Savage Tide d'Antoine

Scuttle Cove - Assaut du repaire du 7th Coil et destruction du Sept

Du journal d’Isom

Une journée bien remplie, sans l’ombre d’un doute. L’assaut de la Bird Cage, la destruction du 7th Coil à Scuttle Cove, et avec un peu de chance nous rencontrerons finalement la mystérieuse Tyralandi ce soir.

Après le difficile combat contre les mind flayers à la Bird Cage, nous avons donc décidé de prendre du repos. Nous tentâmes discrètement de trouver un havre sécuritaire, mais notre réputation semble s’être répandue dans la ville comme une traînée de poudre. Je dois avouer que je n’apprécie guère la situation, bien que cela soit au moins partiellement de ma faute. Nous fendons la foule comme des pestiférés ; les mimiques de certains badauds semblent indiquer qu’ils s’attendent éventuellement à ce que nous nous balancions tous au bout d’une corde, comme Kaskus Kiel ce pauvre nain druide des Jade Ravens.

Malgré tout, un des déshérité de la ville nous indiqua une planque potentielle, un aubergiste appelé Lars tenant place près de la Porphyry House, dans un endroit appelé le Rusty Shunt. Nous nous dirigeâmes donc vers ce refuge le plus discrètement possible, en espérant éviter une autre embuscade comme l’attaque du dragon la veille. Sur le chemin, nous croisâmes un étal de poisson contenant une de ses créatures difformes dont la rumeur emplit la ville. Je décidai d’en acheter un et de la cacher dans ma cape, en attendant de pouvoir l’examiner convenablement.

L’endroit semble solide et l’intérieur fait penser à des centaines d’auberges que j’ai traversé. Le Rusty Shunt est définitivement un lieu mieux famé que le bouge moyen de la ville. Nous commandâmes bière et pain, et je demandai audience auprès de Lars pour affaires.

Ce dernier sembla soucieux. Nous décidâmes de jouer cartes sur table et d’avouer que nous étions à la source de plusieurs troubles dans la ville. Il ne fut pas surpris ; il semble que son réseau de contacts soit bien établi et qu’il était pleinement conscient de qui nous étions. Il semblait néanmoins hésiter à prendre le risque d’héberger des fauteurs de trouble notoires. Il finit pas accepter, et nous fûmes diriger vers le cellier de l’auberge, et ensuite par une série de tunnels. L’endroit ressemblait à une planque en règle d’un mouvement de résistance, ce qui soulagea mes inquiétudes au sujet de Lars. Après tout, comme dit le proverbe nain : “À bière donnée, ne regarde pas la chope.”

Nous présentâmes la “clé” de bois donnée par Lars, ornementée de trois symboles :
  • point – point – trait
  • point – point – trait
  • trait

Ce code ressemble au vieux code des éclaireurs de Samorssen. Si c’est le cas, alors la clé indique les lettres “UUT” dans un sens, et “UIM” dans l’autre. Après toutes ces années, il est peu probable qu’il existe encore des samorssiens, mais c’était anciennement une principauté de Trinsic, donc il est possible que ce code provienne de la vieille armée de l’Empire. Enfin.

La chambre protégée de Lars était occupée par une cellule du Protectorat, dirigée par un nain artificier. Parmi cette cellule de résistance, nous trouvâmes aussi ni autre qu’un Tolin Kientai dépité, le chef des Jade Ravens. Il semble avoir repris la cause du Protectorat, dans le but de venger ses compagnons tombés au combat.

Nous trouvâmes aussi une vieille connaissance ; le dragonborn, paladin de Bahamut, qui nous a dirigé vers l’embuscade la journée précédente. Je mis la main sur mon arme, mais Kharas, anticipant ma réaction, stoppa mon geste. Il est vrai qu’il s’agit d’un dragonborn et qu’il nous guida dans une embuscade contenant un dragon, mais les preuves demeurent circonstancielles. Il est possible que nous étions suivis depuis un moment, et que les yuan-ti assassins avaient prévu notre passage sur cette petite place.

Malgré mes suspicions, nous exposâmes alors notre plan à Tolin et au nain artificier : Fort des informations de l’infernal de la Porphyry House, nous allions assaillir la Minting House, un repaire connu du 7th Coil par une porte dérobée, et tenter de défaire le chef du 7th Coil à Scuttle Coil, le yuan-ti anathema mieux connu sous le nom de Sept.

L’artificier sembla très heureux de cette nouvelle, et nous proposa de créer une diversion en attaquant la porte principale de l’édifice. Nous acceptâmes, cela nous assurant peut-être de ne pas se faire submerger à revers lors de notre assaut.

La leçon d'anatomie

Je profitai du moment de repos pour dépecer le mystérieux poisson mutant. Étonnamment, il semble tout à fait normal … pour un poisson abyssal. Ce n’est pas un poisson normal corrompu, mais bien un poisson importé de l’Abyssal Sea. Cela n’est pas réjouissant pour nous : Soit quelqu’un a ouvert un portail sous-marin vers la mer abyssale, soit il importe systématiquement ces créatures de l’autre plan. Je crains un artifice comme celui vu sur l’Isle of Dread ; deux plans rapprochés facilitant le transfert de l’un à l’autre. Si des poissons ont pu s’échapper ainsi, je crains que d’autres créatures plus grosses aient pu passer aussi. Ématurge présente des esquisses grossières de krakens ayant plusieurs centaines de mètres de long, mais j’ignore s’il faut le prendre au pied de la lettre.

Sur cette note peu encourageante, nous entreprîmes de panser nos blessures infligées par les mind flayers.


Le soir venu, nous quittâmes l’auberge de Lars séparément ; le nain artificier partant vers la grand’rue pour attaquer l’entrée principale, et nous, nous faufilant parmi les ruelles pour tenter de prendre l’entrée dérobée. Il fut difficile de se cacher, mais nous pûmes nous fondre à la foule de manière suffisante pour que Gunrak et Kharas trouvent l’entrée. Une explosion retentit alors de l’autre côté du bâtiment. Nous profitâmes de la confusion pour nous glisser discrètement par la porte dérobée.

Celle-ci conduisit à une pièce vide, suivie d’un long boyau descendant dans les profondeurs de la terre. Nous tentâmes une approche discrète, mais ce boyau semblait plus approprié pour la morphologie serpentine des yuan-ti. Le boyau déboucha directement dans la forge du 7th Coil, où des yuan-ti démesurés travaillaient le métal. Nous réussîmes à les convaincre de ne pas attaquer immédiatement, et nous prîmes avantage de leur hésitation pour nous mettre en position de combat.

À part deux gardes survoltés, les autres yuan-ti n’étaient visiblement pas des combattants. Ils se battirent vaillamment, mais notre effet de surprise eut tôt fait de les mettre en déroute. Farah eut la justesse d’esprit de stopper un des gardes en fuite, avant que ce dernier rameute le reste de la Minting House à notre présence. Une fois la forge sous contrôle, nous ne prîmes aucune pause pour examiner la pièce et filâmes vers l’antre du Sept, en espérant que la diversion du nain artificier n’ait pas fait long feu.

Le yuan-ti anathema est une monstruosité, un ensemble de six serpents plus ou moins fusionnés ensembles. Le résultat est une offense à l’oeil. Nous espérions un combat singulier, mais le monstre avait une garde importante autour de lui, le vénérant comme une sorte de demi-dieu.

Gunrak le Fou fonça aveuglément au travers des gardes regroupés, faisant flèche de tout bois, ou plutôt des pieds et des mains. Il passa comme un éclair flou au sein des troupes ennemis amassées devant le Sept, et pas moins de douze yuan-ti mordirent la poussière. Seuls deux énormes yuan-ti mages se relevèrent et fondirent alors sur le moine désarmé.

La Sorcière profita de la désorganisation des rangs ennemis pour attaquer directement le Sept. Elle ouvrit littéralement un canal entre elle et le monstre, et je sentis une quantité phénoménale d’énergie malfaisante se déverser d’Hallya vers le yuan-ti anathema. Le canal claqua ensuite comme une note de musique grinçante qui me fit serrer les dents ; le Sept lui-même sembla débalancé par la violence de l’assaut et se mis à suppurer un sang noirâtre et malodorant.

Le monstre se transforma ensuite en un pullulement de serpents et fonça vers Hallya. Nous tentâmes de le stopper dans son assaut dévastateur, mais le Sept demeurait insensible à nos assauts. Farah compris que le secret de son pouvoir résidait dans de mystérieuses runes qui alimentait monstre, et entreprit avec Gunrak de les défaire. Avec une seule rune restante, Kharas lâcha un cri de triomphe ; il avait finalement trouvé le point faible du monstre, et réussi à l’assommer.

Les gardes tombèrent ensuite les uns après les autres, mais furent remplacés par des zombis sortant d’un puits nauséabond au centre de la pièce. Gunrak tomba sous les assauts répétés des gardes restants, malgré mes tentatives répétées pour garder son corps défaillant en un seul morceau. Alors que la situation semblait désespérée, les coups du Sept se mirent à faiblir, et il s’effondra au bout de son sang.

Nous détruisîmes les gardes restants, mais je réussis néanmoins à convaincre le dernier yuan-ti survivant de baisser les armes et de coopérer. Je m’assis alors avec soulagement sur le corps du yuan-ti mort à mes pieds, surpris de voir Gunrak encore debout devant moi, les membres plus ou moins rapiécés par mes efforts arcanes. Je lui souris faiblement, les mains tremblantes. Même Kharas, le nain à la forte constitution soufflait comme une forge ; seule Farah semblait sereine, tant il est difficile de lire ses expressions sur sa tête sans visage.

Je note ici, avant de repartir, les tâches que je dois faire avant de les oublier :
  • Aller chercher Liamae Teslikaria, l’eladrin-mage des Jade Ravens, qui doit être à nouveau sur pied en ce moment.
  • Essayer de négocier avec les résurecteurs pour aller décrocher Kaskus Kiel de son support des pendus et d’essayer une résurrection sur lui-aussi.

Les Jade Ravens ne sont pas parfaits, mais on ne peut pas nier que nous avons besoin d’eux pour défendre Farshore.

Et aussi les questions à poser à notre prisonnier yuan-ti :
  • Le Sept devait répondre à quelqu’un, possiblement une créature abyssale. Quelle était-elle ? Où peut-on la trouver ?
  • Quelles autres forces et repaires du 7th Coil y a-t-il dans Scuttle Cove ?
  • Quel est votre liaison avec la Crimson Fleet ? Où peut-on le trouver ?
  • Sais-tu où se trouve le repaire des chefs de la Flotte dans les îles avoisinnantes ?
  • As-tu vu passer des humains prisonniers qui semblaient importants récemment ?

Je crois que cela couvre pour le moment nos inquiétudes. Évidemment, celles de notre yuan-ti sont toutes différentes. S’il pouvait lire ces lignes, il saurait qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Il rencontrera ses très chères abysses avant que cette journée se termine. J’espère qu’elles seront pour lui aussi réjouissantes que les missionnaires d’Erathis le prétendent.

Isom K.V.II

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Dans la Bird Cage

”|...| La Bird Cage était une petite tour de bois avec des décorations disgracieuses de harpies occupées à des actes réservés à des oreilles plus expérimentées, jeunes nains. Vers cette tour, que nous croyions contenir Lavinia Vanderboren et les membres survivants des Jade Ravens nous nous dirigions, armés de la conviction des justes. Comme à leur habitude, les rues de Scuttle Cove vibraient de rumeurs, notamment sur des poissons étranges qui auraient fait surface dans les eaux avoisinantes à la ville côtière.

La porte d’entrée de la Bird Cage n’était pas sécurisée et donnait accès à un petit vestibule où un hôte peu vêtu tomba prestement dans l’inconscience – ce qui m’amène au point de bien écouter les leçons de vos maîtres d’armes, les humains ne sont pas des êtres très résistants. Le registre de l’hôte nous informa qu’un dénommé Sar’Skris était venu récupérer un prisonnier, mais sans plus de détails. Lavinia ou un Jade Raven? Les réponses à nos questions se trouvaient sans nul doute derrière une porte piégée que Gunrak tenta de désamorcer. Il sembla alors apparent que la tâche allait être colossale – trois serrures et une protection magique se tenaient entre notre groupe et les secrets de la Bird Cage, qui n’allait pas les livrer si facilement; la deuxième serrure s’avérant trop coriace pour Gunrak, un lourd madrier s’abattit derrière la porte, empêchant son ouverture et scellant notre groupe dans le vestibule. C’était sans compter Hallya qui entra dans le Feywild et réapparu dans notre monde à quelques pas derrière la porte scellée. La scène qui l’attendit dut lui faire écarquiller les yeux; je ne pu le constater, puisqu’elle utilisa son lien avec le Feywild pour changer de position avec moi après avoir essuyé les assauts des défenseurs de la Bird Cage. Dès mon arrivée, certes déconcertante pour l’estomac nain le plus robuste, je remarquai Gunrak déjà à l’oeuvre – ses spectaculaires capacités de déplacements s’étendant aussi à la pierre sous nos pieds, notre demeure. Deux golems de fer titanesques flanquaient l’entrée et me firent rapidement sentir leur présence, abattant sur moi leurs lourds bras, des coups gourds et faciles à prévoir, mais qui firent vaciller mon bras de bouclier avec aise, me propulsant vers l’arrière mais me laissant suffisamment de temps pour déplacer le madrier et ainsi donner accès à la Bird Cage à Isom, Hallya et Farah. Titubant alors vers mes objectifs, deux Mind Flayers anormalement musclés qui se tenaient à l’arrière de la pièce, j’aperçu les deux étages supérieurs sur lesquels le premier étage était ouvert. Des arbalétriers s’y tenaient, vêtus à la manière de l’hôte que nous avions rencontrés dans le vestibule, faisant pleuvoir des carreaux sur moi et Gunrak qui se trouvait déjà à leurs côtés, ses coups perçant leurs défenses avec difficulté.

Les golems de fer et et les Mind Flayers au premier étage travaillaient dans une coordination parfaite et repoussaient facilement nos assauts, les golems séparant Tiefling, Eladrin et Changeling de l’engagement se déroulant entre les arbalétriers et Gunrak et votre humble serviteur et les Mind Flayers, infligeant des dégâts considérables à notre groupe. Devant me débarrasser constamment des tentacules insistantes des Mind Flayers, je ne remarquai l’Inquisiteur que bien plus tard; le maître de la Bird Cage, un troisième Mind Flayer à joindre le combat, se tenait près d’une cage de prisonniers qui donnait son nom à l’endroit à un étage supérieur, utilisant suggestions et cônes pour distraire et paralyser les membres de notre groupe assez malchanceux pour se trouver dans ses zones d’effet. Des secrets bien enfouis ont alors été murmurés par certains membres de notre groupe. Je ne regarderai plus quelques uns de mes compagnons du même oeil, mais Moradin soit loué, aucune image n’accompagnait l’énoncé des secrets. Malgré la qualité de nos adversaires, ce combat n’en était qu’un dans une longue suite pour notre groupe. Les Mind Flayers croulant éventuellement sous la puissance de nos assauts pratiqués à maintes reprises, seuls les golems se tenaient toujours devant nous. Ces constructions n’avaient pas d’âmes; comme tous leurs congénères, ce ne sont que des animations arcanes maléfiques. Gunrak exploita cette faille, les désactivant en déplaçant des runes sur leurs armures aidé d’Isom qui le guidait. Les défenseurs de la Bird Cage étaient finalement silencieux pour toujours.

Nous fîmes alors une rapide visite des pièces attenantes, où des pièces de platine et un journal attirèrent notre attention. Le journal indiquait qu’une pirate aux cheveux foncés était le prisonnier récupéré par Sar’Skris, une description ressemblant étrangement à une capitaine à qui nous avions eu à faire plus tôt. Aux étages supérieurs, le corps d’une eladrin, membre des Jade Ravens nous attendait aussi. Avec révérence, nous la récupérâmes avec l’objectif de lui redonner vie avec l’aide d’un rituel connu par Isom. La Bird Cage nous avait livré tous ses secrets, le temps était venu d’y mettre feu et de s’assurer de brouiller des pistes qui menaient dorénavant beaucoup trop facilement vers notre groupe.

À notre sortie, un diable rencontré à la Porphyry House nous applaudit poliment. Ce dernier, très bien informé, semblait posséder un accès direct à Tyralandi que nous tentions de rencontrer depuis notre arrivée. Il nous offrit alors un marché; Des informations sur la base d’opérations du 7th Coil et ses accès via la Minting House ou un immeuble abandonné et son chef Seven, un Yuan-Ti Anathema ainsi qu’une rencontre avec Tyralandi lors d’une fête privée en échange d’un raid de notre groupe sur la base d’opérations. Le 7th Coil s’étant clairement identifié comme nos ennemis, leur trépas ne nous amenait aucun remords mais la rencontre avec Tyralandi elle, était essentielle pour notre quête. Nous acceptâmes la proposition, mais refusâmes de signer le pacte faustien que le diable nous proposait – ce nain en a vu d’autres…”

Au son d’une cloche stridente derrière lui, Le jeune nain déposa la missive qu’il lisait au sein d’un porte-documents en cuir, qu’il laissa sur la table de la grande bibliothèque de Khuzdun et quitta la pièce, les anneaux de métal décorés du crâne fracassé qui ornaient sa barbe faisant un bruit sourd alors qu’ils quittèrent la table de bois sur lesquels le nain les avaient paresseusement déposés.


“J’ai tué de sang froid simplement pour sauver ma propre peau !” L’écho de la confession d’Isom résonne à ses oreilles, longtemps après la mort de l’inquisiteur. Le barde avait pratiquement oublié ce détail, une simple note de bas de page dans sa longue série de péripéties pour survivre dans le monde post-apocalyptique de l’après-Kyuss. Un meurtre de sang froid pour survivre, une vie pour une vie.

Isom suit, songeur, la table magique à laquelle est attachée la fille mutilée des Jade Ravens. Les porteurs infernaux trimballe la table sur les pavés inégaux de Scuttle Cove, leur présence seule suffisant à écarter la foule bruyante. Par instinct, la main brûlante du thiefling se porte sur la main glacée de la fille morte.

“Une vie pour une vie”, pense Isom. “Il n’est pas trop tard pour se racheter …”

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Scuttle Cove - Visite de la Porphyry House

Isom tousse violemment, crachant et secouant de ses vêtements ce qui semble être toute une brassée de terre et de poussière. Le sable soulevé par la bataille se re-dépose tranquillement dans la petite plaza, découvrant à nouveau le reste de Scuttle Cove. Dans un coin, un dragon de terre, créature majestueuse, repose, éventrée. Le corps meurtri du monstre s’auréole de marques de marteau et de tâche rosâtres, dénotant des pouvoirs dévastateurs du guerrier et de la sorcière. Même mort, le sol autour de la bête continue de vibrer silencieusement, soulevant délicatement la poussière de la place, nimbant le dragon effondré d’un halo translucide.

D’un saut nonchalant, le nain Kharas se laisse tomber prestement du toit d’un bâtiment sur le sol de la place. Un tanarruk à la langue de feu est étendu devant lui, face contre terre. Du nuage de poussière émergent la changeling et la sorcière. Le moine apparait derrière Kharas, comme s’il avait toujours été là. Isom se dirige vers le groupe et le tanarruk étendu. Le thiefling retourne le corps sur le dos, mais aucun doute plane sur le destin de la créature ; son âme est retournée aux abysses.

“La furie qui les a emporté à la fin est souvent fatale, malheureusement.” murmure Isom. “Dommage, j’aurais aimé en savoir plus sur ceux qui nous ont découverts.”

Le nain grommelle, secouant sa barbe remplie de terre. “Alors partons avant que plus de gens nous découvre.”


“La journée de la veille s’était pourtant bien déroulée,” pense Isom, en suivantle groupe hors de la plaza. “Après le combat difficile dans le Red Foam Whaling, cela a fait du bien de se mélanger à la foule du bazaar comme des badauds réguliers. Mes collègues ont fait de belles trouvailles, bien que j’aurais préféré encourager des marchands plus recommandables.”

“Enfin, j’ai trouvé quelque chose moi aussi. Le nain druide des Jade Ravens, pendu au milieu de la place des exécutions. Une discussion avec un marchand d’esclave autour de la place a indiqué que les Ravens auraient été trop indiscrets sur leurs questions à propos de la Crimson Fleet, et ils ont été promptement attaqués par leurs agents. Comme nous, finalement … mais avec moins de chance. Le marchand semblait dire que deux étaient morts, et que le reste avait été capturé.”

“La Porphyry House est un bâtiment magnifique, et porte bien son surnom de joyau du cimetière.” pense le thiefling. “Un grand jardin, un hall d’entrée monumental tendu de tapisseries de velours, ... Nous réservâmes une chambre pour la nuit auprès du maître d’hôtel, que Kharas tenta de soudoyer pour nous permettre de rencontrer la madame de la maison, maîtresse Tyralandi. Elle semble très occupée, mais celui-ci nous promis une séance avec la dame pour le lendemain.”

“Nous décidâmes ensuite de profiter des services de l’endroit. Kharas et Gunrak se dirigèrent vers le bar de bas étage, tandis que je décida d’accompagner Hallya et Farah vers le salon de beauté. J’avais un relent de yuan-ti et de succube dont je voulais absolument me débarasser …”

“La sorcière me surprend encore. Derrière cette frivolité apparente se cache un esprit aiguisé et retors. Elle a su dirigé la conversation des filles de salon vers les sujets qui nous intéresse, relevant quelques potins mondains de la plus haute importance pour notre quête.”

Isom sort son journal de sa poche de poitrine, et relit ses notes, tout en suivant le reste du groupe. Le nain grogne devant se manque flagrant de prudence, dans cette ville ou tout le monde est potentiellement un pick-pocket. Le thiefling sourit et continue à lire :

  • Mathilda, une fille demi-elfe de la Porhpyry House, est souvent demandée par des capitaines importants de la Crimson Fleet.
  • Il semble qu’un coup d’état ait eu lieu au sommet de la Crimson Fleet. Le mort-vivant Venthus aurait usurpé le pouvoir du Cold Captain Wyther et pris la tête de la Crimson Fleet.
  • Plusieurs capitaines se sont rebellés contre ce coup d’état. Ils semblent vouloir repartir à leur compte. Ceux qui sont loyaux à Venthus les appellent mutins et les pourchassent ; plusieurs de ces mutins auraient été pendus.
  • Apparemment, les gars de la Crimson Fleet se tiennent plus au Bird Cage, un établissement de bas étage, concurrent à la Porphyry House.
  • La Bird Cage était apparemment le refuge d’harpies démentes et auto-mutilatrices, mais l’endroit a été remplacé par des mind-flayers.
  • La Crimson Fleet se sert du Bird Cage comme endroit pour des interrogatoires et pour, hum, l’extraction d’information ...
  • Il est probable que les survivants des Jade Ravens ont été emmené là pour se faire dévorer par les mind-flayers. Il ne serait pas bon que nos ennemis en apprennent autant sur nous et sur Farshore!
  • Les anciens propriétaires du Porphyry House, avant Tyralandi, tenaient les filles en esclavage. L’endroit n’était guère plus qu’un endroit où les esclavagistes du 7th Coil écoulait leur marchandise.
  • Les filles semblent apprécier leur patronne. Elle semble très puissante et prend la défense de sa Maison dans ses propres mains à l’occasion.
    • Tyralandi est apparemment mi-nymphe, mi-succube. Capable de tuer avec sa beauté, ou un baiser. Un mélange explosif!
  • Les moines cannibales, le Monastery of Dire Hunger n’a apparemment plus le support de la ville. Il semble que toutes les autres factions les déteste, mais ils doivent avoir le support d’une partie de la population s’ils subsistent …
  • Les esclavagistes yuan-ti du 7th Coil sont proche de la Crimson Fleet, apparemment parce que les deux factions vénèrent la même entité.
  • Le Dealer’s Consortium et la Crimson Fleet entrent souvent en conflit, mais une paix vigilante semble s’être imposée entre les deux pour le moment.

“Le bain, les vêtements propres, ont fait du bien,” pense le thiefling. Il secoue encore la poussière de ses vêtements, gardant son journal dans un main. “Pour le temps que ça a duré … Enfin nous sommes descendu au bar par la suite, rejoindre Kharas qui s’était acoquiné, entre toute autre créature! d’un orc barman. Le githzerai était invisible, Kharas m’a fait un clin d’oeil qui m’en a dit long sur ses activités. Je m’en plaindrais, mais je crois que les prêtres farouchement chastes sont encore les pires.”

“Hallya s’est fait abordée par un dragonborn. Je m’en suis méfié, il était trop chaleureux pour une ville comme celle-ci, mais la sorcière est amplement capable de se défendre. Plus que moi, fort probablement.”

“Kharas m’a pointé la population du bar. Des yuan-ti dangereux dans un coin. Un diable en maraude dans un autre. Il affirme que ce dernier aurait tué un dieu dans une vie passée, avant d’être secouru par les forces infernales. J’eus été sceptique, si le lézard ne s’était pas mis à s’agiter à ce moment-là. Le diable était visiblement un de ces hommes perdus, ayant vendu son âme et étant mort et ramené à la vie au service de son maître. Il joue les dandy, se gorgeant de vins et regroupant huit filles autour de lui, mais je doute qu’il ne soit plus qu’une marionnette aux ordres d’un maître invisible.”

“Hallyah, Farah et Gunrak nous rejoignîmes au bar un peu plus tard. Farah nous indiqua que selon le dragonborn, les auberges de la ville sont peu sûres, et regorgent de voleurs. Mais il existe plusieurs planques du Protectorat, où lui et son groupe ont été à l’abri des pillards et des assassins.”


“La nuit a été tranquille.” pense Isom, repoussant nonchalemment un halfling accroché à sa bourse. “J’ai tenu un tour de garde, au cas où, et Kharas m’a rejoint au milieu de la nuit. Je lui ai parlé, brièvement, du passé. Il est le maître-stratège après tout, il se doit de savoir les forces et faiblesses de son équipe.”

“Je lui ai relaté mon temps passé comme barde itinérant sur les ports de la côte. Comment un bâteau de la Crimson Fleet a arraisonné le petit bateau de commerce qui m’amenait d’un port à l’autre, et comment il a emmené tout les gens valides comme esclaves. Je lui ai parlé de l’année passée dans le repaire miteux de la Flotte, à servir et amuser leurs barbares équipages. Comment les quelques Tannaruks de passage s’amusait à me battre à mort, étonnés qu’ils étaient pas ma résilience à leurs coups vicieux.”

“Et puis, la fermeture du repaire, et la relégation aux galères, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Si ce bateau de Sasserine n’avait pas été là pour nous libérer de notre torture …. Je ne suis pas croyant, mais à chaque fois que je vois ce fanion aux insignes de la reine des corbeaux, les larmes me montent aux yeux.”

“Je ne crois pas que Kharas ait été surpris. Depuis la chute du Dieu-Ver, ce genre d’histoire est légion. Les anciennes histoires du même genre, si populaires dans ma jeunesse, s’éteignent, car leur horreur est tout simplement trop commune.”


“Hum, Kharas … Tu crois que le dragonborn d’hier aurait pu jouer double-jeu ? Il est peut-être une succube, ou un incube, ou quoi que ce soit d’autre ? C’est de lui que nous tenons cette planque qui a servi d’embuscade.” Isom vide la terre de sa poche de poitrine, avant d’y replacer son journal de voyage. “Je crois que nous devrions lui payer une petite visite …”


Kharas tenta de demeurer stoïque devant l’histoire racontée par Isom, une des premières fois où le tiefling lui racontait son passé. “Désolé pour les Tanarruks. J’aurais arraché la langue d’un des sales orcs des Abysses vivant avec mes dents si j’avais su. Tu as raison pour le Dragonborn. Il semblait inoffensif, mais une visite ne fera aucun tort, sans doute”

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Scuttle Cove - havre du Chaos (partie 2)

Les Tanarukks n’étaient préparés pour un groupe d’aventuriers tel que le nôtre; les rangs du groupe de recruteurs de la Crimson Fleet furent rapidement investis par Gunrak, dansant sur le champ de bataille entre eux, les frappant avec genoux, coudes, poings et pieds; lorsque ma vieille carcasse se rendit finalement à distance de marteau, certains étaient déjà sur le dos, massant divers maux et tentant de s’appuyer sur leurs armes pour se relever.

“Ce salaud de ”/campaigns/savage-tide-d-antoine/characters/gunrak-monk" class=“wiki-content-link”>Gunrak"

me dis-je alors, avant de diriger mon craghammer vers le genou exposé d’un Tanarukk toujours debout.

L’état des Tanarukks au début de l’engagement n’était peut-être qu’une indication du résultat du combat à venir. Le sourire de Moradin était sur nous; malgré l’agressivité naturelle des orcs des Abysses, leurs tactiques étaient trop simplistes pour contrer des vétérans tels que nous étions en train de devenir. Les spectateurs, dont le support basculait entre les Tanarukks et notre groupe depuis les premiers coups portés, se rangèrent finalement derrière les héros de Sasserine, allant même jusqu’à retenir un Tanarukk alors qu’il tentait lâchement de s’échapper.

Nos exploits n’ont certes pas passés inaperçus dans cette ville perfide; nous venions d’annoncer notre arrivée à la Crimson Fleet, la subtilité n’ayant pas semblé croiser l’esprit d’Isom alors qu’il se mit à railler les Tanarukks. Ce dernier, après quelques invectives de ma part, expliqua avoir un compte à régler avec ceux qui portaient l’étendard de la flotte rouge écarlate et que les Tanarruks étaient un exutoire de ses démons intérieurs, une vengeance pour des actions proférées il y a plusieurs lunes. La suite allait devoir attendre; Isom est un tiefling de peu de mots, malgré ses talents oratoires.

Les mots d’Isom nous accompagnèrent jusqu’au Red Foam Whaling Inn, lieu d’une industrie de transformation baleinière abandonné sur les docks au sud de Scuttle Cove. À notre arrivée, les rumeurs murmurant que l’endroit était hanté semblaient réelles pour l’observateur peu aguerri; des bruits effrayants et des craquements réguliers étaient facilement audibles. Ces bruits lorsque nous nous approchâmes du bâtiment, s’avèrèrent n’être que le bruit du vent glissant à travers mobiles et pendentifs autour de l’immeuble de deux étages, dont l’apparence extérieure ne laissait rien entrevoir de l’embuscade qui nous attendait à l’intérieur.

Dès notre entrée, il m’apparut évidemment que l’utilisation réelle de l’immeuble était camouflée; de la poussière habilement saupoudrée pour couvrir des traces de pas au sol, les empreintes soigneusement essuyées sur les outils placés pèle-mêle…
“Un repaire parfait pour Harliss”,
me dis-je d’abord. J’eu horriblement tort.

Harliss, se trouvait sur un quai à quelques mètres devant nous, recroquevillée de douleur sur elle-même sous de massives chaînes servant au transport de baleines pendant du lointain plafond du Red Foam Whaling. Mes jambes me propulsèrent immédiatement vers l’avant à son secours. Heureusement, mes jambes courtaudes me laissèrent suffisamment de temps pour localiser l’archer dont la flèche venait de percuter Gunrak en pleine poitrine sur une passerelle en hauteur; un Yuan-Ti embusqué, bientôt suivi d’un deuxième sur un quai à l’arrière du Red Foam Whaling. Gunrak, le calme au centre de la tempête créée par le piège tendu par les Yuan-Ti, se dirigea vers son assaillant et le propulsa en bas de la passerelle d’un coup de genou dévastateur. Le Yuan-Ti, se remettant de sa chute rapidement, plaça Harliss en joue avec son arc et nous attendit, défiant. Moi et Isom ne furent que trop heureux de répondre à son arrogante invitation. L’archer Yuan-Ti, dont l’esprit bascula rapidement sous le contrôle de FarahFarah vit ses défenses percées par nos attaques féroces, nourries par le désir de protéger Harliss. Harliss, qui embrassa Isom dès son arrivée à ses côtés après avoir salué son courage… Pourquoi un tel acte alors qu’elle était l’otage d’un Yuan-Ti? Mes sens alertés reflétèrent le doute de Farah qui reconnaîtrait un changeur de formes parmi cent visages inconnus; une diablesse, une succube, était à l’oeuvre. La tentatrice se révéla à notre groupe avec ses ailes de chauve-souris, empoignant Isomen le maintenant sous son contrôle par un baiser éternel, l’utilisant même pour parer l’un de mes puissants coups de craghammer, le laissant en piteux état.

Isom le tiefling aurait laissé son âme dans le Red Foam Whaling si ce n’était d’Hallya. L’eladrin utilisa le pouvoir de téléportation qui caractérise sa race pour permuter sa position avec Isom et explosa littéralement dans une gerbe de feu avant de disparaitre sous les yeux ébahis de la succube, la laissant brûlée vive, tout comme mes mains gantées. Même l’arrivée du chef du groupe, que l’un des archers nomma Sangsue, ne purent apaiser notre furie alors qu’Isom était sain et sauf en haut de la passerelle. La succube, l’archer Yuan-Ti et la Sangsue avaient perdu l’effet de surprise initial et ne tenaient plus notre capitaine sous leur emprise. Leurs âmes retournèrent vers les dieux qui les protégeaient et leur mort ne fut pleurée par personne. Un Yuan-Ti tenta de s’échapper dans les eaux noirâtres du port de Scuttle Cove. Gunrak Monk et moi plongèrent à sa poursuite, le rattrapant rapidement.

Maintenant, si un lecteur de ces mots tentait d’imaginer un nain en armure d’écailles de wyverne avec un lourd bouclier plonger dans l’eau boueuse d’un port reculé à la suite d’un Yuan-Ti en fuite, je veux indiquer que Moradin protégea ce nain toute sa longue vie jusqu’à ce qu’il écrive ces lignes et que rien n’indique qu’une malédiction ne frappera pas celui qui tenterait de ternir sa mémoire avec d’impures pensées…

Le Yuan-ti capturé, qui s’avéra coopératif après quelques mots doux d’Hallya, quelques droites bien placées d’un nain dont le visage et le sourire indiquaient que d’autres étaient en réserve et de la scène d’Isom préparant un noeud dans une lourde chaîne pour son cou, nous appris qu’il était un membre du 7th Coil, un assassin sous les ordres de la Sangsue, un Yuan-Ti aux dimensions imposantes qui lui avait ordonné d’attaquer le groupe d’aventuriers qui allait se présenter au Red Foam Whaling, qui s’avéra n’être qu’un repaire du Protectorat, une des nombreuses organisations de Scuttle Cove. Bien qu’ignorant où précisément se trouvait Harliss, l’assassin savait que la capitaine avait été transférée à des contacts de la Sangsue, rien de plus. Isom pris la décision de le relâcher, nous laissant déchiffrer les mystères du Red Foam Whaling nous-mêmes; dans une pièce d’où la Sangsue avait rejoint la mêlée décorée de peaux de serpents gigantesques, nous trouvâmes une lettre de Zimon Alenveer indiquant que le porteur était un allié de Tyralandy et de l’assister par tous les moyens possibles, de même qu’une boucle d’oreilles en forme de Marilith appartenant à Harliss.

Les mystères de Scuttle Cove ne semblaient que s’épaissir alors que notre groupe laissa le Red Foam Whaling derrière et se dirigea vers la Porphyry House, qui nous l’espérions alors, allait être l’endroit où nous allions trouver des réponses à certaines de nos interrogations.

Un bruit sec fit tourner la tête casquée de Kharas Skullcrusher vers la droite alors que l’encre n’avait pas encore fini de sécher sur la page du manuscrit des Skullcrushers où il couchait ses souvenirs quelques secondes auparavant. Adossant le livre sur un rocher avec révérence, il empoigna son craghammer et se leva, faisant grincer les gonds de son armure et alertant quiconque à plusieurs mètres de son état d’alerte. Riant d’un rire gras, Kharas fit face à la créature qui prenait place à l’embouchure du camp magique de son groupe, observant le nain encapsulé de métal avec surprise, et leva son craghammer pour un autre engagement. Si les cris de la créature où les grincements de l’armure, réveillèrent ses compagnons, Kharas ne l’apprendra jamais.

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Scuttle Cove - Havre du Chaos

La foule se sépare en lançant des insultes, formant un cercle braillard autour de cinq monstres du chaos, champions de Scuttle Cove, et de cinq pieds tendres, fraîchement débarqués dans la ville du chaos. Une eladrin à l’air ennuyée. Une changeling à l’aspect chatoyant. Un nain à l’impassibilité de pierre. Un githzerai au sourire carnassier. Et un thiefling, enflammé par un courroux propre à sa race.

Tendres ? Isom souhaite le contraire. Alors que la foule se place en rond autour d’eux, le thiefling se met à regretter son action intempestive. Farah affirme d’une voix nerveuse qu’il s’agit de Tanarukks, des orcs qu’on a envoyé aux abysses pour recevoir du sang de démon. Résistants au feu, ils sont aussi reconnus pour leur agressivité et leur sauvagerie sans borne. Isom le sait bien, le vieux barde se souvient.

Tanarukks

Isom se souvient d’un an de captivité, à travailler dans le bouge d’un repaire de la Flotte. Il se souvient d’un Tanarukk de passage, qui avait souhaité s’amuser au dépens d’un de ces enfants infernal, d’un thiefling. Le vieux barde n’y avait survécu que par sa résilience, et son expérience dans le traitement des blessures. Sa raison le porte au calme, mais le passé, tout comme la foule, demande de voir couler du sang. Du sang pour du sang.

“Comment en sommes-nous arrivé là ?” murmure le barde, étouffé par les cris de la foule.


Dix-neuf jours plus tôt, Khala. L’aspect de Demogorgon défait, Isom et ses compagnons entreprirent d’étudier le temple. Le repaire du démon était manifestement un ancien temple olman, et les multiples salles attenantes remplies d’urnes anciennes en témoigne. Malheureusement, l’action du temps et de l’humidité avaient complètement effacé les bas-reliefs olmans attestant de l’utilité originelle du temple. L’utilité actuelle ne faisait guère de doute, par contre.

Un laboratoire élaboré, témoignage du génie alchimique de Khala, occupait une des salles attenantes. L’étude des notes et des alambics permit de comprendre comment les perles abyssales étaient polies. Kalah laissait macérer des coeurs, cerveaux et muscles dans des urnes avec ses sucs gastriques, ces organes étant enlevés avec leur propriétaire encore vivant, nulle doute grâce à un procédé arcane avancé. Le démon avalait ensuite la perle avec le mélange d’organes pré-digérés. La perle passait un mois dans le ventre de la bête, mois où Kalah devait la nourrir d’environ une centaine de victimes.

Le nain, du clan des Foaming Mug, confirma ces propos. Il ajouta d’ailleurs que c’est ainsi que finit Noltus, digéré vivant alors que le démon crachait sur lui ses sucs gastriques immondes. Une fin ignoble.


Alors que Farah préparait la destruction du temple démoniaque par le feu, un message parvint au nain : Farshore a été attaqué ! Il semble que la malédiction du patron de Khala ait frappé la colonie ; un éclair rouge est tombé à l’extérieur de la ville, et une créature morte-vivante accompagnée de Barlguras a attaqué et kidnappé Lavinia. De la description sommaire, Kharas déduit qu’il s’agit d’un deathknight sur un nightmare, une créature de cauchemar en effet. Isom conclut que la dernière faveur du Général Ghorvash a été de ramener son prisonnier, le vil Vanthus, d’entre les morts…

L’équipe se mit alors sur le chemin du retour, emportant les balistes de tonnerre prises au temple olman. Deux jours de marche à travers la jungle, suivie de deux jours sur la Sea Wyvern conclurent ce retour vers Farshore. L’équipage confirma l’information préliminaire reçue, et ajouta ce détail : Meravanchi voulait abandonner la colonie, damnée selon lui par la mauvaise chance. Qui plus est, les Jade Ravens eux-mêmes avaient quittés la ville pour aller sauver leur maîtresse par eux-mêmes. Ils semblent avoir pris le départ pour Scuttle Cove avec la Blue Nixie, abandonnant la colonie à son sort.


La révélation de la présence de multitudes de perles dans les villes du monde sembla convaincre Meravinci de rester sur place. L’équipe se mit donc à préparer un voyage vers Scuttle Cove, à quatorze jours de voile de la colonie.

L’étude de la tombe de Vanthus confirme les craintes d’Isom ; il a bien été réanimé. L’étude du manoir attaqué montre l’énorme trou laissé par l’assaut du mort-vivant ; Gunrak identifie la marque du feu et d’une énergie nécrotique. L’interrogatoire du jardinier tué lors de l’attaque est sans équivoque : Le monstre mort-vivant a affirmé venir prendre sa soeur et l’amener à son supérieur, le Cold Captain Wither. L’esprit du mort renchérit : Les barlguras portaient l’insigne même de la Crimson Fleet.

Le nain des Foaming Mug, ancien de la Crimson Fleet, répondit aux nombreuses questions de l’équipe. Leurs recherches découvrit ceci :
  • Scuttle Cove est gouverné par cinq factions principales :
    • La Crimson Fleet, que l’on connait bien.
    • Le 7th Coil, avec lequel Vanthus a travaillé, ce qui suppose une alliance avec la Flotte.
    • Le Dealer’s Consortium qui s’occupent des marchands et de la drogue de la ville.
    • Le Monastery of Dire Hunger, une communauté cannibale.
    • La Porphyry House, qui s’occupent des bordels de la ville, et qui est souvent considérée comme neutre, vu les informations que la maison possède sur tout le monde.
  • Ces factions sont toujours plus ou moins en guerre les unes avec les autres, mais sont prêtes à s’allier si une menace plane sur la ville.

Fort de ces informations et des cartes prises lors de l’assaut de la Crimson Fleet sur Farshore, l’équipe s’embarqua sur la Sea Wyvern et pris le large vers la cité du chaos, Scuttle Cove. À mi-chemin, un rituel de rêve pris contact avec Hallya : Harliss, ancienne captiaine de la Flotte abandonnée au Kraken’s Cove a reconnu son ancien amant Vanthus de retour dans les rues de Scuttle Cove. Elle demande que l’équipe prenne contact avec elle à une taverne appelée le Red Foam Whaling, où elle recherche vengeance de la Flotte sous le manteau du Protectorat, une autre faction inconnue de la ville.

Avec elle se trouve Tyralandy, probablement la tête de la Porphyry House, et qui connaitrait l’île secrète où se cache le Cold Captain. Et donc probablement Lavinia.

Après étude du port repoussant de Scuttle Cove, Kharas entreprit plutôt de cacher la Sea Wyvern dans une baie reculée et d’entrer à pied dans la ville.


Les portes de la ville n’étaient pas gardées, probablement parce que ses habitants sont tous capables de se défendre par eux-mêmes. La ville empeste la mort, et des créatures maléfiques paradent en toute impunité de par les rues. Des barlguras accostent les passant, les pressant sous menace de joindre la Flotte.

Les rues tortueuses et les habitants peu coopératifs firent tourner les nouveaux arrivés en rond pendant un bon moment. Un marchand, grâce à une récompense, consentit à diriger les aventuriers dans la bonne direction ; le Red Foam Whaling se trouve près des quais, à la limite de la ville. Il les mit en garde cependant ; des rumeurs veulent que l’endroit soit hanté. Ce qui serait surprenant, c’est qu’il le soit plus que toute cette ville, est probablement la pensée qui traverse tout le groupe.

Le groupe arrive sur les quais juste à temps pour voir une rixe éclater entre des barlguras et un marin récalcitrant. Kharas et Gunrak sont prompt à montrer qu’il s’agit d’une diversion ; alors que les autres regardent la bataille, des créatures prennent position autour d’eux.

Isom finit pas les remarquer. Mais alors que le groupe tente discrètement de s’éclipser, ce dernier se mets à les railler. L’agressivité naturelle des Tanarukks prend le dessus, et ceux-ci s’avancent vers ce thiefling arrogant. Peu habitués à ce genre d’attitude, ils hésitent un instant, ce qui laisse le temps à la foule de s’écarter.


“Et nous y sommes” murmure Isom, qui s’avance vers les monstres.

Sa raison lui siffle de taire cette soif insatiable de meurtre, de calmer cette agressivité bestiale. Mais le battement de son coeur, au même rythme que la foule, étouffe tout autre son que ce désir de violence, ce besoin de vengeance.

Le sang pour le sang. Finalement.

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Victoire sur l'aspect de Demogorgon

L’écume qui parvenait au visage du nain, assis à la proue du Sea Wyvern alors que le vaisseau fendait les flots d’une mer calme, faisait un grand bien à Kharas, allégeant son esprit de la campagne militaire dans laquelle son groupe était engagé suite au patronage de Lavinia Vanderboren. Malgré elle, cette campagne avait pris une magnitude insoupçonnée, menant même les compagnons devant un terrifiant aspect de Demogorgon, terrible Prince des Démons. Kharas, le lourd manuscrit des Skullcrurshers posé sur les genoux, trempa une plume de diatryma dans un récipient d’encre noire et la posa sur une page blanche du manuscrit dont la couverture était ornée des armoiries du crâne et du marteau, dirigeant sa main pour former l’alphabet nain, la qualité de la calligraphie surprenante pour un nain avec autant d’affinités pour les arts de la mort.

Je n’ai jamais été un nain des montagnes, un Gold Dwarf. Mes cousins des montagnes de Thorborum, des princes forgerons comme Moradin n’en créera jamais plus, prennent leur premier souffle jusqu’à leur dernier sous terre et retournent devant la forge du Père de la Création avec un sourire au visage, une vie bien vécue en défendant leur clan en se dévouant au Père et en combattant contre les ennemis de leur peuple derrière leur barbe. Je suis un nain des collines, un Shield Dwarf. nos ancêtres des Longbeards, des Skullcrushers et des Foaming Mugs, ont un jour levé la tête vers le haut et se sont demandés ce qui se trouvait par dessus leurs montagnes. Ces trois clans ont alors marché à la surface et n’en sont jamais tout à fait revenu, fondant la forteresse de Khuzdun, qui défend à ce jour le passage de Thorborum. La forteresse, bâtie à l’image des nains qui l’habitent, est immobile et imprenable, ses murailles de roc éternelles devant les ennemis des nains. C’est à Khuzdun, sous la constellation du marteau et la voute étoilée que j’ai pris mon premier souffle. Oui, je ressens l’appel de la terre comme tous les Shield Dwarfs. Mais lorsque j’y suis témoin de la perversion des Démons et des créatures du chaos élémental, mes oreilles demeurent sourdes à l’appel des souterrains. Mon marteau pour le lever du soleil à la proue de la Sea Wyvern!

Cette histoire, par contre, se déroule sous la terre, dans un domaine que même les Gold Dwarves les plus intrépides n’ont jamais vu; elle n’est réjouissante que puisqu’aucun de mes alliés n’y a laissé la vie:

Sous l’ancien empire olman de Thanaclan, notre groupe venait de renvoyer un beholder vers les machinations de son créateur pour l’éternité. La salle dans laquelle nous nous trouvions pour livrer ce combat était une ferme de perles, des Shadow Pearls; ces perles, lorsque recouvertes de sang, explosaient et transmettaient une affliction si vile qu’elle avait le pouvoir de détruire des nations de l’intérieur, corrompant leurs fils et filles en les faisant basculer dans la déchéance de la barbarie et des conflits internes. Une de ces perles avait déjà explosé sur l’Isle of Dread… Nous ne pouvions laisser l’une de celles qui se trouvaient devant nous propager à nouveau mort et destruction. Le liquide qui permettait de gaver les perles, une boue rouge des Abysses, des têtes d’insectes macérées et un fluide odorant, du sang de diable (rien de moins), des tuiles de cuivre où des notes concernant la création des perles, les titanesques huîtres des Abysses ainsi que les perles elles-mêmes furent regroupés au centre de la pièce et détruits à travers l’image illusoire de Farah. Sur une des tuiles en cuivre, un être nommé Khalah était mentionné. Le seigneur du Beholder, Khalah n’était à ce moment pour nous qu’un concept, qu’un nom; nous ne pouvions savoir que la destinée de notre groupe allait être à jamais lui être attachée.

Poursuivant notre exploration des tunnels du miroir souterrain grotesque de l’empire de Thanaclan, des sources thermales, des tunnels emplis de boue, de monticules de sable et des tunnels avec des mares d’eau stagnantes nous attendaient. BoueDans l’une de ces mares, un Hezrou aussi, nous attendait. Puissant démon des Abysses, habile à effectuer des tâches pour leurs maîtres et pas spécialement intelligents, ces démons étaient de biens faibles indicateurs de ce que nous allions rencontrer ensuite. Inconscients, nous détruisîmes ce Hezrou et les renforts qui vinrent à son appel guttural, un autre Hezrou et deux Koprus. Dominé durant ce combat (comme dans le suivant, d’ailleurs), je me rappelle avoir perdu contrôle de mes mouvements et avoir été terrifié de l’effet que mon craghammer aurait pu avoir sur une cible comme Hallya ou Farah. Je ne peux par contre rien y faire; bien que l’esprit des nains soit obtus et têtu, les créatures du mal n’y voit qu’une arme, un instrument contondant.

Khalah. Ce simple mot ne pouvait exprimer la terrible magnificence de l’aspect de Demogorgon Khalarencontré dans un temple peu après cette altercation. Khalah, un tanari’ri de 18 pieds de hauteur, nous est apparu sous la même forme que Demogorgon lui-même; un reptile avec deux têtes de Mandrillus sphinx, des bras massifs se terminant par des tentacules… cette description ne permet pas de réaliser la puissance brute qu’y émanait de cet aspect, son regard dominant le champ de bataille alors que nous engagions ses sbires dans SON temple, une pièce d’une taille rivalisant avec le plus grand des halls nains occupée en son centre par une mare d’un liquide acide, de lourdes colonnes y émergeant jusqu’au plafond perdu dans la noirceur. Juché sur un autel au centre de la mare acidifiée et des brasiers vomissant des énergies élémentales, Khalah nous appelait au combat, trop confiant, imbu de lui-même comme seul les démons peuvent l’être. Je me souviens avoir pensé à ce moment:

“Un diable nous aurait embusqué avec des forces supérieures, merci à Moradin que ce soit un démon” – jusqu’à ce que le combat débute. Les démons sont peut-être trop confiants, mais leurs habiletés leur permettent de l’être. Se téléportant sur son autel à chaque fois que mes compagnons réussissaient à l’en extraire, Khalah attaquait tantôt avec sa queue, tantôt avec son regard et sinon avec des attaques dévastatrices à distance. Farah, affinant ses techniques, me suggéra tout au long du combat de façon télépathique des ouvertures avantageuses pour mon marteau. Comment la femme aux milles visages peut connaître ces ouvertures est hors de la compréhension d’un fils de la forge, mais ses suggestions étaient toujours justes; Khalah, dans sa furie, laissait des ouvertures béantes dans ses défenses, que moi et mes compagnons exploitions à plusieurs occasions. À un certain moment, alors que je venais de me ressaisir du regard dominateur de Khalah, il m’est apparu évident que la bataille tournait en notre faveur. L’aspect de Demogorgon baissa soudainement les épaules, ses sbires tombèrent ou fixaient un point au loin avant de basculer – la fin approchait.

Notre énergie alors renouvelée, Khalah fut vaincu par les héros qu’il attendait pour sacrifier à son maître Demogorgon, par les forces du bien. Son corps détruit, une fumée noire se solidifia pour un message du maître, du Prince Demogorgon. Devant Gunrak, qui, à son crédit, resta sur ses pieds et ne recula pas d’un centimètre, le démon nous transmis une malédiction finale – Gargavash, le corrupteur de Vanthus Vanderboren, allait nous accorder dorénavant une attention particulière et un rire démoniaque, comme il se devait.

Étrangement, cette malédiction eut sur moi un effet moins important que la rage que je portais à ce moment envers le nain dont l’épais cou se trouvait écrasé sous la plaque de genou de mon wyvernscale armor dont la tête chauve – un signe de déshonneur – basculait dangereusement près de la mare acidifiée. Le nain, du clan Foaming Mug, était une liaison de la Crimson Fleet auprès de Khalah et de son opération de production de perles. Les informations qu’il nous donna à ce moment, bien qu’extraites sous la torture, lui sauvèrent la vie. Pour un nain, le clan représente plus que la somme des vies de ses membres; un nain sans clan est une coquille vide, un nain qui ne peut se tenir épaule à épaule avec un frère pour former la formation militaire du Dwarf’s Fist ou recevoir la bénédiction de son roi est déjà mort. C’est pourquoi je ne pouvais le laisser basculer dans l’acide qui grugeait déjà l’arrière de son crâne suite à l’interrogation musclée qu’il venait de survivre. Les Foaming Mugs sont un clan accueillant, des brasseurs de bières, comme leur nom l’indique. Il y a 40 ans lorsque ce nain a été exilé, J’étais à Khuzdun, au début de ma quarantaine, apprenant l’art qui a a donné le nom à mon clan auprès de dwarven defenders, sur les murs de ma cité. Nos regards se sont peut-être croisés, nous avons peut-être partagé une chope dans une taverne; un nain ne devrait jamais être loin de ses frères aussi longtemps. Je ne sais pas ce que je vais faire de ce Foaming Mug, bien qu’il ne porte plus depuis longtemps les armoiries de la choppe fumante, symbole qui ne manque jamais de faire sourire un nain – et toutes les races sensées – de ce monde. Mon cerveau, mes bras et mon marteau penchent vers son annihilation mais mon coeur veut savoir pourquoi, pourquoi cet exil et cette alliance avec la flotte à l’étendard pourpre. Se soumettra-t-il à la loi de la colonie pour ses crimes ou devrons-nous le renvoyer vers le Premier Forgeron pour son dernier jugement?

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Toujours plus bas dans Thanaclan

Du journal d’Isom

Plus bas, toujours plus bas … Même le lézard semble mal à l’aise ces jours-ci. L’ancien temple, ultime gardien des secrets olmans, semble constamment soupirer et nous ramener les effluves nauséabondes de ses derniers occupants. Trop, beaucoup trop de puissances chaotiques autour de nous.

Mes compagnons m’ont fait confiance pour l’arme du dieu olman. Je ne peux me sentir autrement que mal à l’aise, d’avoir un esprit de plus pour m’espionner au-dessus de mon épaule. L’âme de l’arme semble bienveillante par contre, et tenir la poignée de cette chantelame d’éclair et de tempête semble éclaircir ma vision et remplir mon coeur d’énergie nouvelle.

Peut-être que la soudaine mélancolie du lézard n’est au fond qu’une once de jalousie. Je ne m’en plaindrai pas !


La journée a commencé difficilement. En sortant de la salle du soleil et de la lune, nous activâmes toute une batterie d’anciens pièges. Des lames tombèrent du plafond juste devant le nez de maître Skullcrusher, qui lâcha un juron nain que je ne traduirai pas ici. Immédiatement après, une énorme pierre jailli du mur au fond de la pièce et se mis à rouler vers nous. Gunrak, Farah et Kharas traversèrent le mur de lames et prirent refuge plus loin, tandis qu’Hallya et moi retraitâmes dans la salle de l’artéfact.

Golem de Sable

La pierre nous isola ensuite de nos alliés, mais je pus entendre des cris de douleurs étouffés. Je regardai Hallya, et la rage m’emplit devant mon impuissance à pouvoir aider mes alliés. La pierre roula dans l’ancienne salle et, à mon grand désespoir, détruisant les statues olmanes immémoriales. Mais Hallya était déjà devant, combattant une immense créature de sable. D’un geste presque négligent, la sorcière fit exploser le golem dans un nuage d’énergie nécrotique qui pulsa dans la moitié du vaste corridor. Je chargeai la bête assommée et déversai ma rage sur lui, et il s’effrita sous le vent de tempête du poing de Motuclaha.

Gunrak finit ensuite de désactiver la série de pièges. J’assistai Farah, qui semble avoir été poussée par un autre de ces monstres dans un piège qui l’a envoyé valser sur les pierres du corridor. Kharas indiqua que ces monstres s’étaient déversés du plafond, que c’était probablement des constructions, des gardiens de l’ancien temple. Le poing de Motuclaha a semblé confirmer, et peut-être a-t-il été un peu déçu par mon empressement à démolir ces oeuvres olmanes.


Nous descendîmes quelques marches, qui menèrent à un carrefour. L’imperturbable moine entendit des voix dans l’embranchement descendant plus bas, et nous nous empressâmes de nous mettre en position de combat. Après le Seigneur des Cendres, les chances de croiser un autre allié ci-bas étaient astronomiques, et l’intuition de Gunrak vit juste ; des créatures du chaos nous attendait.

Le combat fut bref, quoique intense. Gunrak amena une des créatures à nous et Farah en envoûta une autre. La sorcière et le guerrier martelèrent les monstres qui semblaient visiblement affaiblies loin de leur boue acide protectrice.

Ne voulant nous risquer dans la boue pour tout de suite, nous choisîmes de progresser vers le corridor sur terre ferme.


Le corridor nous mena à une collection d’immenses outils de pêche et d’urnes remplies de liquide nauséabond. L’odeur seule aurait suffit à me repousser si le nain et le githzerai n’étaient pas partis plus loin. J’étais à essayer de désactiver la forte émanation magique des urnes lorsque la voix blanche de Kharas me rejoignit. Des huitres géantes ; nous fîmes le lien immédiatement ; les perles d’ombre. Des olmans skinwalkers à peau de tigre étaient au milieu d’une séance de gavage, et nous comprîmes à quoi servaient les urnes. L’idée seule est suffisante pour me lever le coeur. Boire un tel liquide, quelle horreur, quelle abomination …

Beholder

Le moine nous fit signe ; beaucoup d’yeux plus loin dans la pièce ; aucun doute permis ; un beholder alchimiste, un autre ! Nous chargeâmes l’immonde bête et ses servants.

La bête fut sans pitié, ses rayons décimant mes compagnons et moi-même d’afflictions démoniaques. Voyant Hallya étouffer sous les coups de la malédiction d’un oeil de mort, je la lui volai, et dans un hoquet de souffrance, purgeai trois afflictions d’un coup. Le reste du combat se déroula sous un voile frénétique cramoisi, où je vis vaguement Farah encourager frénétiquement un Kharas soufflant comme une forge à démolir la bête assommée. Je devinai la marque d’Hallya sur le front éperdu du monstre, le brûlant mieux que le fer fondu, ainsi que les claquements secs du Ki du moine écrasant ses yeux tentaculaires.

La bête me regarda une dernière fois, d’un oeil tuméfié et rempli de hargne … et je ne pus le supporter. Je retournai à cet oeil une vague de flammes infernales ; le don maudit des forces du mal vers une autre puissance des ténèbres. Mes compagnons me réveillèrent peu après, la bête morte aux pieds d’un Kharas encore écumant.


Un vague murmure semble remplir cette salle, à peine étouffé par l’eau gouttant sur le sol couvert d’eau saumâtre. J’écrit ceci sur les marches menant à la pièce, où on semble entendre les huitres géantes conspirer doucement entre elles. Leur couleur de jais, striée de rayures rouges comme le sang, rappelle l’essence pourpre du dragon noir de Golismorga.

Notre devoir est clair. Je sens palpiter le poing de Motuclaha dans son fourreau. Une rage m’emplit à la pensée de la quantité de perles créées par ces abominations démoniaques. Une rage que seule une orgie de destruction pourra satisfaire.

Notre devoir est clair.

Isom K.V.II

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Temple olman et arme-artéfact
où le héros parmi nous sera connu...

En plaçant la troisième pierre circulaire dans la dépression appropriée de la pièce que représentait parfaitement et en taille réelle le médaillon olman d’Isom , Hallya fit apparaître, au centre de la pièce arrondie aux murs couverts de fresques épiques, une faille emplie d’une lueur bleue intense. Cette faille, notre groupe le savait, contenait un artéfact, une arme qui allait aider l’un d’entre nous, notre héros, à combattre le mal et à éradiquer les menaces pesant sur l’Isle of Dread. Menés par Gunrak, les membres de notre groupe placèrent tous une main sur l’artéfact et y touchèrent leur instrument de prédilection; focus ki, baguette, orbe, craghammer et épée. Kharas Skullcrusher posa son regard sur ses compagnons Gunrak, Hallya, Farah et Isom et se remémora en un instant les événements des deux derniers jours qui le menèrent à cette scène singulière.

« Ces murs sont une illusion! » lança Farah, paniquée. Au même moment, des flèches traversèrent les murs de la pièce que seuls nos esprits percevaient comme restreinte et atteignirent notre groupe avant même qu’armes et instruments soient extraits de leurs fourreaux, déchirant la chair de mes compagnons. Programmé à réagir à des ordres et embuscades par les maîtres d’armes de Khuzdun depuis que je pouvais tenir un marteau, je réagis rapidement, levant mon bouclier pour bloquer les flèches se dirigeant vers mon crâne et me porta violemment sur ma gauche, trop rapidement pour mon armure qui grinça sous l’effort et la torsion. Passant le seuil du mur illusoire, je pu alors apercevoir la supercherie qu’était cette pièce en réalité gigantesque, où une corniche de laquelle plusieurs tapisseries pestilentielles pendaient serpentait ses murs extérieurs, agissant comme perchoir idéal aux archers Skinwalkers Skinwalkerqui s’y trouvaient, leur mouvement de tir à peine terminé. Devant moi, une barricade faite de morceaux de métal épars explosa au visage du Skinwalker qui se cachait derrière-elle après un coup de pieds bien dirigé, maigre rempart entre ma furie et ma destination, ce qui semblait être un prêtre au haut d’un escalier flanqué de deux lions Skinwalkers. Le début de l’engagement fut furieux, deux Skinwalkers y laissèrent leur vie durant ses premiers balbutiements. Engagé avec les Lions Skinwalkers et rapidement avec une barbare qui joignit le fracas, je ne vis mes compagnons qu’en images éparses, éclairs brefs et rapides qui se déplaçaient à la limite de ma vision entre mes bras qui menaient mon craghammer vers les os et la chair des Olmans perdus qui se trouvaient devant moi. J’ai entendu plutôt que vu Hallya faillir sous les coups d’un chef de tribu Skinwalker, une créature faite d’éclairs maniant deux Katars formés du même élément. Sans les mots de puissance arcane d’Isom qui nous commandait du haut d’une balustrade et sa ceinture de guérison, Hallya aurait été perdue. Devant moi, un feu qui semblait inoffensif fut alors transformé en vortex, un puits vers le plan élémental du chaos qui attirait amis et ennemis sans discernement et projetait des gerbes de feu, d’éclair et de tonnerre dans la pièce. Derrière, le puits élémental, j’ai pu apercevoir Farah qui reculait à l’extérieur de la pièce, s’éloignant de la zone que couvrait le puits avec ses déjections élémentales. Un Skinwalker, apercevant le retrait, fit une acrobatie périlleuse et vint activer un levier, scellant Farah hors de l’engagement en fermant la lourde porte d’entrée de la pièce, la laissant au prise avec les pièges qui en protégeaient l’accès.

Bientôt, seul le chef de la tribu Skinwalker nous faisait toujours face, poursuivant Hallya de façon fanatique sur la corniche extérieure alors que la charge de mon craghammer vers lui et le coup de pied de Gunrak, volant littéralement à travers la pièce au secours d’Hallya, allaient inévitablement être sa perte. En unison, avant même que Gunrak puisse se relever de l’élégante roulade qui l’amena derrière le corps de sa victime, nos incantateurs arcanes, menés par Isom, unirent leurs forces pour fermer à tout jamais le puits élémental et nous permettre d’explorer la pièce et ses secrets. Un butin considérable y fut découvert, de même que des pièces secrètes. Dans l’une d’elle, je dessinai l’ouverture de notre chaumière nocturne avec le couteau d’exode et ouvrit l’espace que la magie avait créée pour permettre un répit bien mérité à moi et mes compagnons.

Après ce qui a du sembler plusieurs heures aux habitants de la surface qui m’accompagnaient (six, en réalité, l’humidité et la température de la pierre ne laissaient aucun doute dans mon esprit), nous entreprîmes l’exploration d’un corridor secret qui nous mena vers un embranchement creusé à même la pierre naturelle de la caverne. Sur les murs devant nous se trouvaient deux scènes en bas-reliefs; vers la gauche, des symboles représentant clairement la mort et vers la droite, un jeune olman portant une boule d’éclairs, porté par ses pairs vers le haut. À la gauche, nous découvrîmes une crypte dont l’entrée était flanquée de deux olmans mort-vivants en habits cérémoniaux. Nous demandâmes alors une audience avec le Seigneur des Cendres, tel que l’un des mort-vivants nous le proposa de sa voix gutturale et spectrale. Guidés vers lui par les gardes, nous découvrîmes le Seigneur des Cendres, un mort-vivant squelettique, trônant sur un siège en décrépitude autrefois magnifiquement décoré. Ancien haut prêtre olman chargé des funérailles de son peuple, le Seigneur protégeait la crypte dans laquelle des dignitaires olmans reposaient même après son propre trépas. Dans la langue olmane, Hallya discuta avec le Seigneur, qui lui raconta l’histoire de la chute de l’empire de Thanaclan. Un empire grandiose, Thanaclan fut attaquée par des Aboleths. Ayant repoussé avec brio l’assaut des créatures aquatiques, les olmans de Thanaclan basculèrent dans la décadence et l’imprudence de la confiance aveugle envers leurs habiletés. Lors d’une excursion de pêche, une perle de la taille de la tête d’un homme fut trouvée, une perle singulière, comme aucune autre… Cette perle, que nous connaissons maintenant sous le nom de Shadow Pearl, fut utilisée en désespoir de cause pour repousser une seconde incursion de Koprus cette fois-ci. L’utilisation de la perle a initiée les changements de l’écologie de l’île et infectée les olmans, les amenant à combattre les uns envers les autres, menant à la destruction ultime de Thanaclan de l’intérieur et à l’éclosion des Skinwalkers, des olmans dégénérés qui ont écouté les fausses promesses de pouvoir de créatures démoniaques menées par Demogorgon. Le Seigneur poursuivit la discussion avec Hallya durant quelques minutes, lui expliquant la nature du temple et de la crypte dans laquelle nous nous trouvions ainsi que la pièce que nous allions retrouver au bout du corridor où les bas-reliefs indiquaient un olman transportant une boule d’éclairs. Cette pièce, dédiée aux trois dieux de Thanaclan du Soleil, de la Lune et du Firmament contenait une arme d’éclairs, un artéfact utilisable pour vaincre les ennemis des olmans par un héros ayant prouvé sa valeur avec son esprit ou son physique. Seul ce héros, après avoir brisé la combinaison du coffre-fort du Soleil, de la Lune et du Firmament, serait en mesure de manier l’artéfact, qui se façonnerait à son désir.

Après avoir remercié le Seigneur de l’audience qu’il nous avait accordée, nous nous sommes alors rendus vers la pièce circulaire dans laquelle nous nous trouvons maintenant. À l’entrée, un rituel d’Isom nous permis de comprendre le discours des gardiens postés devant les immenses portes y donnant accès. Notre volonté d’appuyer le héros se trouvant parmi nous dans son épreuve connue, les gardiens nous donnèrent accès à une pièce circulaire au plafond d’une hauteur vertigineuse au milieu de laquelle trônaient trois statues, des représentations des dieux olmans du Soleil, de la Lune et du Firmament ainsi que huit colonnes. Devant les statues, trois pierres circulaires identifiées selon les représentations de chacun de ces dieux se trouvaient dans des dépressions circulaires creusées à même le sol. médaillon + pièceEn examinant davantage la pièce, des dépressions similaires, des cercles concentriques encavées à trois niveaux se trouvaient tout autour des colonnes, à l’intérieur d’un cercle additionnel formé par une quantité inégale de symboles des dieux du Soleil, de la Lune et de Firmament. À l’extérieur du cercle formé par les colonnes, des fresques peintes sur les murs attirèrent notre attention. Ces fresques, semblant dépeindre les utilisations passées de l’artéfact d’éclairs, nous permirent de constater que ce dernier avait été utilisé à six reprises. Le héros parmi notre groupe serait le septième utilisateur de l’arme-artéfact, et, si les deux espaces laissées vides pour des fresques additionnelles nous indiquaient correctement le futur, pas le dernier. Il nous apparut alors que la combinaison permettant de libérer l’arme-artéfact passait par le positionnement des pierres dans les dépressions circulaires appropriées. Plusieurs heures de recherches s’en suivirent alors où nous étudiâmes la pièce et sa représentation sur le médaillon d’Isom. Les connaissances éparses des membres de notre groupe nous permirent d’étudier l’énigme sous plusieurs aspects. Fables, histoires olmanes, mythes et légendes nous permirent de comprendre que la direction du serpent entrelacé autour des colonnes gravé au sol avait une importance, de même que le nombre de symboles des dieux du Soleil, de la Lune et du Firmament gravés sur le cercle entourant les colonnes. Plusieurs combinaisons furent alors tentées par moi-même et Gunrak, sans succès. Étudiant la situation depuis plusieurs heures sans mot, Hallya s’avança finalement vers les pierres que nous tenions en main et les plaça dans des dépressions circulaires à une distance des statues des dieux correspondant au nombre de symboles de ces mêmes dieux gravés sur le cercle extérieur en respectant la direction de la rotation du serpent. Une faille emplie d’une lueur bleue intense apparut alors au centre de la pièce…

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À l’assaut de l’île maudite

Ce petit bout de terre qui se pointe à l’horizon et qui présente le bout de son nez n’est qu’illusion. Seul les dieux et même encore peut-être même les dieux ne peuvent percer les secrets qui se cache dans les profondeurs de cette île ténébreuse.

Qui sait comment cette île est apparue? Nul ne le sait et pourtant elle y est. Quelques canoës subtilisés à des êtres démoniaques nous servent pourtant à franchir ce lac aux nombreux mystères. Seul les êtres démoniaques ou qui aspire à devenir ce que j’ai toujours combattu ose franchir ces eaux. Malgré tout je l’ai franchi avec mes compagnons de route à mes côtés. Heureusement, je peux toujours compter sur mon adresse et mon exceptionnelle agilité pour me sortir des pires situations.

Seul, le chemin est impossible mais avec Isom qui m’accompagnait dans ce même canot j’étais quelque peux rassurer. Le nain aillant accepter de servir de bras et de protecteur au deux demoiselles quelque peu naïve parfois, préférant s’occuper de leur beauté au lieu de garder un oeil et une oreille attentive dans ce monde rempli de nombre danger.

Ce fut justement la vigilance d’Isom qui nous a permis de se porter à la réflexion sur une éventuelle alarme pouvant protéger ce lieu de perdition. Cette réflexion s’avisa être très judicieuse car effectivement nous aurions sonné l’alerte sans être averti.

Malgré la grande distance qui nous séparait de ce quai que nous venions d’observer je me suis tout de même porter à l’assaut afin d’en savoir davantage sur un éventuel entrer potentiel nous menant vers les ténèbres. Fidèle a moins même je me suis attaqué au premier venu avec une rapidité qui peut en effrayer quelques un.

Rendu sur les lieux j’étais désormais en mesure d’observer toute la grandeur de ces nombreux quais qui se poursuivait sur plusieurs escaliers permettant d’accéder aux différents niveaux des enfers. Bien sûr les quelques personnes ayant été aperçu au loin n’égalait en rien ce qui se cachait derrières ces nombreux gardiens.

Un accès direct vers cet enfer que je craignais. Cet accès bien gardé avec deux tours possédant ce qui s’avéra être des balistes magique crachant le tonnerre diabolique des profondeurs de ce monde. Quelque un se porta à la réflexion qu’il faudrait bien les ramener afin d’en équiper la Sea Wyvern.

Arriva finalement mes compagnons qui s’avéra être d’une grande utilité dans ce combat à multiple niveau. Accéder au niveau supérieur fut plus périeu que prévu. Mais, les téléportations et l’agilité fut plus qu’apprécié, facilitant ainsi les déplacements de tous et chacun.

Tous, enfin presque, pauvre maître nain qui tenta de courir après ceux qu’il voulait réduire en charpies. Les multiples niveaux étant difficile à atteindre, les mouvements étant très limité à chaque tour qui s’offrait à nous enrageais maître nain. Néanmoins, il fini par atteindre le sommet et à déchiqueter ces ennemis qui ont osez porter préjudice à notre groupe.

Au même moment je réussissais à me saisir d’une des balistes mais avec personne à ma porter. La déception restera toujours très amère. Notre allié au milles visages ayant déjà auparavant porté à l’esclavage cet autre individu avide de sang qui s’était posté à l’autre baliste avait déjà tout fait le travail.

Toute cette boucherie ne permettant même pas de s’enrichir de la moindre piécette de cuivre. L’accès vers les ténèbres était désormais libre. Notre périple ne faisait que commencer, ne pointant que le bout de notre nez afin d’y voir un peu plus clair dans ce corridor, je sursauta car le premier corridor nous conduisant vers les abysses étant protéger non par un ou deux mais bien de multiples dragons crachant tout ce que les ténèbres ont de plus diabolique à offrir. Reprenant tout mon courage et mon sang froid, je me suis placer en première ligne afin de désamorcer ces pièges ténébreux un par un. Ce ne fut pas sans douleur mais avec les bon soins de notre barde que je pris mon courage à deux mains et je fini par tous les défaire.

Tout ça pour quoi, pour un feu brûlant au milieu d’une petite pièce vide de sens avec quatre colonnes, je crois avoir désactivé une de ces colonnades mais sans résultat visible. Je parti donc à la recherche d’un autre mécanisme quelconque afin d’y permettre le dévoilement de quelque secret ou trésor caché. Tout en cherchant quelque pièce dérobée je perdis le fils de ce qui se passait autour de moi jusqu’à ce qu’une voix affirmant haut et fort que c’est mur n’était qu’illusion.

Et si tout ceci, toute cette aventure n’étais qu’illusion finalement, j’espérais me réveiller dans un bon grand lit de plume dans un monde avec pour seul dieu le soleil avec une absence complète de ténèbres….... (à suivre)

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Épreuves des Couatl et départ pour l'île de Thanaclan

Du journal d’Isom

Ah, quelle douceur que de pouvoir écrire encore une fois ! De sentir la plume glisser langoureusement sur le papier vierge ! Cette plume de diatryma est rude, mais fait efficacement son travail, sans l’ombre d’un doute. Je suis dans la dette de maître Kharas encore une fois. Mais je m’écarte …


Hallya a identifié le démon métamorphe qui s’était caché sous la forme d’un chien hier soir. Elle l’appelle un julajimus, nom charmant qui cache la férocité de la bête. Un démon peu intelligent des profondeurs des Abysses, c’est ce que je retiendrai. J’ai effectué un croquis grossier de la créature avant qu’elle soit passée au bûcher, peut-être aurais-je l’occasion d’écrire une annexe aux travaux d’Ématurge un jour.

J’ai plaidé pour tenter de ramener les villageois à la vie mais sans succès. Le temps nous manque, je l’admet, et le risque qu’ils soient tous kidnappés pour créer encore plus de skinwalkers n’est pas pour me réjouir. Tout laisse croire que leur champion, Noltus Innerson est mort dans sa recherche du village perdu de Mantru.

Nous sommes donc reparti vers la berge du lac de Thanaclan, en espérant retrouver le village mentionné par le chef du village. Hélas, l’histoire se répète et ici aussi nous arrivons trop tard. Le village semblait abandonné. Aucune trace de violence décelable, tout était trop … propre, trop en ordre. Sans surprise, nous nous sentîmes observés, épiés. Des forces se cachaient, des forces magiques.

Nous nous mîmes en position de combat, mais surprise ; une voix résonna dans nos têtes, nous demandant si nous étions le groupe qu’ils attendaient. Il semble que le village, et plus particulièrement son ancien prêtre olman soient sous la protection d’un groupe de Couatls. Ils firent une description sommaire de notre groupe, et je répliquai en leur donnant ma diatribe que j’avais composée pour Emraag, le dragon-tortue, adaptée pour y inclure Farah aux milles visages.

Cela sembla les satisfaire, pour le moment. Il semble qu’ils soient sur place pour garder le fantôme du prêtre olman du village afin qu’il puisse répondre à nos questions. Afin de s’assurer que nous étions réellement le groupe choisi il nous mirent cependant à l’épreuve. Une énigme nous fut posée, dont la réponse fut sans surprise Demogorgon, fut-ce nécessaire de nous le rappeler. J’appris néanmoins que ce monstre des Abysse n’a pas toujours été le prince des démons. La formulation de l’énigme semble supposer qu’il a usurpé le trône d’un autre archi-démon, mais que celui-ci aurait gardé la couronne. J’avoue ne pas comprendre ce détail. Est-ce possible que cet ancien conflit déborde à nouveau sur le monde matériel ?

La deuxième épreuve fut une épreuve de force. Un groupe d’êtres divins ouvrit des portails et nous attaquèrent. J’admet ne pas avoir détesté remettre ces agents des dieux à leur place. Qu’ils cessent d’interférer avec notre monde et je crois sincèrement que tout irait pour le mieux. Enfin, nous fîmes preuve d’une cohésion réjouissante après le fiasco contre le faux-Noltus. Gunrak réussit avec brio à fermer les portails, tout en infligeant une raclée aux anges. Farah et Hallya anéantirent littéralement un gigantesque ange à l’épée brillante, et Kharas tint le chef du groupe en respect pendant tout ce temps.

Les couatls furent satisfait de nos efforts. Le fantôme du prêtre olman descendit parmi nous et répondit à nos questions. Malheureusement, plusieurs d’entres elles furent négatives. Je note ici les réponses intéressantes :
  • Le seul obstacle entre nous et l’île de Thanaclan est un groupe d’élémentaux aquatiques autour des quais du village.
  • Thanaclan est un repaire de créatures démoniaques élémentaires, les plus puissantes ayant pris refuge dans le temple tabou. Ce temple semble être le lieu de culte des olmans maudits des temps jadis. La seule entrée connue de ce temps est sur la falaise de l’île elle-même. L’île est plus accessible de l’autre côté, mais cela demande de traverser toute la ville maudite.

Je profitai du temps de répit pour envoyer un message arcane à Léanne restée à Farshore. Je l’informai brièvement de notre progression, et de la mort probable de Noltus Innerson. Nous préparâmes alors à prendre d’assaut les quais du village. Grâce au fantôme du prêtre olman, maintenant reparti vers ses ancêtres, nous prîmes les élémentaux par surprise et les ramenèrent à leur éléments primordiaux.


Kharas, Gunrak, Farah et Hallya préparent en ce moment les canots pour notre traversée. J’écrit ces lignes du bout du quai du village, avec l’île de Thanaclan en face de moi au milieu du lac. La côté de la falaise, qui nous fait face, miroite dans le soleil de midi. Je n’aperçois pas l’entrée du Temple tabou, mais j’entr’aperçois quelques édifices cyclopéens cachés au milieu d’une jungle aliénée.

Même à cette distance, il est impossible d’ignorer le sentiment oppressant émanant de la capitale damnée de l’empire perdu des olmans. La lumière se reflétant sur les vagues produit un rythme hypnotique endiablé, qui ne peut pas être dû au hasard. Même le vent semble hululer en sourdine un dies irae de fin du monde. Je crains que les forces arcanes en action sur cette île dépassent de beaucoup nos faibles capacités.

Il n’y a qu’à espérer qu’elles dépassent aussi les capacités des habitants actuels.

Isom K.V.II

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