’installer au milieu de ses défenses. Une brève discussion pour permette à mes compagnons de se positionner et je les élimine d’un arc de mon marteau, la bataille est lancée. Nos adversaires se font rapidement connaître et brisent l’illusion les protégeant jusque là. Les Skinwalkers, appuyés par un babouin gigantesque, sont en grand nombre. Notre groupe, trop distant, ne peut bénéficier de l’appui de notre capitaine Isom. Nos attaques, trop éparses, ne font que blesser nos adversaires, sans coups mortels. Gunrak danse autour du champ de bataille, utilisant son corps comme arme. Hallya lance énergies arcanes pendant que mes bras dirigent mon craghammer vers le babouin géant, mais ce n’est pas suffisant. Nous ne réalisons même pas, je ne réalise pas, qu’Isom tombe, percé mortellement sous les coups de griffes des Panther Skinwalkers. Farah viendra éventuellement lui porter secours; son assistance lui sauva la vie, mais pas mon honneur. Plus jamais je ne dirigerai pas les coups de mes alliés du front, plus jamais je ne laisserai mes alliés tomber au combat sans que mon bouclier ne puisse absorber les coups à leur place. Par Moradin, je ferai d’eux des soldats, pour leur bien.

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Voir Kharas’s military drills dans le wiki!

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Vers le plateau olman et la cité perdue de Tanaclan

“Saleté de lézard” grommelle Isom.

Assis près du feu, le barde examine avec attention la flèche brillante qu’il a sorti de son havresac.

“Deux semaines à essayer de la réparer. Une plume en argent pur ! Unique au monde, offerte par le roi Bayyouf lui-même.” murmure Isom. “Enfin, le roi n’est plus maintenant. De même que son royaume, à bien y penser.”

Isom pose la plume sur son genou avec un soupir de frustration. Ses pensées se tourne vers les événements des journée précédentes.

“Ah, si je pouvais écrire …” pense le thiefling. “Peu importe ce que ce pense ce lézard, mes compagnons ne cessent de m’impressionner.”

“Hier matin, en quittant ce village troll dans leurs simple canots de bois, j’aurais pu même siffloter. Si ce n’était de cette jungle sinistre, et de ses habitants maudits. N’empêche, cette journée à remonter la rivière me rappelle la belle époque où je voyageais d’un port à l’autre.”

“N’est bien que celui qui voyage sans terre.” chantonne Isom.

“Les marins font de sacré poètes, sans aucun doute” pense le barde. “Heureusement que Kharas était présent dans les rapides par contre, sinon je crois que nous ne retrouvions la mage qu’à la mer. J’avais une misère folle a simplement tenir le canot dans le courant, comment a-t-il pu l’attraper dans la confusion je l’ignore.”

“Le lendemain n’a pas été aussi idyllique, il faut le dire.” pense le thiefling. “Quelqu’un, la sorcière je crois, a noté combien la région était tranquille pour une jungle. Elle a ensuite noté une source magique, d’une puissance étonnante, plus loin dans la jungle. Je me souviens d’avoir maudit mon aveuglement, un simplet pouvait voir que les feuilles, les lianes mêmes, vibraient toutes à l’unisson. Enfin, il fut facile de retracer la source de cette magie à une clairière jonchée de ruines olmanes.”

“Je me souviens m’être avancé et avoir confirmé avec la mage et la sorcière la présence d’un cercle de fées au centre de cette clairière. Une porte vers le Feywild! Le chaos élémentaire semble revenir souvent sur cette île … Peut-être une porte d’entrée pour les créatures responsables de la corruption de l’île, vraiment ! Qu’elle soit gardée n’a surpris personne. Un béhir, créature majestueuse, je dois l’admettre, une des plus belles planches d’Ématurge, je dois lui donner ça. J’aurai aimé pouvoir discuter avec cette créature, voir si elle était aussi intelligente que le Voyageur le prétendait.”

“Elle était surtout trop dangereuse.” pense Isom. “Je n’ai jamais vu une créature bouger aussi rapidement. Si la mage ne l’avait pas attrapé dans son mur de glace, elle nous aurait tous avalés avant notre premier soupir.” Isom sourit. “Elle a d’ailleurs avalé le nain au moins deux fois. Les forces arcanes nous gardent, ce sacré Kharas a été le plus fort.”

“Mais voilà, le béhir n’était pas seul. Il était la créature de compagnie, si je peux dire, d’une éladrin. Une autre, une petite farceuse qui tenta de jeter la pagaille parmi nous. Hallya s’en est chargé, éladrin contre éladrin, comme deux tempêtes arcanes chaotiques jetées l’une contre l’autre. La férocité de ces éladrins me surprend toujours, et on ne peut guère dire que ma race est pétri d’une odeur de sainteté !”

“C’est une chance que Kharas ait pensé de traverser vers le Feywild, je n’avais pas deviné que le refuge de ces monstres serait là-bas. Je n’aurais pas osé traversé sans lui, à vrai dire, ce monde chaotique me répugne depuis notre poursuite du balgora lors de notre marche vers Farshore.”

Isom reprend la plume d’argent dans sa main et entreprend de redresser la pointe faussée de l’instrument.

“Nous avons repris les canots par la suite, et remonté jusqu’au chutes. Un tableau impressionnant ! Mille pieds d’eau s’effondrant à nos pieds, comme autant d’âmes perdues des olmans maudits de Tanaclan tentant éternellement de fuir leur plateau damné. C’est une chance que Gounrak et Kharas aient réussis à se frayer un passage vers le sommet, car peu d’entre nous auraient pu escalader une telle paroi.”

“Nous sommes ensuite tombé sur une ancienne route olmane, guère plus qu’une piste maintenant. Mais avec l’altitude la jungle s’est éclaircie un peu, et nous avons pu voir l’ampleur du travail des olmans. Et de sa décrépitude.”

“Heureusement, Kharas nota que cette éclaircie n’était pas seulement due au hasard, mais pointa plusieurs postes avantageux pour une embuscade. Ah, ce que j’admirais comme beautés pastorales immortelles, n’apparait que comme une vision stratégique pour notre maître nain ? Je n’envie pas ce genre de vie.”

“N’empêche, cela nous permit d’éviter le piège tendu et de découvrir l’ennemi embusqué. Un élémental de terre sur le haut d’un rocher, un géant magicien, et ce qu’on me présenta comme un slaad vert, une autre créature chaotique, une autre! Gounrak se jeta en mêlée sur le slaad, le précipitant sur les épieux qui nous étaient destinés. Je me réjouissait, le piège s’était retourné.”

“Mais voilà, une surprise nous attendait, d’autres balgoras. Trois, rien de moins, et encore plus chaotiques que d’ordinaire, à en juger leur taille démesurée. Ils se groupèrent sur la mage, et l’écrasèrent sous leurs poings massifs. C’est à moitié sonnée qu’elle réussi à se téléporter loin du trio meurtrier.”

“Kharas se jeta ensuite sur eux, un courage que je dois louer, de même que celui de Gounrak contre ce crapaud visqueux de slaad. Mais hélas, et quelle erreur ! J’avais oublié que ces damnés balgoras pouvaient se téléporter à volonté ! Le géant contre moi, un balgora et le sort en était jeté. Seule la chance fit que je survécut à ce barrage de coups. La chance et mes compagnons.”

“Combien de fois fus-je sauvé des affres de la mort, compagnons ?” pense Isom, en posant un regard affectueux sur son groupe endormi autour du feu. “Je me souviens vaguement avoir titubé près du géant agonisant et d’avoir craché sur son oeil valide en maudissant ses ancêtres. Je ne suis pas croyant, mais enfin, je ferai une prière pour le patron du monastère de Gounrak. Tous les monstres divins ne sont peut-être pas à maudire après tout.”

Isom tira alors un regard satisfait sur sa plume d’argent. Le barde se mit ensuite à fouiller dans son havresac pour y sortir un journal écorné et une fiole d’encre. Il trempa la plume dans l’encrier et entreprit d’y transcrire ses pensées. Une magnifique fioriture se dessina sur le papier vierge … suivie d’un immonde pâté.

Isom lâcha un juron. Un rire suraigu se fit entendre sur son genou. Isom grimaça, injuriant le lézard à demi-voix de peur de réveiller ses compagnons endormis. Le rire du lézard ne faisant que s’intensifier, Isom l’agrippa par la peau du cou et le lança dans le feu crépitant, un éclair brillant semblant suivre l’animal dans sa trajectoire.

Le lézard disparut avant de toucher les flammes, laissant l’éclair argenté poursuivre sa trajectoire dans le feu de camp. Isom gémit, et se précipita dans les flammes pour récupérer sa plume d’argent. Il se rassit avec un soupir sans quitter sa plume des yeux, cherchant un quelconque dommage tout en éteignant distraitement les tisons accrochés à ses vêtements.

Le barde releva les yeux, soulagé, pour voir ceux du nains le regardant d’un air moqueur. Isom afficha un sourire amer, et murmura d’une voix nerveuse :

“Saleté de lézard …”

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Journal de campagne – Ziggurat de Golismorga et sortie de la cité souterraine des Aboleths

L’air est frais sous la terre, l’humidité est accablante, j’estime à une journée additionnelle de délai avant que la cité soit submergée; heureusement, la ziggurat est vaincue.

• Sortie du dernier niveau de la ziggurat, nous communiquons avec le fantôme qui nous a dirigés vers la cité Aboleth de Golismorga. Le fantôme est silencieux, nos appels demeurent sans réponse. Heureusement, Léanne observe le plafond et y remarque le dragon d’ombres en train de consommer un pauvre Kopru. Le dragon, honorant sa dette envers notre groupe, vient à notre rencontre et accepte de nous ramener à la surface en guise de paiement. Lors de notre conversation, le dragon d’ombres nous indique la raison du silence du fantôme, une simple illusion d’un Aboleth emprisonné dans le temple. Nous avons été bernés par une simple illusion, Moradin m’en garde. Plus grand problème : Isom avait raison – ne pas lui signaler.

• Le dragon d’ombres nous amène avec lui par un passage entre le monde d’ombres du Shadowfell et notre plan d’origine. Bien que le voyage soit rapide, il est certes déconcertant. Le dragon garde sa promesse; à travers le plan d’ombres, nous atteignons Gallivant’s Cove sur le dos du dragon et la Sea Wyvern qui nous y attend; notre entrée est remarquée par les matelots, qui demeurent sur place, pantois. Je quitte quelques jours et la discipline diminue, je devrai en fouetter quelques uns…

Isom pense à Barbas, une cité que nous avons traversé et qui est très près de Golismorga; à sa demande, nous quittons la Sea Wyvern pour rencontrer les habitants qui ont déjà fuit la ville et les ramener vers Far Shore, la ville a besoin de bras forts pour le dur labeur à venir.

• La Sea Wyvern fend les eaux entourant l’Isle of Dread, nous propulsant vers Far Shore. Lorsque la baie de la ville est en vue, je descends en chaloupe pour annoncer notre arrivée et celle des colons; mes miliciens archers sont mauvais, mais j’espère à tout le moins qu’ils auraient tiré sur un bateau rempli de créatures inconnues. Le maître du port nous indique notre qui d’attache, je retourne au bateau pour diriger la manœuvre, Hally et Léanne vers Lavinia Vanderboren pour annoncer notre arrivée, Gunrak, vers la taverne et Isom vers Meravinchi pour négocier l’arrivée des colons, qui sont pris en charge au port. Ils auront une nouvelle chance après les moments terribles de Barbas.

• Nous croyions avoir quelques jours pour nous ressourcer à Far Shore après Golismorga, mais un messager olman nous attendait à la chapelle de la colonie. Le messager, que nous avions libéré quelques jours auparavant, vient quérir notre aide. Cette île est certainement bonne pour la pratique de mes techniques de marteau, je peux au moins lui donner cet avantage. Le messager nous parle de sa tribu qui était établie au pied du Plateau central, tabou important pour les habitants de l’île. Le messager dit être le dernier survivant de cette tribu, décimée par des Olmans corrompus et démoniaques portant des peaux de tigre. La suite est encore plus étrange; le messager, Jakara, dit avoir suivi un orateur doué appelé Noltus Innerson, un prêtre fondateur de la colonie de Far Shore en compagnie des Vanderboren qui prêchait la libération des habitants d’un village appelé Mantru, village à la merci des créatures maléfique habitant le plateau. Le messager est à Far Shore pour obtenir notre collaboration pour la libération de Mantru et pour transmettre les connaissances ancestrales de sa tribu pour combattre les démons. Son arrivée à été retardée par sa capture après une lâche attaque en route vers Far Shore. Malgré son emprisonnement dans la caverne des troglodytes et le délai, cet événement aura permis au messager de rencontrer notre groupe et ainsi, de nous aiguiller vers Mantru. Dans le but de rendre son histoire légitime, Jakara nous présente une missive d’Innerson lui-même décrivant sa quête; le prêtre de la chapelle authentifiant le style et la plume de son collègue, nous scellons avec Jakara notre départ vers Mantru en échange des connaissances de sa tribu. Jakara nous remet un médaillon indiquant trois humanoïdes, un dieu ancestral de la Lune, du Soleil et de l’Air. Ces dieux, selon Jakara, ne travaillent pas ensemble. Leur présence sur un médaillon où les trois dieux semblent œuvrer sur un arc est étrange au minimum et indique le pire.

• Nous remplissons la Sea Wyvern de victuailles et prenons la mer vers Mantru et l’ancien empire de Thanaclan, duquel le médaillon provient sans aucun doute. Notre plan est de suivre la côte de l’île et d’approcher Mantru en passant près du village des Phanatons. Selon la topographie de l’île, cette approche devrait offrir le moins de résistance à jambes toujours meurtries suite à notre voyage souterrain. La Sea Wyvern répond à nouveau à nos attentes et atteint notre destination. Le reste de notre voyage se fera à pieds dans un environnement inhospitalier, une jungle épaisse.

• Cette jungle ne nous permet pas de voir à quelques mètres devant nous, ce qui est encore plus évident lorsque nous arrivons directement dans un village troll. La réception des villageois est peu accueillante, nos armes, baguettes et instruments sont à nos mains pour défendre notre groupe. Une énorme créature squelettique maintenue en cage aurait pu agir comme monture à l’ensorceleur que j’ai maintenu sur place durant tout le combat alors que Gunrak tranchait furieusement la créature, mais heureusement, le maître n’a pas pu rejoindre la bête et la journée à été la nôtre. Les trolls iront rejoindre leur dieu et pourront combattre éternellement dans son plan. La fin plus tard, le tavernier apporte mon gigot…

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Prise de la ziggurat vivante de Golismorga

|…| Nous regardions encore le majestueux dragon d’ombres que nous venions de combattre prendre son envol au loin pour aller assouvir la vengeance et la haine qui le consumaient suite à sa captivité que la réalité de la situation me frappa – pensée qui a sans doute du habiter mes compagnons à un moment ou un autre de l’ascension de la ziggurat.

Mon lourd corps endolori appuyé sur mon craghammer dans le but de permettre un court répit à un genou blessé lors d’une chute précédente, mon armure couverte de sang et de déjections de mes trop nombreux ennemis de cette journée maudite, mes vêtements, plus lambeaux de sueur, de sang et de bile que fins habits nains, mon œil droit endolori et boursouflé suite à un coup de griffe du dragon, j’étais en piteux état, sans parler de mes mains, plus masses de chair bleuies qu’instruments. Un regard d’Isom, toujours aussi stoïque devant l’adversité, me rappela que nous étions tous deux les soldats entraînés du groupe, ceux qui étaient sensés les mener, ceux-là même qui avaient déjà survécu à un nombre incalculable de batailles. Sans y réfléchir consciemment et en apercevant Hallya, vacillante et à bout de souffle, les poings appuyés sur ses minces hanches, je pris mon craghammer en main et passa à l’intérieur de l’orifice béant laissé au sommet de la ziggurat par la démonstration de la rage du dragon d’ombres, je pris quelques secondes pour consulter rapidement les possibilités défensives de la pièce, pour réaliser qu’elles étaient inexistantes; quelques mètres de pierres lisses en guise de plancher menaient vers un trou béant où des cris gutturaux se faisaient entendre. La structure vivante de la ziggurat nous apparu alors dans sa terrible magnificence. Des muscles et tendons vibraient sous nos bottes et se propageaient dans toutes les directions, le système semblant supporter la ziggurat et lui permettre de maintenir sa forme.

Aux abords du plancher de maçonnerie, j’ai pu constater la source des cris gutturaux; un kopru d’une taille gigantesque nous attendait, plusieurs mètres plus bas, un regard niais et vide surmontant une bouche couverte de tentacules. Résigné, j’empoigna alors une colonne de tendons au centre de la ziggurat et j’entrepris la descente vers nos ennemis en criant des positions avantageuses que je souhaitais comblées par mes alliés suivi de Gunrak, le puissant Goliath semblant de plus en plus heureux à mesure que la journée de carnage progressait, lui aussi couvert de déjections diverses. Appuyé par Hallya, Léanne et Isom demeurés à l’étage supérieur, notre duo s’est rapidement positionné autour du colosse copru qui se tenait devant une statue dont la représentation nous était maintenant familière, une statue à deux têtes avec un corps de gorille et des tentacules… Invisible lors de notre descente, deux coprus appuyaient à distance leur allié surdimensionné. Le combat, se déroulant initialement à notre avantage a pourtant rapidement tourné lorsque notre fatigue a pris le dessus. Les koprus de taille moyenne se concentrant sur Gunrak pour le déplacer de sa position de mêlée, le colosse copru a pu m’agripper d’une puissante patte griffée et m’utiliser pour attaquer le pauvre Gunrak – apparemment je fais une excellente massue… Comme toujours, notre organisation, notre fusion née d’innombrables combats a pris le dessus à son tour; un mur illusoire et un mur de feu sont apparus sur le champ de bataille – au grand dam de Gunrak qui semble toujours être attiré par le rideau crépitant – j’ai pu me séparer de mon partenaire qui m’entraînait dans une ridicule danse, Gunrak, sévèrement blessé mais nullement ralenti, a repris position au flanc de la bête et notre artillerie a continué de nous supporter avec leurs attaques aériennes. Notre victoire n’a pu qu’être confirmée, nos adversaires laissés pour mort, couverts de blessures de marteaux, haches et profondes lésions arcanes. La ziggurat ne semblait pas avoir failli; dès que les genoux du colosse copru ont cédé sous nos coups, le plancher a commencé à craquer sous nos pieds; l’ascension de la colonne de tendons nous attendait, et rapidement, pour nous sauver d’une chute mortelle. En sécurité au premier niveau et exténués, nous avons pu assister à la destruction du second niveau de la ziggurat, nous révélant encore des mystères dans ses bas-fonds. Nos blessures et notre fatigue maintenant des ennemis tout aussi insurmontables que la ziggurat, nous devions retourner au village des esclaves de Golismorga pour permettre aux Eladrins leur Rêverie et aux autres, quelques heures de sommeil tourmenté bien méritées.

Si une telle chose est possible, je me sentais encore plus mal que la veille à mon réveil ce matin là. Une nuit en armure couverte de détritus humains est une chose, mais elle est encore pire lorsqu’elle est passée dans une ville souterraine d’une race de monstres dont je ne connaissais même pas l’existence qui se remplit progressivement d’eau et dont la population d’envahisseurs et d’esclaves est en exode continuel. Nous avions par contre toujours un travail à faire, la suite de la ziggurat nous attendait…

La structure était telle que nous l’avions laissée, vivante, maléfique et avec une odeur fétide, son sol couvert de cadavres de coprus. La colonne de tendons centrale de la ziggurat nous servant d’appui pour notre corde magique de rappel, nous sommes descendus dans les abîmes vers une pièce noire comprenant 4 bassins de bilestone avec des perles qui flottaient de façon lasse à leur surface. Notre objectif final était-il donc si facilement atteignable? Une créature émergeant des bassins en crachant de la bilestone de sa gueule couverte de tentacules répondit pour nous à cette question. La créature d’ombres se déplaça rapidement vers un autre bassin, ou elle fut emprisonnée par un mur de glace de Léanne.Bilewrentch Cette créature était par contre une distraction mineure en comparaison du véritable gardien de la pièce, un œil articulé, vivant à l’intérieur de la colonne centrale de tendons, qui nous attaqua immédiatement de rayons nécrotiques et psychiques. Cet œil, se rétractant à l’intérieur de la structure pour se guérir alors qu’il laissait place à des tentacules surmontées d’yeux maléfiques ou de griffes pour nous attaquer, bombardait une zone maléfique directement sous lui de rayons qui eurent tôt fait d’immobiliser et de blesser sévèrement mes compagnons malchanceux s’y trouvant. Le bilewrench et les tentacules finalement vaincus, nous allions tourner notre attention vers cet œil alors qu’un rayon mortel atteignit Léanne en pleine poitrine, éteignant la vie de l’Eladrin. Nous la croyions partie vers les rives éternelles du Feywild alors qu’Isom l’agrippa héroïquement pour retirer son corps sans vie de la zone maléfique que l’œil ciblait avec ses attaques. Cet acte lui coûta cher, puisqu’un rayon le frappa directement dans le dos, fermant ses yeux, nous le croyions à ce moment, à jamais. Même dans la mort, ce dernier s’échoua de façon protective par-dessus son corps. Ragaillardi par son sacrifice et enragé de la perte de nos compagnons, notre groupe a alors redoublé d’efforts; l’escalade du mur extérieur de la pièce et du plafond m’amena à quelques mètres du monstre alors que ce dernier fut finalement détruit sous les attaques d’Hallya et les javelots de Gunrak.

Heureusement, la mort n’est pas venue réclamer Isom et Léanne dans cette ziggurat; quelques potions et plusieurs minutes tendues furent assez pour les réanimer. C’est dans cette situation précaire que notre groupe se trouvait alors, chacun couvert de blessures plus nombreuses qu’il ne voulait les énumérer.

La ziggurat semblait défaite; la bilestone protégeant les perles se solidifiait à vue d’œil, emprisonnant ces dernières dans leur processus de création, nous l’espérions, pour toujours. Nous pouvions au moins espérer une résolution positive à ce passage cauchemardesque souterrain.

L’orc déposa le feuillet qu’il venait de lire sur la pierre devant lui. Un camp souterrain abandonné lui faisant face, il se gratta la tête, pensif, se demandant pourquoi il avait pris le temps de lire la missive naine, semblant relater l’histoire d’un groupe d’aventuriers. À ce moment, sa tête explosa et son âme quitta son corps pour toujours; il ne le sut jamais, mais il venait de subir les contrecoups de la technique de combat développée par les Skullcrushers intitulée ancre maléfique. Son corps, malgré l’étreinte de la mort, demeura debout et immobile plusieurs secondes avant de s’effondrer. Kharas, sans accorder la moindre attention à l’orc, récupérera le feuillet sur la pierre lisse qui faisait partie d’un des nombreux faux campements autour de Khuzdun et l’ajouta à un lourd manuscrit battu aux armures de son clan, ajustant l’étendard du crâne martelé sur fond noir dans sa main gauche et reprenant sa route solitaire.

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Destruction de l'ancre du dieu olman

Du journal d’Isom, mais d’une patte sensiblement différente …

Non, mais quel incapable ! Je prends la plume pendant le sommeil de ce pleutre de thiefling pour dénoncer combien lui et sa bande de minables peuvent m’horripiler ! Isom, quand tu me liras, sache que tes ambitions sont risibles, et que les entreprises des mortels ne sont que futilités !

Le combat relaté précédemment par Isom était intéressant à voir, ne serait-ce que pour noter l’incompétence du thiefling. L’étude du pilier qui a suivi ne pouvait être que pénible pour un esprit supérieur comme le mien. L’incompréhension des mortels face aux piliers pourpres de la cité est aberrant, comme si l’on ne pouvait sentir jusque dans ses os l’origine de cette énergie nauséabonde.

La bande s’est ensuite dirigé vers le bidonville des esclaves troglodytes. Moi qui aurais pu servir un prince, voire un roi, me voilà qui me vautre dans la fange de la vermine du monde souterrain. Les mortels réussirent à entrer en contact avec le chef des esclaves, un troglodyte à peine moins risible que les autres. Qu’aucun d’entre eux ne parle le draconique, voilà qui est risible, hah! Malgré tout, ils apprirent un certains nombre de détails sur la ville :
  • Les perles semblent venir d’une ziggourat fortement gardée plus loin au coeur de la ville.
  • Un certain nombre d’esclaves se sont échappés pour se réfugier dans un coin de la caverne. Ils n’ont pas renoué le contact avec leurs anciens compatriotes.
  • Il y a des créatures particulièrement dangereuses dans certains coins de la caverne, où même les Lords of Dread n’osent pas aller.

Je note un exploit de la part de ta bande de balourds, Isom, je n’aurais jamais cru qu’ils puissent entrer et sortir du camp d’esclaves sans se faire voir. Sans se faire voir des koprus, il va sans dire. Je n’ose aller plus dans le détail, tout est accessible à qui veut écouter ; la ville elle-même colporte les événements qui s’y produisent, il suffit de poser une patte sur le manteau de chair de celle-ci pour apprendre le moindre détail sur toutes les vermines de l’endroit. Isom, où êtes-vous allés ensuite, vous vous souvenez ? Je crois que j’ai ri tout le long du chemin.

Le goliath, charmant jeune homme celui-là, eut le bon sens d’interroger quelques troglodytes et de découvrir que le passage sous l’arche ne serait pas recommandé. J’en fut déçu à vrai dire, je serais volontiers retourné aux Enfers quelques temps. Même mon intellect vastement supérieur à toi Isom, ne peut te dire ce que tu as évité là ; sache que c’était malveillant, et ancien. Les bâtiments eux-mêmes conspiraient pour vous y amener, et j’ai cru un moment que vous y passeriez quand même. Je crois que le petit nabot de service, le nain, a au moins eu l’oeil de voir les tentacules nauséabonds descendant du plafond.

Ah, mais le cratère de Thlaloc, quelle pièce. Thlaloc, dieu olman de la pluie et des tempêtes, qui a laissé sa larme à son peuple afin d’assécher la cité maudite des aboleths. Un épisode glorieux, sans l’ombre de doute. L’ancre, en suspension permanente entre le plan matériel et le plan du Feywild, un régal pour celui qui a l’odorat pour les forces arcanes ! Autant d’énergie à un seul endroit attire bien sûr quelques âmes affamées, tout le monde en est conscient. Enfin, pas mon barde préféré, n’est-ce pas Isom ? Vous les avez retrouvés, après tout, les troglodytes en maraude, dommage qu’ils n’étaient plus bien frais …

Enfin, mon travail est de noter et je note. Mon maître n’apprécie pas beaucoup les aberrations du chaos, et il sera heureux d’apprendre la mort de l’un de leurs agents sur le plan matériel. Je donne crédit à ton groupe où il en est dû, couillon de barde, vous les mortels savez encore surprendre les anciens. Cette créature n’était pas exceptionnelle, mais il était amusant de voir vos âmes se débattre suite aux regards mortels des morts-vivants. Votre courage contre la mort est admirable, même si nous savons tous qui gagne à la fin, hah !

Je crois avoir été scandalisé par votre destruction de l’ancre. Une telle oeuvre arcane, ramenée de façon aussi barbare sur le plan matériel, et pour ensuite être simplement dépecée à coups de masse et de hache, quelle honte ! La poigne arcane de votre sorcière est intéressante, par contre. Si jamais tu rend l’âme, Ô Isom, et sache que je prie chaque jour aux Neufs pour que cela me soit accordé, je crois bien que je proposerai mes services à celle-ci. Rien de tel que quelqu’un qui ait réellement la main pour contrôler les forces magiques, plutôt qu’un simple amateur comme toi.

L’ancre détruite, l’eau se mit à rugir dans la caverne. Ta bande a décidé de profiter de la distraction pour effectuer un raid sur la ziggourat, stratégiquement sensé. Vous avez oublié l’ancre détruite par contre. Mais ne t’inquiète pas, Ô Isom, car j’ai appelé de bons amis à moi et ils prendront bien soin des morceaux de l’ancre de Thlaloc. Nous avons toujours besoin de composants exotiques pour des rituels infernaux, sache que pas une miette ne sera perdue !

La ziggourat puait, une surprise ? Puait le vieux dragon surtout, mais n’allez pas le dire à Isom, je crois qu’il l’a découvert par lui-même. Tu me lis encore, cher barde ? Que vous n’ayez pas vu la créature du chaos, passe encore, un petit dragonnet, peut-être, mais un dragon dans la force de l’âge ? Je le sentais depuis Barbas au moins, celui-là. Vous avez été surpris de découvrir qu’il était sous domination, vraiment ? Que pensiez-vous qu’un dragon de l’ombre faisait dans cette ville ? Du tourisme ?

C’était ridicule de vous voir vous démener contre lui. J’aurais pu partir, mais j’étais beaucoup trop occupé à me tordre de rire. Comment pouvez-vous manquer un dragon, vraiment ? Les lignes arcanes se courbent autour de lui de façon si distincte, une véritable cible ! Vous avez réussi à briser le charme, c’est l’essentiel, ou je serais bien mort d’apoplexie sur cette pyramide. Le bon vieux dragon accepta de vous ouvrir une grande porte dans le muscle protégeant l’entrée, et vous voilà repartis !

Ah, mais je sens que le sommeil te quitte, mon très cher ami, je ferais bien de terminer ici. Je signerais de mon propre nom, si tu avais seulement daigné me le demander. Alors je signerai du vilain patronyme que tu m’as donné, sale couillon de barde.

En espérant que ta prochaine journée soit aussi merdeuse que la précédente,

Le Lézard

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Entrée dans la cité maudite des aboleths

Du journal d’Isom

Golismorga ! Le nom même porte à la répulsion. Nous avons finalement atteint notre but, la cité abandonnée des aboleths, maudite par le dieu olman de la pluie et des tempêtes lui-même. Enfin, abandonnée est un peu vite dire, il semble que certaines créatures ne l’ait jamais quittée.

Nous avons atteint la cave nauséabonde de la cité vers la mi-journée, ou ce qui peut compter comme le midi dans cet enfer souterrain. La caverne contenant la ville est immense, environ un mille de largeur par trois mille de long, avec un plafond entre 300 et 800 pieds. La ville est éclairée par trois colonnes de feu silencieux, d’une couleur mauveâtre nauséabonde.

Nous avons débouchés sur une corniche près de 200 pieds au-dessus du sol. J’ai tenté d’observer l’activité dans la ville avant de descendre, mais l’architecture biscornue des bâtiments rend toute observation difficile. Même pour une ville originellement aquatique, les longues jetées se terminant au milieu de nulle part semblent mystérieuses. Pour rendre l’observation encore plus ardue, les bâtiments eux-mêmes semblent vivants et vibrent par occasion. Je le jure, par la barbe de mon paternel, que j’ai entendu une de ces constructions soupirer !

Il est devenu évident que nous devions descendre pour nous rendre compte de la situation sur le terrain. Nous descendîmes donc la paroi jusqu’au sol de la ville, ce qui après coup me semble téméraire. Les Lords of Dread reçoivent régulièrement des esclaves, il doit exister un passage plus aisé. Sans compter que nous devions être plutôt visibles accrochés à la paroi de la falaise. Enfin, l’architecture démentielle de la ville est un obstacle autant pour nous que pour nos ennemis, du moins je l’espère.

De proche, la ville est encore plus repoussante. Les bâtiments semblent fait de muscles pourrissants, et poussent à même le sol. La navigation au sol est encore plus difficile. Je ne serais pas surpris d’apprendre que ces constructions maudites se déplacent par eux-mêmes ! Enfin, Kharas eut la bonne idée de se diriger selon le plafond de la caverne. Je crois en effet que l’on peut s’arranger en utilisant les trois colonnes de feu mauve pour se diriger.

Nous trouvâmes finalement une éclaircie dans la forêt de bâtiments. Il semble que des esclaves échangés au temple aient été utilisés pour détruire certaines constructions et pour monter un campement. Malheureusement, nous aperçûmes une patrouille se dirigeant vers nous. Le barbare tenta de se cacher dans un bâtiment adjacent, mais celui-ci se mit littéralement à crier. Nous nous repliâmes alors vers une des colonnes de feu mauve.

Nous eûmes quelques minutes pour étudier la colonne. Le feu ne semble pas brûler. Le nain affirme que ce genre de construction est peu commun, mais représente une manifestation concrète d’un elder evil quelconque. De quoi donner froid dans le dos.

Contrairement à ce que nous pensions, nous n’avions pas semé nos poursuivants. Des Koprus d’une taille monstrueuse attaquèrent, appuyés par des esclaves et d’autres Koprus mages. Seule notre habitude à travailler ensemble nous sauva, quoique le barbare fou de rage écrasa la sorcière sous un coup presque mortel. Elle se vengea correctement, je dois dire, en éliminant trois de ces monstres d’un seul coup furieux.

Néanmoins, je crains que sa fréquentation des fées l’ait rendu un peu distraite, car en poursuivant un des Koprus désespérés elle mit le pied à la bordure même de la colonne de feu mauve. Une enflure apparut sur la colonne et tenta de happer l’eladrin. Elle se retira juste à temps, et relâcha un courant d’énergie nécrotique contre la colonne maléfique. Les deux énergies se mélangèrent brièvement et montèrent lentement en vrille vers le plafond de la caverne, dans un mouvement hypnotique. Tout est hypnotique dans cette ville maudite, et il semble impossible de fixer quoi que ce soit sans dériver vers un cauchemar éveillé.

“Mais qu’est-ce qu’on fait ici ?”, la réaction d’une des éladrins en voyant la ville, résume mon état de pensée. Nous connaissons tous le but et les enjeux, mais devant de telles puissances antédiluviennes, il est difficile de penser que l’on pourrait faire une différence.

Les éladrins semblent avoir repris leur souffle, je crains qu’il nous faille repartir. Que les arcanes nous protègent !

- Isom K.V.II

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Quête pour la rédemption du fantôme troglodyte

Retirant son craghammer de la bouillie qu’était devenu le crâne d’un orc trop aventureux près d’un poste de garde avancé de Khuzdun, Kharas déposa la tête de son lourd marteau sur le dos du vaincu et s’appuya sur son manche, croisant ses deux puissants bras couverts de cicatrices devant les armes honorifiques et ancestrales des Skullcrushers gravés sur le plastron de son armure d’écailles. Il toisa les orcs qui lui faisaient alors face d’un air las et leur indiqua, d’un mouvement du menton, la sortie de la pièce derrière eux.

« Dans cette direction vous trouverez la suite de vos misérables vies. Vers Khuzdun, leur fin. » Murmura-t-il, immobile.

Un des orcs, hésitant, tenta un pas vers l’avant. Son faible bouclier de bois fut immédiatement détruit sous l’impact du marteau de jet de Kharas qui projeta son corps, mortellement touché, vers l’arrière pour aller choir dans les bras de ses compagnons, qui l’abandonnèrent à son sort et quittèrent la pièce en hurlant.

« Orcs… » Grommela Kharas

Kharas produisit alors une besace de tabac nain de son havresac et la tendit aux gardes qui l’entouraient, déçus de ne pas avoir pris part à l’hécatombe.

« Un des bénéfices de l’âge est certes que vous devez écouter mes récits et partager mon tabac. Comme nous avons maintenant du temps devant nous avant la prochaine vague qui passera par ici, écoutez donc celle-ci…

Les gardes, ayant entendu une partie des récits du maître d’armes et de son groupe d’aventuriers, s’adossèrent contre les murs de la pièce, leurs arbalètes et pipes en main

Notre destination était un temple olman, un édifice consacré par ce peuple à l’endroit même où des troglodytes avaient laissé vaillamment leur vie lors d’un combat contre des ennemis communs des deux nations. Cet endroit, situé profondément sous terre, était depuis utilisé pour effectuer l’échange des perles noires, des armes de destruction façonnées à partir d’une substance appelée bilestone ou liquid madness, produites par une incarnation du mal, un Elder Evil, appelé Holashner ou le Hunger Below.Temple Ces perles, permettant de propager maladies et afflictions, étaient échangées contre des esclaves utilisés par les Koprus pour transformer une ancienne cité d’Aboleths conquise. Notre objectif était de détruire ces perles ainsi que de mettre fin, pour toujours, à leur production. Le temple était donc notre point de départ pour remonter la piste sinueuse des perles jusqu’aux bas fonds de l’Isle of Dread.

Notre guide, Irgzid, un troglodyte sauvé d’une cage au milieu d’un charnier dans la grotte où sa tribu vivait, nous a menés à travers multiples embranchements sous terre, sans jamais vaciller de son but, surexcité, comme à son habitude. Des tunnels naturels de l’île, nous sommes rapidement passés à des tunnels de maçonneries bien construits. Notre objectif était tout près.

Notre arrivée au temple, une gigantesque salle remplies de réservoirs d’eaux conjurés par magie, de colonnes partiellement détruites et d’un hôtel religieux flanqué d’une statue d’un dieu olman des tempêtes, nous a permis d’étudier des runes et hiéroglyphes gravés au mur. Ce, jusqu’à ce que notre guide tente de s’échapper. Sous la main du puissant Goliath Gunrak, ce dernier n’a pu faire que quelques pas avant d’être saisi. Il nous a alors admis sa traîtrise; il nous menait dans ce temple sous les ordres d’un « père ». Gunrak a alors mis fin à sa vie d’un coup de hache vif; un acte vil, s’il en est un, mais le troglodyte n’était qu’un traître pour nous à ce moment.

Plus surprenant, frères, fut la suite. Un fantôme troglodyte a lévité hors de l’hôtel du dieu olman pour converser avec notre groupe. Affublé par la mort de son messager izgrid, le fantôme nous fit part d’une bien étrange histoire. Ce dernier, un ancien prêtre du dieu représenté par la statue derrière l’hôtel où il se trouvait, était relié au temple par la mort et ne pouvait le quitter. Le fantôme cherchait un groupe de héros pour accomplir une tâche qui allait le libérer et lui permettre le repos éternel. Incertain de nos talents, ce dernier nous a demandé de lui prouver notre valeur. Par les énoncés de nos faits d’armes d’Isom, mon courage sous le feu de l’ennemi et celui de Gunrak, le pacte de Hallya avec des fées d’autres plans d’existence et l’esprit tactique de Léanne, nous avons eu tôt fait de convaincre le fantôme de la valeur de notre groupe…

Oui Harum? »

Kharas fait signe à un des gardes d’un geste du menton

« Hallya et Léanne…? »

« Oui, ce sont des elfes, créatures fétides de la surface qui faisaient partie de notre groupe pour une raison qui m’échappe à ce jour » répondit Kharas, avec un rictus à peine dissimulé en se remémorant ses deux compagnons.

« Donc… Le fantôme nous énonçait son histoire. Notre objectif d’empêcher la production des perles semblait relié au sien; ce dernier nous expliqua que les pierres étaient créées à partir de bilestone liquide; cet état physique était nécessaire pour permettre le processus. Comme la chaîne de production se trouvait dans une ancienne cité Aboleth asséchée reprise par la force par les Coprus et modifiée à la sueur et au sang de leurs esclaves, il semblait suffire, selon lui, de permettre à l’eau de couler à nouveau dans la cité pour solidifier la bilestone; peu importait au fantôme que cet acte allait redonner la cité aux Aboleths, les responsables de sa mort et de son esclavagisme. Le fantôme ajouta que, pour ramener l’eau dans la cité, il suffisait de détruire une ancre physique que les Olmans avaient mise en place pour vaincre les Aboleths en retirant de leur cité la substance dont ils avaient le plus besoin pour survivre. Bien que les motifs du fantôme nous semblaient emplis de malice, il indiquait ne vouloir que sauver sa tribu de l’emprise des perles. C’est alors qu’il nous a raconté comment il avait pris contact avec Izgrid, notre défunt guide. Ce dernier, tentant de comprendre la cause des maladies qui affligeaient et détruisaient sa tribu peu à peu, a lui aussi tenté de remonter la piste des perles jusqu’au temple. Là, le fantôme a pris contact avec le troglodyte solitaire et lui a demandé de guider vers lui un groupe de héros pour détruire pour de bon ce fléau à sa source. Comme notre chemin nous menait inexorablement vers la cité des Aboleths et que le fantôme indiquait pouvoir nous faire sortir de la cité des Aboleths, nous nous vîmes dans l’obligation d’accepter la quête pour la libération de l’âme du troglodyte, pour la sauvegarde de sa tribu, mais aussi pour le bien ultime de l’Isle of Dread, qui n’aurait plus à vivre sous le joug de tyrans maniant les perles pour les dominer. Nous avons donc convenu d’un pacte avec le fantôme. En échange de notre retour sain et sauf dans le temple après la destruction de l’ancre via un rituel de téléportation, nous allions réanimer Izgrid, qui, avec le recul, n’avait fait qu’agir pour le bien de sa tribu. Malgré le pacte, notre groupe était résolu à constater de nos propres yeux la dévastation de la cité et de tenter de percer ce que nous croyions être les mensonges ou à tout le moins, les demi-vérités du fantôme.

Nous avons donc entamé notre descente vers la cité des Aboleths et nos réponses. À plusieurs milles sous la surface, notre chemin était ponctué de bruits souterrains, jusqu’à ce des voix résonnent dans les tunnels devant nous.

Imaginez, mes frères, le bruit d’un de nos contingents en formation… C’est peine comparé au bruit que notre groupe émettait alors que nous tentions de nous déplacer sans attirer l’attention du groupe qui semblait nous précéder – Gunrak râpa sa hache sur une pierre, Hallya toussota, peu habitué à la poussière ambiante.

La pièce qui nous attendait était d’une dimension imposante. Une langue de pierre descendant d’une quarantaine de pieds vers une surface couverte de lave coulant du plafond, directement d’une faille provenant du chaos élémental. Dans cette pièce, nains, des Azers nous faisaient face. Les pitoyables créatures semblaient œuvrer sous le contrôle d’un démon de feu qui se tenait directement dans la lave et qui manipulait la faille se trouvant au plafond. Un Hell Hound était à l’arrière de la pièce, sans nul doute destiné à protéger la scène qui se déroulait devant nous. Avant même que nous puissions planifier notre stratégie d’engagement, le combat avait débuté, les Azers tombant rapidement nous nos coups, laissant place aux combattants de leur groupe, le démon, le Firebred Hell Hound et un beholder, le maître des créatures, qui a joint le combat en franchissant un rideau à l’arrière de la pièce. Le beholder bougeait rapidement à plusieurs mètres de hauteur et lançait des rayons d’énergie sur notre groupe alors que seules les elfes et leur magie pouvaient l’atteindre. C’est alors que des scorpions se sont ajoutés à la mêlée. De terrifiantes créatures avec des pinces en feu qui ont escaladé un mur vers le bas et ont engagé les elfes en corps à corps. Durant une bonne partie du combat, par Moradin, Isom était en feu. Poursuivant ses activités et nous hurlant des positions avantageuses, le tiefling couvert de feu ne pouvait que nous engaillardir et nous pousser à poursuivre le combat et vaincre les créatures de feu qui nous faisaient face. Qu’étaient les attaques de leur groupe alors que notre capitaine était en feu, inaffecté, à nos côtés? À force d’attaques puissantes, rendues possibles par nos dieux, incantations et physiques respectifs qu’après de longs intervalles de repos, le combat a tourné à notre avantage, le beholder tiré vers le sol par une combinaison de manœuvres et attaqué dans les airs suffisamment pour que ses yeux s’éteignent à jamais. La pièce était à nous, ainsi que ses secrets. Affaibli par le combat, nous devions prendre du repos… »

Des cris de guerre se firent alors entendre dans les corridors adjacents. Les nains reprirent leurs armes. Kharas, ne faisant que retourner vers Khuzdun lorsque le combat avait débuté, pris congé des gardes, qui salivaient déjà en songeant aux cris de mort que les orcs allaient pousser sous leurs coups. Reprenant en main son havresac, son bouclier et ses marteaux, Kharas pris la direction opposée en saluant les nains qui se plaçaient derrière lui en position défensive.

« Si Moradin le veut, vous connaîtrez la fin de cette histoire… Et laissez-en passer quelques-uns, leur dit-il, pour moi”

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Barbas et le roi Boubou

Du journal d’Isom

Lecteur, lectrice, excusez ma main tremblante, car comme Théophile dans le labyrinthe du tigre-garou, en ce jour, les moustaches de la mort m’ont frôlé ! Mais laissez-moi partir du début …

Le rideau mystérieux était encore loin du village souterrain de Barbas. Il nous fallu encore traverser le mur de champignons entre nous et la ville. Kharas semble avoir identifié la moisissure nauséabonde entre nous et le village comme une espèce explosive et vénéneuse. Nous ne pûmes traverser qu’avec énormément de précautions, en suivant un chemin tortueux entre les champignons mortels. Je crois avoir manqué de discrétion, car toute la garnison de Barbas nous attendait à la sortie.

Les villageois sont plutôt sympathiques, quoiqu’ils se méfient d’Irgzid, le troglodyte nous servant de guide. Le peuple de Barbas semblent avoir eu maille à partir avec les Lords of Dread. Nous nous portâmes garant de lui, et le chef de village, un albinos du nom de Vertram, accepta de nous donner refuge. Je m’inquiète par contre, que notre Irgzid ne traîne un mal du genre qui a atteint ses frères troglodytes, et que ce mal se répande dans le village. Les prêtres de Barbas n’ont cependant rien senti sur lui.

Le village de Barbas semble avoir été à l’origine un refuge pour les olmans en fuites de la calamité s’étant abattue sur leur île. Il est situé dans un cul-de-sac du réseau de cavernes. L’isolation du village a créé un curieux mélange des races et des croyances. Nous mangeâmes à la table du chef, nous nourrissant de champignons et de viande de centipède séchée. Je notai alors une mosaïque intéressante et très ancienne dans la hutte du chef, et ce dernier eut l’indulgence de nous en parler.

Il semble que l’endroit d’où vienne les perles était une ancienne cité de poisson-démons, que nous pûmes identifier comme des aboleths, des aberrations du Far Realm. Il semble qu’une guerre sanglante a eu lieu entre olmans et aboleths, et que les olmans utilisèrent alors une arme appelée la “larme du dieu olman”. Cette larme créa une bulle sans eau à partir du centre de la ville des aboleths. Privés d’eau, ceux-ci sombrèrent dans ce qu’ils appellent le long sommeil. Le rideau mystérieux que nous avions vu précédemment n’était donc que la surface de cette bulle de sécheresse.

Il semble donc que récemment, les Lords of Dread, des coprus aux intentions malveillantes, aient pris possession de la cité abandonnée des aboleths. Le chef, Vertram, accepta de nous montrer un de ces aboleths en sommeil, le lendemain.

Nous repassâmes donc la muraille des champignons le lendemain. Sur le chemin, Vertram nous parla des créatures dangereuses des environs, et en particulier d’un ver pourpre particulièrement vorace appelé le “roi Boubou”. Pour une raison que le chef ignore, le ver ignore le village, mais il est une menace pour tous les voyageurs.

Nous atteignîmes finalement une immense caverne, avec au loin de l’autre côté, le rideau miroitant du dieu olman. Une forme amphibienne quelconque semblait étendu à quelque distance du rideau. Hélas, nous aurions dû mieux observer le reste de la caverne ! Nos pas lourds résonnaient directement dans la salle du trône du roi !

Des trous réguliers parsemaient le sol de la caverne, remplis d’insectes et de vers. Kharas s’arrêta brusquement sur son chemin. Rapidement, tous purent entendre les vibrations sourdes se rapprochant de nous. Mon coeur se serra.

Qu’Ématurge soit mille fois maudit ! Ses planches blafardes ne porteront jamais justice à la majesté dévastatrice d’un véritable ver pourpre ! Le roi Boubou perça le plancher de la caverne sous nos pieds et sema la dévastation parmi nos rangs. J’aimerais affirmer avoir combattu avec vaillance, mais l’honneur n’a guère sa place dans l’estomac pestilentiel d’une telle bête. Je ne sais comment elle a pu me rejoindre, mais Hallya vint encore une fois à mon secours et m’arracha à une mort disgracieuse et déshonorante.

Le barbare lui-même n’échappa pas au courroux de la bête et fut avalé, tout goliath qu’il fut. Il semble avoir été un morceau plus coriace par contre, et il parvint à convaincre la bête de chercher un autre repas. Le reste de la bataille me revient comme dans un cauchemar, grouillant d’insectes, de vers et de dents acérées. Que le roi Boubou ait pu succomber, j’ai encore de la difficulté à y croire.

Enfin, enfin. Morte la bête, mort le venin. Nous pûmes ensuite nous approcher du démon-poisson mentionné par Vertram. Son apparence ne laisse aucun doute, il s’agit bien d’un aboleth. Tombé dans le long sommeil depuis des millénaires, à quelques mètres de l’eau salvatrice. De peur qu’un esprit trop entreprenant décide de le pousser sur ces quelques mètres, nous décidons de dépecer et de brûler la bête. Nous en profitons pour l’examiner en profondeur. Je note que les connaissances d’Hallya et de la mage nous fûmes aussi d’un grand secours, car je ne puis identifier les organes mystérieux de la créature. Je note donc :
  • Les aboleths sont très intelligents.
  • Ils ont besoin d’eau pour survivre.
  • Ils sont immortels.
  • Sans eau, leur peau devient dur comme le roc, leur organes se liguéfient, et ils tombent dans le long sommeil. Un aboleth coincé trop longtemps dans cet état devient généralement fou.
  • Les aboleths sont des maîtres de la manipulation de la pensée.
  • Il sont capables de dominer mentalement d’autres créatures intelligentes, et d’en faire des esclaves permanents.
  • Ils ont une sorte de glu sur leur peau leur donnant une aura très difficile à traverser (difficult terrain) et causant des dommages psychiques.

Je note ces détails sans émotion, mais croyez-moi, lecteur, lectrice, quand je dis que mes jambes semblent fondre sous moi. Si le roi Boubou n’était que le gardien involontaire de la ville maudite de ces aberrations, quelles autres monstruosités peuvent nous attendre plus bas ? Cet humble auteur suivra le chemin tracé par son destin, mais sachez qu’il maudira les forces arcanes l’ayant envoyé dans cet antre du mal !

- Isom K.V.II

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Descente dans le monde souterrain

Isom lutte contre le bras visqueux du roper. Un autre bras fouette l’air, à la recherche d’une autre proie comestible. Isom se retourne vers l’arrière, et tente désespérément de se raccrocher aux stalagmites de la caverne.

Dans la pénombre de la caverne, le barde distingue confusément la lutte qui se joue derrière lui, entre ses coéquipiers et les mystérieux quicklings. Un éclat de lumière apparait, suivit d’un cri de douleur, alors qu’une muraille de feu impénétrable enveloppe le roper. Isom remercie silencieusement la mage.

Les yeux du thiefling s’habituent rapidement à l’éclairage dansant des flammes. Celui en profite pour rechercher une meilleure prise sur les murs dénudés de la caverne. Il distingue alors de profondes traces de griffes le long du pilier sur lequel il s’accroche.

“C’est peine perdue.” murmure Isom avec désespoir “Il va falloir y aller.”

Le thiefling sent alors le bras du monstre se tendre. Même préparé au choc, Isom ne peut se retenir de lâcher un cri de douleur alors que la créature le ramène encore plus près de lui. La gueule hérissée de crocs de la bête exhale une haleine fétide, qui fait grimacer le barde. Face à son destin, Isom se rappelle les événements fatidiques de la journée.

Ils avaient commencé par détruire la statue maudite du temple. Cette statue mettait Isom mal à l’aise : Ce croisement entre le dieu troglodyte Laog’zed et Demogorgon, le prince des démons, n’amenait pas à la réjouissance.

Ils ont ensuite libéré les prisonniers encore vivant. L’olman malade a pu être sauvé, grâce au bon vieux rituel de guérison obtenu à Sasserine. Il semble avoir été confié d’un message destiné à Farshore. Il est donc reparti vers la sortie de la caverne, dans le but de terminer sa mission.

Le troglodyte, par contre, semblait posséder des informations importantes quant à l’origine des perles. Hélas, pour cela, il fallut descendre encore plus bas dans les profondeurs de la caverne. Le troglodyte semblait savoir où aller, par contre. Isom pris néanmoins sur lui de noter les embranchements empruntés, au cas où le retour s’effectuerait sans guide. À ce souvenir, Isom tente une fois de plus de défaire les sangles de son sac, mais sans succès, le monstrueux roper le tenant trop solidement.

L’haleine infecte du monstre lui rappelle la caverne acidique rencontrée précédemment. La gelée noire en embuscade dans cette chambre avait failli leur coûter cher. Isom ne pouvait qu’admirer le courage du goliath et du nain, qui avaient foncé tête première contre cette créature inconnue. Le barde eut aussi une pensée pour le mage et la sorcière, qui firent littéralement fondre la gelée arcane du monstre.

Une soudaine tension du bras du roper ramène Isom au présent. Cette fois-ci, il n’y réchappera pas. En regardant derrière lui, il aperçoit l’éclair rapide d’un quickling. Le thiefling se murmure à lui-même.

“Si je dois y aller …”

Un tendon de force arcane enveloppe discrètement le quickling. Le bras du roper se tend, et ramène Isom brutalement en arrière. Comme un fouet, le lien arcane se raidit et catapulte la créature féérique qui lâche un cri de surprise. Elle atterit violemment contre le bouclier du nain, qui sourit alors de manière bestiale. L’attention d’Isom est cependant ramenée au roper lorsque celui-ci plante ces crocs dans son épaule.

Le barde se dégage avec difficulté de la gueule du monstre, et se remet en position de défense. Un grognement sourd, rocailleux, se fait alors entendre. Par réflexe, le barde bande ces muscles contre le bras du roper pour se mettre hors de portée. Une hache siffle à son oreille, et vient se planter au milieu de la gueule de la créature.

Le coup est passé beaucoup trop proche au goût d’Isom. Il est néanmoins heureux de voir quelqu’un, peu importe qui, arriver à sa rescousse.


La journée dans les profondeurs s’étirait interminablement. Sauf peut-être pour le nain, qui semblait presque prêt à siffloter nonchalamment. Le troglodyte ne cessait de répéter depuis la dernière heure que la ville de Barbas n’est pas loin. En effet, un rideau de lumière semble miroiter au loin.

Le rideau semble être une illusion élaborée, au travers duquel semble venir une cohue de combattants olmans déchaînés. Il semble être aussi un sort de protection, car l’humidité écrasante rencontrée jusque là disparait. Isom reste perplexe.

“De la magie olmane … si loin sous terre ? Ou bien un sort quelconque imitant celle-ci ?”

La nature du voile protecteur dépasse de loin les compétences arcanes du thiefling. Même le lézard semble confondu par celui-ci. De toute manière, le troglodyte continue de les entraîner plus loin, toujours plus loin. Le barde soupire avec fatigue et se remet en marche.

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Exploration de la caverne des troglodytes

« |…| Notre exploration de la caverne des troglodytes a du être retardée de plusieurs minutes, alors que Léanne appliquait des salves d’herbes sur Isom en murmurant des incantations pour lui permettre de quitter l’état de pétrification avancé dans lequel le basilisk l’avait laissé.

Le rituel de Léanne un succès, Isom est finalement revenu à lui et a pris quelques minutes, bien méritées, pour dégourdir des jambes dont il avait dorénavant le contrôle, un sentiment que l’on oublie d’apprécier, jusqu’à notre première expérience de pétrification.

La caverne assombrie des troglodytes nous attendait donc; un couloir sinueux nous menant de plus en plus profondément dans le ventre de la terre, la puanteur de la maladie et de la mort omniprésente à chacun de nos pas. Éclairés uniquement par une torche magique et un sort de lumière de Léanne, nous avons poursuivi notre route pendant plusieurs minutes, interrompus uniquement par une scène macabre dépeinte sur un des murs du corridor avec des teintures extrêmement malodorantes – même en considérant que Gunrak était dans le corridor avec nous. Trois images distinctes nous interpellent alors; ces images troublantes semblant indiquer une pluie de perles noires destructrices sur l’Isle of Dread en laissant croire à l’implication de troglodytes et autres créatures reptiliennes de même qu’à un dieu de leur panthéon, Laogzed. Notre connaissance de l’île et de ses coutumes étant restreinte, nous n’avons pu découvrir une signification additionnelle à ces scènes. Nous consignons ces images à notre mémoire et poursuivons.

Un subtil changement de l’air ambiant et dans les courants qui nous parvenaient nous indiqus alors que la caverne s’élargissait – une position défensive fut adoptée par notre groupe en conséquence. Une lourde grille de fer nous attendait, ouverte, heureusement. Cette grille laissait entrevoir des huttes de terre et de boue construites à la hâte autour d’un feu, trop longtemps inutilisé. Ces huttes étaient occupées de troglodytes mourants, atteints de la même maladie qui attaquait les gardes de l’entrée de la caverne. La seule information que nous avons pu extraire d’un des malheureux était que sa condition était un cadeau, une bénédiction de son dieu Laogzed. Malgré la tristesse de la condition des troglodytes lorsque Gunrak a mis fin à leurs souffrances de coups de haches rapides et espérons le, sans douleur excesdsive, je ne peux m’empêcher de consigner que les esprits des créatures ont au moins quitté les corps qu’ils habitaient avec l’illusion que leur dieu les attendaient dans le trépas; un réconfort, sans doute, mais qui n’a certainement pas rendu la tâche de les mettre à mort plus facile pour Gunrak.

La caverne semblait couverte de ces huttes, toujours dans la même configuration; c’est probablement pourquoi nous nous sommes retrouvés, sans avertissements, près d’ennemis qui nous attendaient dans l’obscurité. Notre inattention nous ayant coûté quelques précieuses secondes, nos ennemis, des troglodytes et une parodie d’un sanglier de dimensions imposantes et possédant deux têtes, sans nul doute en hommage à Demogorgon, ont engagé le combat immédiatement. Notre groupe, trop étendu pour offrir une défensive soutenue, a connu un début d’engagement difficile. Le sanglier me chargea, me repoussant de plusieurs pieds et me laissant le souffle court, adossé à une hutte. Des créatures, toujours à l’extrémité de la lumière de ma torche et difficile à apercevoir, font pleuvoir une pluie de malédictions sur notre groupe. Par ces malédictions, Léanne est transformée en rat; Isom, en reptile. C’est dans cet engagement que nous constatons la fusion entre le lézard et Isom, qui se complémentent parfaitement sur le champ de bataille, malgré leur dédain apparent et évident l’un envers l’autre. Par le lézard, Isom peut répliquer aux attaques des créatures d’une position plus avantageuse. Malgré notre position initiale, notre groupe a connu plusieurs engagements et notre expérience nous sauve encore une fois. Nos rangs se resserrent rapidement et nos coups finissent par faire fléchir nos ennemis. Une fois toutes les créatures au sol, nous prenons quelques minutes pour identifier des structures sur le champ de batailles; des bacs d’eau visqueuse avec une forte odeur d’acide disposés près d’une faille apparemment sans fond équipée d’une système de poulies qui permet à deux créatures d’y descendre, ainsi qu’une large hutte faite de lichen et de boue.

Notre exploration de la caverne se poursuivit jusqu’à un charnier; une scène horrible où des troglodytes se trouvaient entassés les uns sur les autres, apparemment tous atteints du « cadeau » de Laogzed. Des cages, près du charnier attirèrent alors notre attention; une créature, un troglodyte, semblait lucide. Une conversation avec lui nous a permis d’identifier qu’un prêtre de Laogzed et son entourage se trouvait plus loin dans la caverne, un autre engagement qui nous attendait. De plus, le troglodyte, un ancien diplomate de son clan, nous indiqua connaître l’emplacement de la création des perles, l’origine du malheur de tant de créatures. Nous laissons alors l’ancien diplomate dans sa cage après l’avoir nourri et nous dirigeons vers le prêtre de Laogzed. Ce combat, court et efficace, cimente nos tactiques de combat. Dès notre arrivée, une statue imposante prend le contrôle de l’esprit d’Isom; en réaction, Léanne élève un mur illusoire autour d’elle, ce qui l’empêcha d’être un facteur dans le combat, un point tournant s’il en est un. Je me souviens m’être dirigé vers le prêtre et d’avoir été attaqué à trois reprises avant même d’avoir réalisé la provenance des attaques; les Boneclaw, des mort-vivants aux bras agiles et puissants de 15 pieds, venaient de se dévoiler. Tout se produisit alors très rapidement; je frappe le prêtre à la tête d’un puissant coup de craghammer, l’empêchant de réagir pendant plusieurs secondes. Gunrak charge le Boneclaw; son coup de hache faisant trembler la caverne de sa puissance et coupant pratiquement le bras de sa cible, maintenant retenu uniquement par quelques faibles tendons, une vision pathétique de l’état de nos ennemis. Léanne, d’un autre coup de génie, fait apparaître un trésor illusoire, attirant créatures et troglodytes et les paralysant sur place près de moi, seulement pour tomber sur nos coups réunis. Le garde du corps du prêtre, un archer, voyant le combat se retourner contre son groupe, tente d’attaquer l’arrière garde de notre groupe avant de revenir à mes côtés. C’était sans compter Gunrak, qui le coupa en deux à la taille avec un coup de hache d’une violence inouïe, son visage défiguré par la rage primale qui l’habite lors de combats.

Ce coup met fin au combat. La statue est ensuite détruite par nos assauts répétés, toujours derrière le mur illusoire de Léanne. La caverne n’a par contre pas fini de nous livrer ses secrets; la fissure et la cage du troglodyte semblent alors être nos prochaines destinations »

Kharas referme son lourd manuscrit et regarde au loin, pensif, considérant le chemin parcouru par son groupe jusqu’à ce point. D’un simple contrat de mercenariat à une campagne militaire contre la Crimson Fleet et de nombreux ennemis, ses alliés se sont développés comme de véritables soldats, capables de tenir les lignes du front des engagements et détruisant ennemis après ennemis, leurs tactiques s’améliorant à chaque combat. Kharas imagine alors son arrivée auprès de Moradin, sa légende ayant été vécue auprès d’elfes, d’un Goliath et d’un tiefling, et hoche la tête…

« Argh… » est le seul commentaire qu’il peut alors émettre, sortant sa pipe de son havresac.

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