Savage Tide d'Antoine

La fin de Vanthus

Balik attendit quelques secondes – après tout, le revenant passait presque tout son temps à attendre, dorénavant. Le progrès du groupe de mercenaires de Sasserine était lent à travers les Abysses. Il percevait même le poids oppressif, le climat d’hystérie et de paranoïa du plan d’existence commencer à affecter les tieflings Lord Fruward Erinyesblade et Isom, bien qu’ils ne le décèleraient pas eux-mêmes avant un certain temps, aveuglés par la perfidie qui les entourait et envahissait progressivement leurs sens. Les mercenaires étaient – enfin – parvenus à la prison de Demogorgon et y entraient tout juste, de façon si peu artistique, pensa Balik, par une ouverture pratiquée dans son enceinte. Balik emboîta le pas à Hallya, la dernière à poser pied dans la prison, et perçut son arôme, intoxicant, se dit-il. Ces considérations étaient par contre bien loin de l’esprit de Balik alors qu’il se dirigea droit devant lui en direction d’une immense brèche séparant le sol de la prison. Bien que les mercenaires choisirent alors de se diriger vers l’antre du geôlier Glabrezu et de ses suivants rageborns, la filature de Balik auprès du groupe prenait fin – pour l’instant -, ses talents étaient requis ailleurs par l’Organisation.

Balik poursuivit alors sa progression à travers le chaos et l’horreur de la Prison de Demogorgon en sifflotant tranquillement, les mains croisées paresseusement derrière le dos. Si un observateur avait pu percer les voiles arcanes de noirceur entourant Balik, il aurait entendu une contine d’Eladrins, peut-être la contine qui endormait Balik alors qu’il était enfant – et vivant. Arrivé près d’un sanctuaire que les mercenaires allaient sans nul doute visiter, Balik fut flanqué par créatures, des constructions métalliques en rang parfaitement ordonné à sa gauche et sa droite. Sans ralentir, Balik s’adressa au Marut portant une robe robe liserée d’or et lui intima: “mène-moi à elle”. Le Marut, sans un mot, hocha la tête, et quitta le rang de ses pairs, bientôt suivi par Balik.

Balik ne put réprimer un sourire à la vue de Lilianth la Marilith une créature d’une magnificence indescriptible. Mi-humaine, mi-serpent, les six puissants bras de Lilianth étaient alors occupés à manier six épées de formes et tailles diverses dans des parades complexes, une danse meurtrière, un vortex originant de Lilianth. Confortable au milieu de son antre, ses défenses en place, Lilianth du sans doute refouler une rage sanguinaire alors qu’elle entendit les applaudissements bien sentis de Balik, à quelques mètres devant elle. Comment n’avait-elle pas pu voir le revenant maudit approcher?

Gardant ses six lames en main et adoptant une posture défiante, Lilianth inclina tout de même la tête comme elle l’aurait fait devant un patriarche, sa poitrine se soulevant et retombant à un rythme effréné suite à l’effort physique, mais aussi par peur du démoniaque Balik et de ses lames.

- "Maître Balik, c’est un honneur.

- L’honneur, belle Lilianth, est pour moi. Mon coeur, s’il battait encore, que dis-je, mon être tout entier, serait à toi après avoir assisté à ce spectacle. Je ne puis que te féliciter."

Lilianth déploya son corps complet dans un salut gracieux, que Balik retourna.

Balik poursuivit, observant Lavinia Vanderboren du coin de l’oeil

- “Des héros viennent la chercher, Lilianth. Un nain, une eladrin – leur porte-parole, deux tieflings, un githzerai et une polymorphe. Ces héros, Lilianth, sont en ce moment même en train de laver leurs lames sur les vêtements de votre geôlier. Ils ne peuvent être vaincus qu’après de lourdes pertes… Ou utilisés, Lilianth. Ne t’oppose pas à eux.”

Un rire guttural émana alors des lèvres de Lilianth

- “Des héros? Ils mourront tous sous mes lames, ces créatures ne pourront”…

Bien trop rapidement pour que Lilianth puisse tenter la moindre parade, la forme de Balik se transforma en une ombre qui explosa vers elle. Utilisant parfaitement les puissants bras de Lilianth comme écran, Balik passa sous ses défenses, la désarma sans difficultés de trois de ses lames et laissa glisser ses deux dagues composées d’énergie contre la gorge de la Marilith, lui traçant deux fins filets de sang.

- "Ta fierté, Lilianth, te sert mal. Ta vie, ta prison, vos pathétiques rapports de force, ne sont rien pour l’Organisation. Tu comprends, belle Lilianth? Les évènements qui se dérouleront ici sont plus importants que tout. Ces héros ne seront pas tes trophées. Je ne te demande que quelques jours de service, pour lesquels tu seras rémunérée avec offrandes et âmes.

- Âmes? Tu veux Vanthus, ce chevalier noir, mais je ne…

- Vanthus? Ce pathétique pantin ne m’importe pas, tout comme sa soeur, que tu… héberges si gentiment dans ta cage. Je ne veux que deux choses, belle Lilianth. Qu’ils connaissent Shami-Amourae et que tu reprennes ma filature dans la prison. Tu sais que ma présence ici est contre l’Ordre. Suis-les, et parle-moi de leurs mouvements et actes. C’est tout." Balik accentua la pression sur ses lames, puis relâcha.

- "Oui, maître Balik. Je les suivrai et ils auront des indices sur Shami-Amourae.

- Place ceci dans un endroit significatif, belle Lilianth. Je suis certain que tu trouveras…"

Balik retira ses lames et quitta l’antre de Lilianth aussi rapidement et silencieusement que lors de son entrée. Lilianth, honteuse, ouvrit sa main droite. Balik y avait déposé une fine chaîne en or d’une valeur sans doute exceptionnelle. En le retournant, Lilianth pu lire l’inscription À toi pour l’éternité – Shami Amourae
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Les jours suivants furent une succession de succès mitigés pour Lilianth. Peu habituée à se dissimuler et préférant largement transpercer ses ennemis alors qu’ils pouvaient la contempler dans toute sa beauté, Lilianth suivait les héros tant bien que mal. D’abord à travers l’antre rempli de déchets où l’exécrable nain et le tiefling-raconteur Isom détruisirent avec soin des âmes d’une grande qualité – celles que la monticule de détritus qu’était Belsamoth n’avait pas réussi à protéger convenablement – alors qu’elle observait, impuissante. La polymorphe, de son côté, communiqua à travers les plans de la mort avec l’esprit de Belsamoth. Lilianth dut se retirer de l’antre, puisque le githzerai du groupe fouillait les décombres à la recherche de trésors. Il trouverait sans nul doute le collier qu’elle avait placé sous le “lit nuptial” – Belsamoth avait élu domicile dans les anciens quartiers de Demogorgon dans la prison.

C’est donc avec peu de surprise que Lilianth, de retour dans son antre, entendit l’approche des héros. L’humaine malodorante et blessée déposée sans cérémonie dans une cage pendant du plafond, Lilianth demeurait confiante de pouvoir vaincre les héros s’ils avaient des intentions belliqueuses, mais il demeurait difficile de questionner leur efficacité. D’abord le geôlier, ensuite Belsamoth, étaient déjà tombés à leurs pieds. Lilianth tenta de dissimuler sa surprise – bien mal, elle n’était pas connue pour ses talents d’actrice – lorsque la trahison de S’sarha la Kelvezu lui fut annoncée par l’eladrin minuscule, la voix du groupe. Lilianth savait que quelqu’un la trahirait – cette prison était pleine de traîtres – mais pas sa S’sarha. Le groupe de héros lui proposa alors un échange: Sa douce S’sarha contre Lavinia. Lilianth, refusa évidemment, elle, malgré Balik, souhaitait la mort de Vanthus – elle n’accepterait rien sans avoir la preuve que le chevalier obscur était – finalement – décédé pour de bon. Un compromis fut atteint; l’arme de vanthVanthus Vanderboren et S’sarha contre Lavinia. En attendant, l’humaine allait être gardée par les Marut, en garantie, en quelque sorte.

Lilianth resta longuement dans son antre suivant le départ des mercenaires de Sasserine. Elles entendit plutôt qu’assista à la bataille contre Vanthus, toute la structure de la prison semblait protester et réagir à la confrontation épique qui se déroulait pour l’humaine appelée Lavinia. Mais bientôt, le silence. Lilianth savait, comprenait, que Vanthus n’était plus et qu’elle devrait bientôt revoir les héros qui allaient lancer son arme devant elle. Avec la liche et les Marut, elle devrait maintenant revoir la structure de pouvoir de la prison. Ça allait certainement l’occuper pendant quelques décennies, jusqu’à la prochaine fois…

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Discussion avec Belsamoth

“Pas bon …” dit Isom.

Fruward attrappe le vers d’une main adroite. Ce dernier se tortille comiquement en tentant d’échapper à la prise du tiefling. Fruward grimace et lâche la créature sur le sol. Un coup d’épée, un cri aigu, voilà.

“Pas bon …” dit Isom, lançant un autre vers à Fruward.

Le tiefling magelame s’exécute, tout en réfléchissant à la bataille. Ils étaient arrivé au repaire du monstre Belsamoth comme des diplomates passés prendre le thé avec l’Empereur. Le barde avait humblement demandé audience avec la créature, tandis que le moine tentait de rappeler notre générosité avec la plume. Charmant effort, mais le monstre n’a pas été dupe ; il est certainement moins stupide qu’il apparaît, pense le tiefling.

“Pas bon …” murmure Isom, la tête penchée vers le fond de la cuve.

Belsamoth a flairé l’embuscade dès qu’il a vu la démone assassine avec nous, pense Fruward. Gunrak et Hallyah ont habilement négociés avec le monstre, et ont compris que le trésor de Belsamoth, le trésor recherché par la marilith, c’est sont les dépôts d’âmes. Des âmes damnées, maudites, transformés en vers visqueux et nauséabonds. Fruward lâche le vers et l’écrase avec dégoût sous sa botte.

“Pas bon …” murmure Isom, sa voix déformée par la cuve.

Trois cuves de ces vers-âmes maudits ! pense Fruward. Près de trois milles âmes, plus ou moins anciennes, tous mauvaises. D’une parade élégante, Fruward empale un de ces vers au bout de sa lame sanguinolente. Une plaisanterie, vraiment, pour un seigneur de son envergure. Belsamoth lui-même, par contre, a été une autre histoire.

“Pas bon …” murmure Isom.

Fruward salue mentalement Gunrak et Hallyah, qui profitèrent de la discussion pour se placer autour de Belsamoth avant d’engager le combat. Malheureusement, celui-ci ne fut nullement dupe, et des flaques de pourritures s’étaient alors mis à encercler le groupe. Le combat s’est alors amorcé sur deux fronts ; d’un côté Belsamoth le puant, et de l’autre ses flaques de pourritures animées. Belsamoth lui-même était un combattant adroit et rusé, mais ces flaques et débris animés furent pratiquement notre perte, pense Fruward. Leurs tentacules visqueux s’agrippaient à tout ce qu’il passait, retenant les victimes et limitant leurs mouvements. Sans compter les crachats nauséabonds de Belsamoth lui-même, ni les explosions nécrotiques qu’il faisait essuyer au groupe.

“Oh, je le connaissais celui-là ! Hum, ça explique la qualité de sa tambouille.” affirme Isom.

Mais c’est lorsque la démone s’est retournée contre nous que tout aurait pu basculer. Fruward regarde dans la salle adjacente, où S’sarha la Kelvezu repose inconsciente, surveillée de près par la métamorphe. Fruward remercie silencieusement Farah, qui avait gardé un oeil sur l’assassine. En plein milieu de combat, S’sarha s’est échappé de l’aura de Belsamoth, semblerait-il pour panser ses blessures. Seule Farah ne fut pas dupe ; elle fut impitoyable. La métamorphe prit le contrôle de son esprit et la força dans la zone la plus malsaine de la pièce.

“Mmmh, pas bon …” murmure Isom.

Fruward, à ce moment-là du combat, vit l’expression de l’assassine passer de la colère à la terreur, à mesure que son corps tétanisé était dévoré par la pourriture ambiante. Fruward frissonne de dégoût ; que voilà une défaite déshonorante ! Belsamoth et l’assasine tombèrent à peu près en même temps. Isom se jetta aux pieds de la Sorcière et la remercia de sa sollicitude. Fruward fronce les sourcils encore à y penser ; qu’une éladrine vienne constamment au secours d’un tiefling est certainement contre l’ordre naturel.

“Pas bon … et ça finit celle-ci, mon brave Fruward.” affirme Isom, ressortant de la cuve.

Fruward regarde le barde, l’expression neutre. Celui-ci sourit d’un air confiant, et se tourne vers la deuxième cuve. Fruward grimace dans le dos du barde, dégoûté. La cape du barde dégouline encore de pourriture mêlée de sang, pratiquement jusqu’au milieu du dos du barde. L’apparence est repoussante, sans compter l’odeur. Le Seigneur Fruward Erinyesblade avait pensé qu’accompagner un barde dans ses quêtes serait une occasion de renommée et de gloire.

“Pas bon …” affirme le barde.

Voilà, pense Fruward, empalant violemment un vers-âme sur la pointe de sa lame. Après le combat, Isom s’assura que l’assassine n’était pas morte, et passa son corps à moitié dévoré, mais vivant, à la Sorcière. Hallyah la Sorcière a le don de se faire écouter, et de se faire répondre, sans l’ombre d’un doute. Elle demanda à l’assassine quelles étaient ses ordres, et celle-ci bafouilla qu’elle était sur place officiellement pour assister Lililanth la Marilith. Dans les faits, il semblerait qu’elle ait été personnellement envoyée par le Prince des Démons pour garder un oeil sur Kululblax le Glabrezu et l’ancien gardien de cette prison. L’assassine avait aussi pour tâche de garder un oeil sur nous.

“Pas bon non plus …” affirme Isom.

Voilà, pense Fruward. L’assassine affirme que Lavinia et Venthus ne sont que des leurres. Lavinia est le trophée de Venthus, et celui-ci n’est qu’un joueur mineur que Demogorgon a placé ici pour s’en débarrasser. Apparemment, notre groupe est une épine dans le pied de Demogorgon et il nous a attiré ici pour se débarasser de nous. Voilà pour la gloire, pense Fruward. Qu’ai-je pensé en joignant ce groupe ? Quelle gloire pour les ennemis du Prince des Démons ? Il n’y a qu’à penser au destin de Saureya aux ailes arrachées, ou pire, de Shami Amourae bannie dans le néant du Well of Darkness. Voilà pour la renommée.

“Oh celui-là est intéressant !” affirme Isom.

Fruward mets le vers de côté, d’un air dégoûté. Voilà où nous en sommes, pense-t-il. Les autres sont partis fouiller l’antre de Belsamoth, tandis que nous pataugeons dans les âmes maudites. Le moine Gunrak a pensé vendre celles-ci à notre contact, mais Isom a fermement résisté. Et plutôt qu’obtenir des millions de pièces d’or et d’argent, nous pataugeons dans le sang gluant de ces âmes damnées. Le barde affirme que la destruction des vers donne une chance à ces âmes de se repentir et d’être reprises par la Raven Queen, mais Fruward et possiblement Gunrak, n’y croient guère. Ces âmes reviendront presque toutes aux abysses, pourquoi se donner tout ce mal ? pense le magelame.

“Pas bon …” murmure Isom, se passant la main sur le front.

Et il reste le pire, vraiment, pense Fruward. Isom veut absolument interroger Belsamoth, réanimer sont corps pourri pour lui poser des questions sur Zuggtmoy et son implication dans cette prison. Quelle perspective charmante ! Fruward en tire la langue de dégoût. Il écrase un vers-âme délicatement de la pointe du talon, le faisant lâcher un cri d’agonie résonnant lugubrement dans l’ancienne salle de trône du Prince bicéphale. Isom se retourne vers le magelame, le regard interrogateur. Fruward soutien le regard du barde, impassible. Le barde retourne à sa tâche.

“Hum, pas bon non plus …”

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Dans les oubliettes du prince des démons

Du journal d’Isom

Je gribouille ces quelques lignes alors que notre nouvelle alliée se prépare au combat. De combattre aux côtés de cette assassin démoniaque me répugne, et me fait regretter les simples plages de Farshore. Décidément, Saureya a raison, cette prison a le don de faire sortir le pire de nous tous.

Mais commençons par le début. La journée d’hier s’est terminée par l’interrogatoire diabolique de la sorcière sur le Glabrezu mis hors de combat. Comment fait-elle pour extriper ainsi des informations contre le gré de sa victime, je crois que je préfère ne pas le savoir. Je résume ici ce que nous avons appris de la prison, de lui et du reste des habitants de ce piège démentiel.

La prison se sépare en 7 factions :

  • Le glabrezu, en tant que chef de la prison, contrôle la garnison. Sa destruction et celle de quelques-uns de ses rageborns font que sa faction est en déroute ; les autres finiront probablement le travail. Nous avons été chanceux, il semble que l’arrivée de Vanthus Vanderboren a considérablement affaibli sa faction, sans quoi nous ne l’aurions jamais battu.
  • Un groupe de Marut, des créatures d’ordre et de loi, ont pris refuge de l’autre côté de l’immense brèche. Après discussion avec eux, ils semblent être échappés de leurs cages depuis 15 ans. Il y a une dizaine de Maruts combattants, de même que deux en armure légère et un en robe liserée d’or. Celui-ci affirme que son devoir est de reprendre le contrôle de ce refuge du chaos. Je ne peux que souscrire à cette idée, bien que je craigne que la nature de la prison elle-même teinte son jugement ; la nature de la prison fait qu’il n’atteindra jamais ce but, et demeurera prisonnier à jamais.
  • Il y aussi un groupe du Feywild, ayant pris refuge dans une zone truffée de pièges. Ils ne sont plus que six, et leur chef, Saureya, a été récemment horriblement torturé et mutilé par le Glabrezu.
  • Il y a la faction d’Orgrosh la Liche, un des gardiens originel de la prison avec le Glabrezu. Les rumeurs affirment qu’il était sur place avant que l’endroit ne devienne une prison.
  • Il y a la faction de Lilianth la Marilith, une créature démonique mi-humaine, mi-serpent avec six bras et une soif de violence inégalée. Selon Farah, les Mariliths sont des commandants des démons et sont reconnus pour être des tourbillons de lames. Les Mariliths sont aussi reconnus pour la poursuite de trophées obtenus de créature aussi sanguinaires qu’eux-mêmes. Des rumeurs indiquent que Lilianth est une ancienne commandant de Grazz’t, ce qui nous rappelle que Tyralandi se clame elle-même comme agente de ce démon.
  • Ensuite se trouve la faction de Belsamoth, le choisi de Zuggtmoy. Zuggtmoy est la Lady of Decay, la reine de la pourriture, reconnue pour sa patience et sa subtilité. Belsamoth lui-même semble être un monstre puant de déchets et de déchéance.
  • Finalement se trouve Vanthus lui-même. Son arrivée a complètement mis à bas la balance du pouvoir dans la prison. La présence d’un Death Knight dans les murs fait qu’il attire aussi fortement les morts-vivants de la Liche, causant une haine persistante entre les deux. Et Lilianth a saisi l’opportunité pour lui voler sa Lavinia Vanderboren et la garder en otage. En tant que Death Knight, Vanthus Vanderboren est considéré comme un protégé ou un champion du prince des démons. Sa déprime s’explique par contre ; Lavinia lui a été volée, par la Marilith qui est apparemment trop contente de s’en servir comme otage contre les attaques du mort-vivant.

L’interrogatoire de Kulublax le Glabrezu le confirme : il n’y a pas d’autorité centrale, pas de registre de prisonniers, car personne n’y sort jamais, et chaque coin de la prison est contrôlé par sa faction. Des prisonniers qui se gardent eux-mêmes … La seule porte de sortie est l’île où se trouve Vanthus, le seul endroit non-bloqué par le sort de Forbiddance. Nous achevons le Glabrezu à la fin de l’interrogatoire.

Une fouille de la salle de torture du Glabrezu découvre des piles de cadavres et de membres dépecés. Parmi ceux-ci, une paire d’ailes de plumes blanches qui saignent abondemment sur le sol. Gunrak est à même de retracer ce qu’il croit une trace de sang vers le corps, mais sans succès. Bizarrement, la trace est d’un vieux sang séché, alors que les ailes saignent encore.

Nous réanimâmes alors la tête du Glabrezu, car la nature des ailes nous intrigue. Il moque notre curiosité, et son âme désincarnée affirme avoir torturé un eldadrin nommé Saureya jusqu’à lui arracher les ailes avec un instrument démoniaque. Il affirme que le groupe du Feywild a réussi à rapatrier le corps dans leur section de la prison. Écoeurés, nous coupâmes court à cet interrogatoire et décidâmes de prendre du repos dans notre espace interdimensionnel.

Pendant notre repos, la vigile vit passer quelques Maruts, qui vinrent ramasser le corps et la tête du Glabrezu. Au réveil, nous décidâmes de passer les voir en premier. Les Maruts étant des créatures pour qui les contrats sont importants, nous étions inquiets qu’ils étaient liés d’une manière ou d’une autre à l’ancien gardien de la prison. Nous frappâmes sur le mur de pierre uni autour de leur sanctuaire, nous annonçant comme les meurtriers du Glabrezu et demandant asile auprès d’eux. Ils ne nous sont pas hostile, mais leur fanatisme à vouloir “ordonner” la prison est inquiétant ; est-ce que celle-ci aura le même effet sur nous ? Après discussion, il devient clair que nous devons passer par le groupe du Feywild pour atteindre Vanthus. Nous expliquons la situation aux Maruts qui semblent accepter que nous devons discuter avec ces créatures du chaos. Ils affirment qu’il reste des ghaeles of winter et des tulamis of summer en plus de Saureya, dans ce groupe. Je préférerais de beaucoup rester avec les Maruts à vrai dire, mais contrairement à eux, je n’ai pas oublié mes obligations en-dehors de cette oubliette. Pas encore du moins.

Rencontrer le groupe du Feywild ne sera pas facile par contre. Pour faciliter le contact, Hallya prend le rôle d’une noble eladrine avec Farah comme dame de compagnie, tandis que le reste d’entre nous se dissimule comme gardes du corps. Kharas Skullcrusher se glisse dans le rôle comme dans une seconde peau. Je dois admettre que le rôle de barde combattant me convient bien, pouvez-vous me contredire, noble lecteur ? Le moine se trouvant dans l’embarras, je lui propose de se passer comme le bouffon de la compagnie, rôle convenant bien à un groupe de créatures chaotiques je lui affirme en réprimant un sourrire. À ma grande surprise, il accepte.

Le songe du Fou

Je lui tire mon chapeau, je dois dire. Ah, cette compagnie avait fière allure, traversant un pont de 200 pieds de longs plusieurs lieues au-dessus d’une mer déchainée et sous le ciel de tempête de Gaping Maw ! Noble lecteur, y a-t-il compagnie dans les annales qui put bénéficier d’un Gunrak le Fou dansant sur le parapet d’un pont de cauchemar 2000 pieds au-dessus de l’abime ?

Hallya remplit admirablement son rôle, et nous eumes accès aux quartiers des créatures du Feywild, protégées derrière une potence de torture magique d’une puissance effrayante. La potence semble un piège élaboré, maintenant désactivé, mais qui semble encore tenir les autres secteurs en respect. Sur des crochets pendent des visages arrachés qui clignent des yeux à notre passage. Les ghaeles et tulamis reconnaissent Hallya la Sorcière, et s’empressent de l’amener auprès de leur maître souffrant. Par contraste, le refuge de Saureya est un havre de tranquilité, pratiquement royal. Saureya est assis sur un trône, le visage fou, une énorme flaque de sang autour de lui. Hallya poussa alors un cri de surprise.

Hallya nous murmure rapidement que Saureya est un eladrin bien connu, un eladrin ayant dépassé l’amoralité naturelle des fées pour combattre du côté des forces du bien. Il a reçu ces magnifiques ailes en récompense, ce qui rend cette perte horrible d’autant plus triste. Hallya affirme que Saureya était à un moment une créature de légende, un avengion. Hélas, je connais bien cette histoire :

Le Général a attaqué !

Il est tombé le Général, dans le mystère du Feywild !

Contre le repaire du dieu-démon, dans le mystère du Feywild !

Les fées ont crié !

Sauve-le Saureya, sauve le Général, de la torture des abysses !

Saureya le vaillant, parti sauver le Général !

Saureya le brave, contre le dieu-démon !

Saureya n’est jamais revenu, de la torture des abysses !

Les pitreries de Gunrak, les paroles réconfortantes d’Hallya et mon chant timide, ‘las je ne maîtrise guère l’elfique ! semblèrent calmer le regard fou de Saureya. Hallya lui remis ses ailes sanguinolantes, qu’il s’empressa d’embrasser nerveusement. Nous tentâmes de le réconforter, mais Gunrak et moi nous nous regardâmes ; il avait fort peu de chance de guérir d’une telle blessure. Incroyablement, il semble ne pas avoir perdu toute sa tête, et affirme comprendre que son temps comme hérault du bien est terminé. Il affirme avoir vu trop de choses pour pouvoir revenir dans le monde. ‘Las ! L’humanité de cette créature du chaos me montre mon inconscience ; à côté de Saureya, les Maruts sont des monstres aveugles.

Les fées semblent reconnaissantes de notre appui et nous donne volontiers des informations sur les secteurs voisins. Leur voisin le plus proche est le secteur d’Orgrosh la Liche. Nous nous répugnons à négocier avec une telle créature, mais force nous est d’admettre qu’elle en sait probablement beaucoup plus que les autres. Les fées affirment d’ailleurs qu’Orgrosh est excessivement prudent pour une Liche. Nous comprenons que quelque chose s’est produit avec son phylactère ; perdu, détruit ou bien entre des mains ennemies ? Cela nous donne un appui sur elle. Sans compter que ses forces sont affaiblies par la présence proche du Death Knight.

Nous ne pouvons probablement pas la battre, mais nous pouvons certainement lui infliger des pertes très lourdes, et les autres factions pourront se charger de l’achever. Elle est certainement suffisamment brillante pour le comprendre. Et puis il y a Vanthus, notre ennemi commun. Les ennemis de nos ennemis … Les fées affirment qu’une vingtaine de goules garde son repaire, de même que quatre swordwraiths et trois puissants bodacs. Le rappel du dernier bodac rencontré, dans la cité maudite des aboleths, me fait grimacer. La mort dans un regard …

Nous entrons donc dans le repaire labyrinthique de la Liche, jusqu’à ce que ses horribles créatures se manifestent. Je suis certain que celle-ci nous observe, à travers ses monstres, et je lui crie de se manifester, que nous voulons négocier. Un bodac se manifeste, et elle nous demande de la suivre, mais je refuse fermement, nous pouvons discuter sur place.

Nous attendons alors sa réponse, dans une salle plus ancienne que le temps lui-même, autour d’une statue à la gloire du démon bicéphale. Quatre créatures sont à ses pieds et implore sa clémence. Nous reconnaissons Orcus et Grazz’t, de même que l’araignée-loup Mishka, celle qui mordit la poussière face aux Wind-Dukes d’Aqaa sous la Rod of Seven Parts. Ah, en voilà une épopée ! La quatrième figure nous est inconnue, il s’agit d’un monstrueux scorpion possédant trois dards terminés par des têtes à 6 yeux. La statue émane d’une énergie arcane dont l’intensité nous éblouit, mais son origine semble obscure.

La Liche se manifeste enfin, protégée derrière deux bodacs, un swordwraith et une pléthore de goules. Nous nous rendons compte que sous sa peau parcheminée se trouve un bullywug ; qu’une créature aussi brute et épaisse puisse devenir un monstre de subtilité comme une Liche m’épate, pour tout dire. Orgrosh semble complaisant, nous devons être sa première conversation sensée depuis plusieurs siècles, sans l’ombre d’un doute.

Orgrosh semble être un très ancien allié de Demogorgon. Il affirme avoir assisté le dieu-démon dans la création du premier Death Knight, et à ces mots, on sent qu’il est aigri d’avoir été mis au rancart depuis. Il affirme connaître l’endroit depuis longtemps avant qu’elle soit une prison. Il affirme que l’endroit était le palais des plaisirs de Demogorgon lui-même, dont la concubine de l’époque était Shami-Amourae qui était dans la course pour devenir la reine des succubes. Aussi appelée la Lady of Delight, elle fit l’erreur de trouver la faiblesse du dieu-démon et d’essayer de le contrôler à travers celle-ci. Elle disparut ensuite, pour n’être plus qu’un murmure dans des légendes oubliées. Pas oubliées de tous, merci à la Sorcière et à ses connaissances des Mystères! Depuis, Malcanthet devint la reine des succubes et première concubine de Demogorgon.

Orgrosh semble enthousiaste de nous voir détruire Vanthus. Il affirme que celui-ci lui a volé principalement des wraiths, des créatures insubtantielles qui aiment attaquer à travers les murs, en plus de créatures de feu. Il affirme que la Marilith ne recherche que le combat et sera difficile à convaincre. Elle tient en effet Lavinia suspendue dans une cage au-dessus d’un puit de lave. Orgrosh affirme aussi que la Marilith est accompagnée d’un démon rouge que nous identifions comme Kelvezu, un démon assassin. Il affirme aussi que Belsamoth, le choisi de Zuggtmoy, est en amour avec l’eldarin Saureya. Il nous rappelle finalement qu’un Death Knight garde son âme cachée dans son épée, et est donc beaucoup moins fort sans celle-ci.

Nous lui demandons ensuite s’il est possible d’envoyer un message hors de la prison, car Hallya et Gunrak songent à demander à Tyralandy d’intercéder auprès de Lililanth la Marilith afin de nous laisser discuter avec elle. Comme les deux étaient liés à Grazz’t à une époque, tout est possible. Orgrosh sourit et pointe la statue. La Sorcière comprend que celle-ci est l’ancre du Forbiddance, le point d’origine du sort d’isolation de la prison. Un sortilège probablement issu du prince lui-même, j’en frissonai d’effroi.

Orgrosh affirme qu’il serait possible de détruire cette ancre, mais que cela serait discernable à très grande distance, probablement jusqu’à Abysm même, une conséquence qui porte à réfléchir. Il affirme cependant qu’il serait possible de percer des trous temporaires dans la couverture, car le sort est plus malléable autour de son ancre. Il affirme qu’il serait possible de communiquer avec Tyralandy et de garder la couverture ouverte pour lui permettre de communiquer avec Lililanth. Il semble curieux et possiblement amusé de nos efforts et accepte de nous aider à défaire Vanthus.

Je prépare le rituel de message, alors que la Liche se concentre avec la Sorcière sur l’ancre du Forbiddance. L’effort lui demande une concentration intense, et nous voyons ses morts-vivants se rapprocher de lui pour dissuader toute traîtrise. Sa capacité à concentrer les énergies arcanes est phénoménale, même Hallya qui n’est pas de la dernière pluie, ne semble faire que des étincelles auprès de lui. Presque par surprise, la connexion se fait, et je passe le message à la vile Tyralandy, qui répond laconiquement que le message a été passé à Lililanth.

Orgrosh se prépara ensuite à retourner dans ses quartiers. Nous lui proposâmes alors une alliance démoniaque, une trahison de Demogorgon en faveur de Grazz’t, vu que le prince des démons semble l’avoir abandonné dans cette prison maudite. Il rit à l’idée et affirme qu’il va y penser. Au moment de tourner le coin du corridor, Orgrosh pointe la statue et indique qu’"il y a des sorts pire que la mort". Autour de la statue, nous voyons flotter brièvement un Marut, une Marilith, Saureya, Vanthus et un bodac. J’en ai conclu alors qu’il est conscient de nos tractations secrètes au sein de sa prison et qu’il nous prévient contre la trahison. J’en aurais été effrayé, si je n’avais pas été aussi soulagé de me sortir vivant de cette rencontre.

Hallya et Farah par contre sont blanches comme un suaire. Farah affirme se souvenir du sort de Shami-Amourae. Farah affirme que pour éviter que le secret de sa faiblesse se répande, Demogorgon fit jeter Shami Amourae dans le plan des abysses appelé les Wells of Darkness. Il s’agit de puits creusés à même l’univers qui débouchent sur le néant. Il s’agit d’une oubliette éternelle d’où il est impossible de sortir. Il est souvent possible de ramener un mort à la vie, mais des Wells of Darkness, rient ne sort. Les rumeurs veulent que même les dieux craignent cet endroit. Le maître de ce plan s’appelle Ahazu the Seizer, un monstre sur lequel pratiquement rien n’est connu.

Hallya renchérit ; il y a des rumeurs qui affirment que certaines créatures aient échappés à Ahazu. Elle fouille dans le havresac de Gunrak et sort une longue dent. La longue dent démoniaque d’Ahazu. Hallyah termine : échappé … ou échangé … Je deviens blême à mon tour. Nous possédons maintenant un secret qui pourrait potentiellement nuire sérieusement au prince des démons, un secret qu’il a mis plusieurs millénaires à cacher. Nous cachons la dent rapidement. Oh, que je souhaite qu’Orgrosh la Liche n’ait pas vu cela ! Il avait déjà tourné le coin, mais qui sait, qui sait. Voilà un secret autrement plus grand que la folie criminelle de Vanthus ! Hallya nous rappelle finalement comment nous avons trouvé la dent ; grâce à un plan acheté par le gnome naturaliste dans une taverne de Sasserine. Par les Forces ! Depuis combien de temps sommes-nous sur ce chemin maudit ? Quel est ton but, oh Destin cruel !

Nous revînmes parmi les fées, songeurs. Le message était passé jusqu’à Lililanth, mais pour atteindre son secteur, nous devions croiser Belsamoth. Hallyah demanda avec une courtoisie désarmante une plume à Saureya, pour donner à Belsamoth et nous assurer passage. Saureya, écoeuré, accepta avec contrecoeur à condition que nous nous assurions de la mort du monstre. Il semble que Belsamoth passe chaque nuit à crier des odes amoureuses et perverses à Saureya, à travers le vide entre Paradis et Pénitence. La description de Belsamoth des habitants de la prison est unanime ; il s’agit d’une créature-poubelle, à l’image de sa maîtresse Zuggtmoy, la reine de la pourriture.

Sur le chemin, nous passons sur le grand belvédère de la prison, ancien palais des plaisirs du démon bicéphale. Hallya nous lit les descriptions en primordial sur le sol, qui composent des odes éternelles à Shami-Amourae. Une éternité qui a coupé court, hélas pour la succube.

Avec la plume angélique de Saureya, nous atteignîmes le repaire de Belsamoth. ‘Las ! Les descriptions des prisonniers étaient bien en-deça de la réalité. La présence même du monstre qu’est Belsamoth porte à vomir. Lui-même hoquête des vomissements à chaque phrase. Il parle avec une voix déchirante et porte autour de lui une odeur qui ferait fuir même les démons les plus aguerris.

À travers l’horreur par contre, nous avons distingué une salle anciennement sompteuse, avec plusieurs statues. Hallya murmure qu’il s’agit de Shami elle-même et j’en suis frappé. Une telle beauté ! Et une telle horreur, dans la même pièce, quelle infamie ! La sorcière nous pointe ensuite un coin de la pièce un peu dans l’ombre. Un trône richement décoré à deux dossiers ; un dossier pour une tête, et un dossier pour l’autre. Les genoux m’en tremblent encore d’y penser. L’aura de corruption émanent du trône est difficile à décrire ; on ressent Son ancienne présence à travers les pores mêmes de notre peau.

Hallya remis la plume de Saureya à Belsamoth, qui entreprit de la sentir, de la lécher et de vomir dessus copieusement. Il nous assura du passage et nous courûmes vers le pont menant au secteur de Lililanth la Marilith. Je pris refuge derrière la première statue disponible et je vomis alors par-dessus le parapet du pont. Entre Belsamoth et le trône du dieu-démon … c’en est simplement trop.

Lililanth la Marilith nous attendait de pied ferme, avertie par le message de Tyralandy. Je crois qu’elle espérait que nous gafferions, et que nous lui offrions un prétexte pour nous découper en morceaux. Nous usâmes des plus basses flatteries à son usage, ce qu’elle sembla apprécier. Elle en profita pour chanter ses propres louanges, parmi lesquelles nous apprenons qu’elle est maîtresse dans l’art des métamorphoses, qu’elle utilise pour torturer un goliath emprisonné. Elle ne semble heureuse que lorsqu’on chant ses louanges ou lorsqu’elle torture quelqu’un. ‘Las ! Ce quelqu’un est Lavinia, dans un état déplorable, les yeux pratiquement aussi fous que ceux de Saureya. Serions-nous arrivé trop tard ?

Lililanth affirme désirer les trésors de la salle du trône, et accepte de laisser Lavinia tranquille à condition que nous la débarrassions de Belsamoth le Moisi, comme elle l’appelle. Elle accepte même de nous laisser sa concubine pour le combat, l’assassin-démon Sashra la Kelvezu. J’en étais heureux sur le coup, mais un regard grave de Kharas me rappelle à la réalité. Il s’agit d’un démon. Kharas croit qu’elle ment à propose de Lavinia, ou du moins qu’elle ne nous dit pas toute la vérité. Sous le regard de Kharas j’ai retenu ma colère, mais si Lililanth pense qu’elle peut jouer impunément avec nous elle se trompe. Il est peut-être temps qu’elle apprenne qui sont Kharas l’éternel défendeur, Farah la manipulatrice des esprits, Gunrak l’apôtre de la destruction et Hallya la maîtresses des mystères ! Et Isom, accompagné du seigneur Erinyesblade, représentant des thieflings parmi les âmes perdues des abysses.

Ah, voilà que Gunrak, Kharas et la démone-assassine on finit de se consulter. Je note ici les habiletés de Belsamoth, le choisi de Zuggtmoy :

  • Il peut animer la pourriture autour de lui.
  • Il a une aura de pourriture autoure de lui, qui élimine les résistances au poison.
  • Il crée des zones nauséabondes.
  • Il recrache de la décomposition qui affaiblit beaucoup la victime.

Je ne peux m’empêcher de me rappeler la subtilité légendaire de Zuggtmoy ; une créature telle que Belsamoth semble balourde et stupide pour avoir été ainsi choisie par elle. Je dois en faire part à Hallya ; il faudra probablement le questionner, et peut-être retenir la lame de S’sahra la Kelvezu avant qu’elle porte le coup mortel. Peut-être aurons-nous une réponse sur qui contrôle réellement les filaments de notre Destin ?

Voilà, noble lecteur, le devoir m’appelle. Le fracas des armes, et la terre interminablement assoiffée de sang. Toi qui me lis, prend pitié de ton humble serviteur, et reprends s’il le faut les armes là ou je les ai laissées. Les voix du Destin sont impénétrables, et Ô combien cruelles !

Isom K.V. II

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Votre sérénissime Altesse royale....

Quelques minutes après la chute du surveillant de la prison de Demogorgon, un glabrezu d’une grande puissance, Kharas Skullcrusher se mit inexplicablement à écrire sur un feuillet extrait d’une besace à sa ceinture qui semblait contenir des dizaines d’autres feuillets similaires. Formant un cercle défensif autour de lui et le couvrant d’invectives pour que le groupe continue sa progression dans la prison et quitte cet endroit vulnérable, les mercenaires de Sasserine ne purent capturer l’attention de Kharas, qui demeura inébranlable, sa plume parcourant frénétiquement le papier pour former les runes de l’alphabet nain. Quelques minutes semblèrent par contre suffirent au nain pour terminer sa besogne.

Dès que l’encre eu séché, Kharas se leva, besace à la main, sauta à pieds joints sur le cou d’un rageborn dont la main droite laissait entrevoir quelques soubresauts de vie, le brisant net, et quitta la prison par une brèche pratiquée dans un de ses murs d’enceinte. Craignant pour sa vie, ses compagnons ne purent que se regarder, pantois, et partir à sa suite. Gunrak, avant même que Kharas ait pu quitter l’enceinte de la prison, se trouvait déjà à l’extérieur de celle-ci, s’étant extrait par une faille à quelques centimètres du plafond du premier niveau de la prison. Gunrak, à son atterrissage, se retrouvra devant le corps mince et émacié de Valris Valeriane Conte de Matavial. Confus, Gunrak demeura bouche-bée alors que Kharas lança la besace par-dessus son épaule et cria “Conte, au travail, vite!!!” pour ensuite agripper Gunrak et le ramener vers la brèche donnant accès à la prison de Demogorgon.

“Messsssssire, il ne fera un grand plaisssssssir de vous ssssssssservir” répondit le conte, avant de se diriger, besace frappée aux armes des Skullcrushers à la main, vers un groupe de ses hommes qui se trouvaient à quelques mètres de lui sous la couverture de la jungle épaisse.

Devant les regards incrédules de ses compagnons, Kharas grommela les mots “mon rapport”, avant de reprendre la tête du groupe vers leur objectif, la libération de Lavinia Vanderboren.
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Valris Valeriane Conte de Matavial avait rarement été aussi heureux d’avoir projeté une image astrale au lieu d’avoir utilisé son cercle de téléportation; dès son apparition dans la chambre d’audience attenant à la chambre privée du roi de Thorar de Khuzdun, deux nains surdimensionnés, des eternal defenders, se dit le perceptif conte, avaient abattu des craghammers à travers sa projection. Trois arbalétriers avaient aussi tiré des carreaux, certainement empoisonnés, à travers la même projection alors que deux prêtres de Moradin étaient en incantation, certainement pas pour le guérir, se dit-il.

PAIX!” répondit le conte, les deux mains avec la paume face à la colonne de boucliers des dwarven defenders qui s’étaient ancrés devant lui, immobiles telle la pierre sous ses pieds. “Valeureux nains, votre roi est bien prrrrrrrotégé, je ne peux que le conssssstater. Je livre un messsssssssage d’un des vvvvvvvvvvvvôtres, celui que vous nommmmmmmmez Chevalier.” Le conte baissa le regard vers la besace qui l’avait accompagné à travers les plans. Heureusement, les craghammers avaient évité l’objet.

“Votre hossssspitalité a été appréciée, maîtrrrrrrres nains. SSSSSSSSSSSSSSSSSSS’il vvvvvvvous plaît, vérifier que le contenu de cette besaccccccce ne soit que ce que je prrrrrrrétends et remettez là à votre réggggggent, il en sera forrrrt aise!” dit le conte, disparaissant de la salle fourmillant maintenant de nains armés.
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Thorar, roi de Khuzun, ses pieds bottés lourdement déposés sur son bureau, était plongé dans la lecture d’un feuillet de son neveu, un de ses chevaliers les plus chers. Le nain avait été assigné à la défense d’une amie personnelle du roi, une alliée commerciale de la distante Sasserine, Lavinia Vanderboren. La tournure des évènements décrits dans le feuillet fascinait par contre Thorar. Le chevalier devait protéger Lavinia, pas aller combattre Demogorgon et ses sbires chez lui!!! La première réaction de Thorar avait été d’envoyer ses eternal defenders appuyer Kharas – il avait même fait la demande de volontaires dans la salle de garde. Évidemment, tous les defenders s’étaient levé à l’appel de leur roi et des escarmouches s’étaient déclarées parmi leurs rangs. Thorar les laissa combattre – il y avait longtemps que sa garde rapprochée ne s’était pas retrouvée en situation de combat – secoua la tête et agrippa son sergent, Dunbar. “Ramène-moi un prêtre”, avait-il dit.

Depuis, Thorar lisait et relisait un passage se déroulant après l’arrivée du groupe – son neveu voyageait avec une elfe, une elfe! et deux tieflings! – à Gaping Maw. Ses yeux parcoururent alors, pour une quatrième fois, les mots suivants:

“|…| Laissant le bateau du conte de Matavial derrière nous, nous repartîmes vers Dividen’s Ire, le destin de Farah et Isom nous ayant été dévoilé en partie sur les planches du navire porté par les soubresauts de la mer de sang acidulé de Gaping Maw, Lord Fruwad, le vassal d’Isom à nos côtés, son destin lui permettant finalement de mettre fin à sa solitude et de retrouver l’un des siens. Le destin de Farah, par contre, était d’un intérêt remarquable pour notre quête. Ce dernier lui permis de consulter un oracle pour éclairer notre route. Ainsi, nous apprîmes que La Marée Sauvage, une vague de sauvagerie et de folie, allait déferler sur le monde, transformant la civilisation en un chaos indescriptible, une oeuvre de Demogorgon, le prince démon. Les perles, par leur explosion dans un grand nombre de villes du plan matériel, allait être la clé permettant l’arrivée de la Marée Sauvage, mais seulement lorsque le Blood Rift, un conduit parcourant les Abysses, se retrouvera dans un alignement parfait avec le plan matériel. Selon Isom, les Abysses sont chaotiques et imprévisibles; il serait alors impossible de prédire un tel évènement. Ces perles, pour assurer leur destruction, doivent être submergées dans un élément d’une grande pureté. L’oracle nous remit une liste partielle des contacts de la Crimson Fleet dans vingt-cing villes où une livraison de perles avait eu lieu. À court de temps et d’alliés, je ne pu que me retourner vers le diable Baal, lui demandant de garantir que les contacts allaient être menés devant la justice des villes impactées selon la définition de la justice de Bahamut. Baal accepta, bien que je ne peux garantir qu’il respectera à la lettre notre contrat, rien ne peut me laisser présager que les diables désirent le chaos tant chéri par leurs ennemis les démons. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, me dis-je tristement…

- Ce passage était écrit avec des runes grossières, écrites sans l’application habituelle du chevalier -

Dividen’s Ire est en réalité deux îles, une île couverte d’une jungle épaisse, l’autre, couverte de vapeur nauséabondes en provenance d’un volcan marin en activité et en partie submergé. Nous savons que le traître Death Knight Vanthus Vanderboren se trouve sur un îlot au milieu du volcan, Isom l’a aperçu à travers une boule de crystal. Nous ne pouvons tout de suite nous rendre sur le volcan le confronter, ce dernier est inaccessible de la mer à cause de ses pentes escarpées. Nous devons parvenir au volcan à travers la prison elle-même, une structure surmontant et chevauchant les deux îles; nous cachons le navire dans ce qui peut être décrit comme une baie près du volcan sous le couvert de la vapeur ambiante et nous couvrons en chaloupe le reste de la distance vers la jungle. Nous parcourons alors la jungle sans bruits vers la base de la structure. Nous sommes suivis, mais Gunrank réussit à créer suffisamment de diversions pour laisser notre poursuivant loin derrière nous. La structure est titanesque, en très bon état structurel malgré l’environnement difficile, probablement protégé magiquement. Des bas reliefs et des fresques entourent ses murs, montrant des démons en train de pratiquer des actes immondes. Sur les fresques et bas-reliefs, un démon femelle aux cheveux blonds est systématiquement effacé ou sculpté à nouveau. Pourquoi? Des combats se sont produits récemment autour de la prison, des éboulis et des brèches pratiquées dans les murs de la prison le confirment. Nous y pénétrons pour nous retrouver dans une pièce énorme avec le plancher couvert de débris humains et matériels. À notre gauche, un mur construit à la hâte, derrière lequel des pas se font entendre. À notre droite, des cris, vers lesquels nous nous dirigeons. Une seconde salle gigantesque nous attend alors, une pièce défiant toute logique, avec des cages pendant pèle-mêle au plafond avec un contenu alternant entre des poissons morts et des anges d’une puissance infinie. Des créatures patrouillent les corridors entre les cages, des rageborns; nous tentons de les éviter. Les créatures dans les cages, elles, gémissent, mais sont pour la plupart trop blessées ou atteintes par la folie pour que nous puissions les aider. Une porte nous fait face, nous y pénétrons. Des excréments et des corps nous attendent encore passé le seuil de cette porte, de même que des rageborn et un glabrezu demon, l’ancien surveillant de la prison de Demogorgon. Comme toujours, nous avons mis à bas nos ennemis pour la gloire de Moradin. Le surveillant n’est qu’inconscient; son âme perdue devra répondre à toutes les questions que nous allons bien vouloir lui poser… |…|"

Le vénérable grand prêtre de Moradin Halar Ironfist fit alors son entrée dans la chambre privée du roi Thorar – sans frapper, comme à son habitude. Feignant son indignation suite à ce manque de décorum envers la royauté qu’il représentait, Thorar claqua la langue avant de lever la tête vers son plus fidèle ami. “Dis, moi, Halar, comment fait-on pour visiter les Abysses?” dit le roi Thorar, afficha un large sourire. Halar, sans arrêter de marcher vers le bureau de son roi, répondit alors: “Bien, vous êtes toujours aussi cinglé, Votre sérénissime Altesse royale”

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Descente aux enfers

Non, non, non je ne peux pas croire que l’on se soit séparé pour ça. Le premier groupe est partie recruter une bande de dégénéré aussi fêlé que nous pour naviguer dans les abysses et qui plus est, sur le plan de Démogorgon. Pour ma part j’en avais assez vue. Je suis donc partie avec la warlock à la Porphyry House. Nos intentions n’étaient probablement pas les mêmes mais je fus très bien servie. Nous avons discuté dans une des nombreuses pièces appartenant à la demie nymphe-demi succube. Mais que ne fut pas ma surprise lorsque j’aperçu la warlock que je pensais très bien connaître mais pas à ce point. WOW!!!!! Quelle belle surprise, ce fut une image dont je conserverai à tout jamais le souvenir. Pendant que la warlock discutait avec la créature pour lui mentionner que nous avions rempli notre part du contrat et acquérir des informations sur le niveau des abysses que nous devrions ’’visiter’’ sous peu. Malheureusement ou heureusement je n’ai pas très bien suivie la conversation car mes yeux étaient rivés sur la warlock entièrement dévêtue et ho quelle point ravissante.

Malheureusement la discussion s’est terminée plutôt rapidement. Nous avons donc rejoint nos compagnons sur notre bateau pimper à font la caisse. Après avoir échanger nos informations, nous avons décider de retourner à la porphyry house au grand désarrois d’Isom et de la warlock afin d’y rencontrer notre cher ami Baal, qui pourrait peut-être nous donner des informations complémentaires sur le sujets et peut-être même nous indiquer s’il y aurait des alliés potentiels sur ce plan. Je profitai de l’occasion pour présenter une copie non identique de la warlock au maître nain qui ne fut probablement pas déçu mais elle n’était pas comparable à celle que j’avais vue précédemment.

Je crois que c’est à ce moment où j’ai pensé le plus à m’acheter une belle petite bicoque et y installer mon potager. Non mais c’est quoi cette histoire, on va vraiment aller où se trouve la prison dite ‘’désir et pénitence’’ non mais c’est quoi ce bordel. D’un autre côté, peu de mortel de notre plan on été visiter les abysses qui sait qu’elle créature et quel trésor nous allons rencontrer. Hum…. cette idée est presqu’aussi jouissive que de voir la warlock à poils. Cette Lavinia faudrait l’enchaîner mais chez elle afin qu’elle y reste, y’en a marre de courir après. S’tidée aussi d’avoir un frère complètement dingue. Quelle famille de fous….

Le temps de penser à tout ça et des éclairs se promenais sur le navire et on ce retrouva sur un océan de sang. Hummmm…. ok je crois que l’on est sur la bonne voix mais pas tout à fait à la bonne place. Effectivement il a fallut consulter les sages afin de se diriger vers le tourbillon qui mène au différent niveau des abysses. Ils sont fous ces sages! Comme si un navire était fait pour naviguer à 90°. C’est vraiment n’importe quoi…. Bon, nous prenons un chemin et en suivant les éclaircies, nous avons trouvé la sortie. Ho quelle surprise! Nous avons l’air à la bonne place mais sans moyen de s’orienter.

La chance est avec nous, un navire qui vogue sous pavillon marchant est à vue de notre vigile complètement tarer. Ça tombe bien il va bien avec le groupe. Après lui avoir fait signe, il s’approche et se présente. Effectivement c’est un marchant qui peu, si vous avez les moyens, vous trouver tout ce que vous voulez et ce, rapidement. Farah et Isom ce sont même fait tirer aux cartes. Mille visages a eu plus de chance que ce pauvre Isom mais, une chance tout le monde est resté en vie. Nous avons maintenant un Sextant nous permettant ainsi de s’orienter dans ce monde désordonné.

Dam…….


Isom secoue son pourpoint, laissant un tapis de cendres sur le pont du bateau. Le vent implacable de Gaping Maw souffle les cendres par-dessus bord. Le regard d’Isom suit la traînée grisâtre dans l’air nauséabond des abysses, l’air songeur. La ruine …

<< Les forces du Destin, seigneur Fruward … >> affirme le barde, soudainement joyeux.<< Je crois que le Destin désire m’enseigner l’humilité, en m’offrant si galamment vos services, tout en détruisant mes vieux atours. Le Destin m’offre une chance de changement, puis-je vraiment la laisser passer ? >>

Une vibration distincte provient de la cabine de l’étrange navire marchand. Le Comte de Matavial est de retour dans les Abysses.

<< Mes excuzzes, seigneur tiefling. >> sussure le Comte. << Votre demande était un peu … particulière, même pour les marchands … aguerris que nous ssommes … >>

Une caisse volumineuse suit le Comte sur le pont du navire, poussée par un éladrin peu amène. Isom ouvre la caisse et tire une pièce d’armure de bonne facture, visiblement très ancienne. Isom retourne la pièce, dévoilant une insigne élaborée inscrite sur la surface de l’armure. Le seigneur Fruward fronce visiblement les sourcils à la vue de l’insigne. Isom offre en réponse un sourrire carnassier.

<< Est-ce sage de descendre dans le repaire du maître des démons avec les couleurs infernales de Bael Turath … probablement pas, certainement pas. Mais l’heure est venue de repayer la dette contractée par nos ancêtres, mon frère. L’heure est venue de libérer les thieflings du joug du passé. Et cela commence par redonner un sens et une droiture aux anciennes couleurs de l’Empire déchu. >>

Isom caresse l’armure pensivement, passant la main sur le patin laissé par les années et les innombrables marques de bataille. Sa main s’arrête près d’un trou béant, probablement le témoignage d’un maître coup et probablement le dernier testament de l’ancien propriétaire de l’armure.

<< Oui, il est temps de réparer les erreurs du passé … >>

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Chute du Cold Captain Wyther

Le Cold Captain Wyther

D’une main experte, Isom met la dernière touche au portrait sinistre du Cold Captain Wyther.

<< Voilà … la première planche de l’ Addendum aux Illustrations Fantastiques d’ Ématurge le Voyageur. Quelle opportunité de pouvoir enrichir les travaux d’un tel maître ! >> pense Isom, en tournant amoureusement les pages inestimables de l’ouvrage original trouvé dans le trésor de la Crimson Fleet.

Le thiefling inscrit laborieusement les informations obtenues sur la créature mi-humaine mi-démoniaque au bas de la planche : capable de voler, inflige de glaciales malédictions, commande aux esprits, … Sa mort, et la destruction de la base de la Crimson Fleet, sont un soulagement pour tout ce qui se considère civilisé dans le plan matériel. Le plan matériel …

L'astrolabe arcane de la Crimson Fleet

Le trésor de la Flotte possédait aussi un autre prix de grande valeur ; un astrolabe arcane capable de diriger un navire sur un autre plan. Hallyah et Farah affirment pouvoir retracer l’origine du dernier passage, après une étude approfondie de l’appareil, mais il s’agit très certainement d’un point dans le Gaping Maw, l’océan abyssal de Demogorgon. Le barde frissonne instinctivement à cette idée. Une vibration distinctive dans le champ arcane de la petite chambre de Scuttle Cove tire Isom de ses pensées.

<< Tu es de retour, lézard. Nul doute que tes maîtres sont satisfaits des progrès de notre équipe. Ils feraient mieux de nous aider, plutôt que de nous espionner ; les papiers de la Flotte ne peuvent le nier, la marée sauvage s’en vient, et avec elle, la destruction des anciens pactes à l’origine de ta race. Et de la mienne … >> Isom devient songeur. << Le plan matériel a besoin de toi, petit lézard, mais moi, je n’ai plus besoin de toi. Que pourrais-tu faire de toute façon dans les ténèbres maléfiques des Abysses ? >>

Presque négligemment, le barde module les énergies latentes de la chambre vers le mur où s’accroche le lézard. Ce dernier disparaît dans un cri de protestation juste avant que le mur ne retentisse d’une vibration sourde. De la chambre voisine, le guerrier Kharas jette un oeil inquisiteur dans le nouveau trou percé dans le mur. Impavide, le nain retourne à son travail.

Isom retourne à sa planche, vaguement irrité. Le lézard est déjà perché sur le sommet du chevalet, le toisant d’un air de défi. Le thiefling laisse échapper un cri de déception.

<< Soit ! Tu veux rester, tu restes. Mais ne vient pas te plaindre lorsque les Abysses donneront ta misérable petite âme en pâture à des monstruosités qui défient l’imagination ! >>


Kharas passa à son bras gauche la dernière pièce de l’armure de son grand oncle, le paladin de renom Khordaldrum Skullcrusher, des larmes coulant sans honte sur ses joues hirsutes. L’histoire de la mort héroïque de Khordaldrum lui avait été racontée il y a des décennies alors qu’il n’était qu’un enfant à Khuzdun. Son grand oncle était un héros de son peuple, un légendaire paladin de Moradin du clan Skullcrusher, la fierté de Khuzdun.

Maintenant… maintenant son armure vide se retrouvait abandonnée dans l’antre d’une flotte de pirates à Scuttle Cove, à des lieux de Khuzdun, tout comme Kharas, d’ailleurs.

Son roi, Thorar Skullcrusher, l’avait assigné personnellement à Lavinia Vanderboren en tant que garde du corps il y si longtemps… lui aussi, pensa-t-il, se retrouvera peut-être un jour comme pièce maîtresse d’une exposition macabre lorsqu’il chutera finalement sous les coups de ses ennemis. Il ne sera alors, lui aussi, rien de plus qu’une légende pour les futures générations de nains qui seront entraînés, comme Kharas, pour devenir les protecteurs de leur peuple, les eternal defenders nains.

L’armure de Khordaldrum enfilée, le nain s’appuya sur son craghammer, pensif. Les Abysses! Jamais le vieux nain n’aurait cru s’y rendre. Il pensa alors à son vieux roi, Thorar, envers qui la loyauté de Kharas était complète. À travers des centaines de combats, il n’avait jamais vu le roi ailleurs que devant lui, au front, menant ses troupes. Sous son commandement, Khuzdun n’avait jamais retraité, jamais perdu une bataille. Il n’avait pas besoin que son roi soit à ses côtés pour savoir qu’il lui ordonnerait de retourner chaque pierre des Abysses jusqu’à ce que Lavinia Vanderboren soit de retour saine et sauve à Farshore. Kharas, à l’image de son roi, décida alors de suivre le chevalier de la mort Vanthus Vanderboren dans les Abysses pour lui soutirer son prix. Certains imaginent que les nains vivent si longtemps à cause de leur constitution légendaire; Kharas, lui, avait toujours cru que les nains vivaient si longtemps parce qu’ils étaient beaucoup trop têtus pour mourir. Cette idée n’aura jamais été aussi vrai pour lui qu’en ce moment; il empoigna son craghammer dans le but de regagner le Sea Wyvern, envoyant un coup du revers de la main à Gunrak au passage – le moine le méritait probablement.

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Assaut de la forteresse de la Crimson Fleet - suite

Balik affichait un large sourire, un événement rarissime pour le taciturne maître-espion. À la proue d’un bateau soutenu par les mats de bateaux similaires enchevêtrés sous ce dernier dans une position défiant toute logique, Balik assistait à la course frénétique et déchaînée du guerrier nain Kharas, tenant heaume et marteau de guerre d’une main, lourd bouclier frappé aux armes des Skullcrushers, le clan dirigeant de Khuzdun, de l’autre. Le nain courrait dans sa direction – regardait dans sa direction, même. Mais il n’apercevrait pas Balik. Le groupe des mercenaires de Lavinia Vanderboren de Sasserine s’était grandement amélioré depuis le début de la filature de Balik pour le compte de l’Organisation il y a quelques mois, mais pas suffisamment pour percer les voiles d’ombres entourant Balik et déceler sa présence. Le nain courrait – pour lui aussi un événement sans doute rarissime – à la suite du moine Gunrak, déjà aux côtés des servants de la baliste défendant la poupe du premier bateau de la forteresse de la Crimson Fleet, que le groupe était en train d’éliminer méthodiquement. Impressionnant, considérant leurs tactiques déficientes, se dit Balik.

« Un assaut latéral en joue de deux puissantes balistes » murmura le revenant, autrefois un eladrin, comme Hallya, qui fit à ce moment un pas à travers le Feywild, où le temps s’écoulait selon la perception des eladrins, pour ensuite réapparaître à plusieurs mètres devant elle sur la proue du bateau pour couvrir les servants d’une des balistes d’une malédiction suivie d’un arc d’énergie pourpre qui atteignit un pirate directement au cœur et le fit vaciller tel une marionnette abandonnée par son maître dans les eaux fétides entourant le complexe.

« Je suis en amour ! », s’exclama Balik, moqueur. Il se tendit alors immédiatement; bien avant les mercenaires, il aperçu le retriever qui dissimulait son corps de la taille d’un cheval de guerre lourd sous un tas de détritus, côté tribord du bateau où les pirates tombaient maintenant sous les coups du groupe, perfectionnés au travers de nombreux engagements. Malgré le fait que ses dagues aux lames de pure énergie s’étaient matérialisées dans ses mains, Balik prit alors la décision de ne pas intervenir. Il s’agissait après tout d’une évaluation pour l’Organisation. Si les mercenaires ne pouvaient outrepasser un retriever, ils ne valaient pas le temps de l’assassin. Mais les retriever demons, chasseurs de primes des maîtres des Abysses étaient des adversaires coriaces; dès sa sortie du tas de détritus, ce spécimen le démontra en propulsant de ses yeux globuleux un rayon aveuglant vers Isom le barde tiefling pour ensuite immobiliser l’eladrin Hallya près du mat du bateau. D’un geste sarcastique, Balik mima l’explosion de son cœur après l’attaque vers l’eladrin, mais grimaça bien réellement lorsqu’il vit Gunrak transpercé par les puissantes pattes du retriever et transporté vers le sommet du mat, sans doute pour être projeté ensuite vers les eaux qui allaient transmettre au blessé maintes afflictions.

Retriever

« Un de moins…», se dit Balik, saluant le moine avec lequel il s’identifiait le plus au sein de ce groupe, lui qui, comme Balik, semblait pouvait détacher ses actions de sa conscience et vivait dans le moment présent, sans se soucier des conséquences.

Pour la deuxième fois de la journée, un sourire naquit pourtant aux lèvres de Balik. Comme il l’avait prévu, Gunrak fut projeté vers les flots…et y atterrit sur ses pieds, marchant sur le liquide corrompu comme s’il s’agissait des solides planches du bateau sur lequel il se trouvait quelques secondes auparavant, bateau vers lequel il retournait d’ailleurs avec une grâce et vitesse toute féline. Balik haussa les sourcils; il devrait se remémorer ce talent au moment opportun.

Bien que les rayons et les pattes du retriever aient infligé des dommages importants aux mercenaires, le chasseur s’écroula finalement, l’ancestral bateau protestant sous son poids titanesque. Malgré les paroles encourageantes et les douces mélodies du barde tiefling, Balik ne put que constater les blessures ensanglantées et le souffle court des assaillants. Il assista alors à la planification de la retraite initiée par Kharas, une diversion enfantine visant à permettre l’ouverture de l’espace extradimensionnel dans lequel le groupe allait panser ses blessures et bénéficier d’un repos bien mérité dans l’antre des pirates.

Balik retira alors le dard du cou du garde qui gisait à ses pieds, sa peau bleuie et boursouflée par le puissant poison qui parcourait maintenant ses veines et traça un cercle sur le sol avec son index couvert d’une poussière argentée. Balik et le garde semblèrent alors disparaître dans les voiles d’ombres qui entouraient l’assassin en permanence; en réalité, ils entrèrent dans un espace extradimensionnel du Feywild similaire à celui que les mercenaires utilisaient en ce moment même. Il put alors assister au retour des pirates, qui récupérèrent carreaux et matériel du bateau qu’ils croyaient dorénavant abandonné. Pour couvrir leurs retraites, les pirates coupèrent les cordages qui reliaient les bateaux, une bien faible protection considérant que les mats joignaient les bateaux entre eux.

Quelques heures suffirent au groupe pour émerger de leur repaire et débuter silencieusement l’ascension du mat. À son arrivée sur les planches du bateau supérieur, la femelle aux milles visages plaça le pied sur un support en métal qui grinça plaintivement – la bataille était déjà lancée. Deux démons Nalfeshnee, les juges des âmes des Abysses combinant l’apparence d’un sanglier gigantesque et d’un macaque avec des ailes minuscules ainsi qu’un capitaine de la Crimson Fleet et son entourage armé d’arbalètes et d’incantateurs se retournèrent à l’unisson. Balik entendit l’incantation d’une malédiction nécrotique lancée vers Gunrak par le capitaine de la Crimson Fleet qui venait tout juste de perdre son flanc gauche aux puissants coups de pieds, genoux et poings du vif moine qui termina sa progression fulgurante avec un coude bien senti qui fit vibrer la mâchoire d’un incantateur. Dans son élément, le nain Kharas planta ses pieds devant un Nalfeshnee et fit danser son marteau, appuyé et parfois contrôlé par Farah qui lui permettait des attaques puissantes en attirant l’attention du démon et se déplaça seulement lorsqu’il put enjamber les résidus de chair et d’os de sa carcasse. Considérant l’opposition leur faisant face, Balik considéra leur performance digne de mention.

Directement au-dessus de l’ouverture de son espace extradimensionnel, il put assister à l’interrogatoire d’un pirate incantateur, le dernier survivant du bateau, qui révéla que Vanthus Vanderboren, le frère de Lavinia, avait quitté avec elle et le bateau amiral de la Crimson Fleet vers les Abysses. L’incantateur poursuivit avec la localisation de quelques perles noires de destruction et les villes vers lesquelles elles avaient été acheminées par la Crimson Fleet. Balik nota avec intérêt l’échange, ouvrit une boîte à sa ceinture et glissa un doigt dans la poussière argentée que la boîte contenait, pensif. Il devait faire état de la progression des mercenaires et était attendu…

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Assaut de la forteresse de la Crimson Fleet

Une flèche part en sifflant dans le ciel embrumé par les vapeurs nauséabondes des marais salins. Nyste le Dingue pointe un oeil hors de la tour de bateaux impossible au centre de la forteresse de la Crimson Fleet. Le signal. Des intrus dans la forteresse.

Nyste crache par le meurtrière, et suis de l’oeil les patrouilles qui se dirigent vers l’entrée du repaire. Le crachat flotte un moment dans l’air pesant du matin avant d’être avalé par l’eau malsaine. Il sort délicatement son arc long et suit le regard des patrouilles quatre étages plus bas. Des éclats de voix proviennent de la jungle près de la barricade.

Nyste range son arc, et sors sa longe vue, dépité. Trop loin, beaucoup trop loin. Avec la longue vue, il remarque un combat furieux sur le premier quai en bordure de la jungle. Un nain en armure, un humanoïde en perpétuel mouvement, et des éclats magiques provenant de la jungle. Non, des aventuriers ? Le Dingue craignait un assaut des pirates rebelles, ou pire, mais un tour d’horizon avec la longue vue ne montre aucune voile ennemie. Le visage du Dingue s’étire d’un vaste sourire édenté.

Trois barques sont mises à l’eau, dans la crique fétide du repaire. Des renforts, déjà ? Et un capitaine de la flotte lui-même ? Nyste reconnait le capitaine thiefling à sa longue queue de scorpion qui fouette l’air violemment alors que son équipage souque ferme vers la jungle.

La longue-vue pointe vers la barricade et la tour de guet. Rien. Où sont ces saletés de goristos ? Et l’autre capitaine thiefling, où est-elle passée ? De la longue-vue, Nyste aperçoit des traces de sang, des traces d’immenses griffes. Que s’est-il passé, par les têtes du double-démon ?!

Nyste ramène sa longe vue vers le quai ensanglanté près de la jungle. Le quai est couvert de corps de pirates ; le dernier survivant de la patrouille lâche un cri désespéré avant de tomber dans l’eau dans un bruit de succion. De deux gibets, des ululements sinistres emplissent l’air. Les aventuriers sont invisibles, à nouveau cachés par la jungle démente entourant la forteresse. Nyste voit alors une ombre, puis une autre, glisser silencieusement au-dessus de l’eau fétide du marais salin. Il ricane ouvertement.

Les ombres fondent brusquement au milieu de la jungle, dans un cri si violent qu’il fait jusqu’à trembler l’empilement de bateaux, le refuge de Nyste. Une sueur froide coule dans son dos crasseux à la pensée de ces démons volants issus du froid. Des éclats de magie sortent à nouveau de la jungle, soudainement couverte de givre.

Le thiefling-scorpion prend pied sur le quai et lance des ordres d’une voix stridentes aux forces de la Flotte amassées sur place. Les pirates tirent des carreaux dans la jungle, alors que le capitaine lance un éclat de magie noire au milieu des fourrés. Un cri de douleur et de surprise retentit. Nyste ricane, soulagé malgré lui de voir l’ennemi finalement touché.

À ce moment, la jungle s’éclaire d’un éclat écarlate. Les pirates rechargeant leurs armes hésitent un moment. Des rayons roses ? Des rayons roses partent dans toutes les directions de façon frénétique. Deux rayons frappent le thiefling-scorpion qui recule de surprise. Un rayon de pure lumière noire suit juste derrière et touche encore une fois le capitaine en pleine poitrine, rejetant un sang noir comme de la bile sur le quai. Un mouvement flou passe devant le capitaine et les arbalétriers s’effondrent les uns sur les autres. Le capitaine, revenant de son étourdissement, frappe de son dard, forçant l’humanoïde à arrêter pour bloquer le coup. Un moine githyanki ! Ou githzerai ? Un monstre certainement. Nyste observe, subjugué, le combat silencieux du capitaine qui tente de dégager son dard de la prise du moine. Ce dernier finit par lâcher l’appendice et d’un magistral coup de pied envoie valser le capitaine et l’arbalétrier survivant au-dessus de la barque et dans l’eau saumâtre.

L’arbalétrier se mets à crier alors que sa peau se couvre de pustules multicolores. Nyste baisse sa longue-vue. Il se retient violemment de vomir alors que l’arbalétrier malchanceux se dissout avec son cri dans les eaux démoniaques du repaire. Il tente de retrouver les autres patrouilles appelées en renfort. L’une d’elle achève de se consumer, décimée par une conflagration infernale. Le nain en armure achève le dernier survivant de l’autre d’un violent coup de bouclier. La jungle elle-même est silencieuse ; aucune trace des démons volants.

De la tour impossible, des cris gutturaux commencent à retentir. Nyste range sa longue-vue avec regret et sort son arc. Des créatures, mi-humaines, mi-démoniaques prennent position dans la forteresse de bateaux empilés. L’une d’elle s’arrête près de lui et lui susurre, d’une voix glaciale : “Le temps est venu.”

Nyste ouvre une blessure dans son avant-bras et y trempe la pointe d’une flèche, avant de l’encocher doucement. Oui, le temps est venu. Il est temps de montrer aux étrangers qui est le Maître ici.


Les héros ressortent de la jungle étouffante du côté de la plage. Gunrak le Fou dirige le groupe vers le bâtiment de pierre de l’autre côté du marais, se faufilant discrètement entre les barricades et la jungle. Un silence de mort repose sur le repaire de la Flotte, à peine brisé par les soupirs des suppliciés des gibets.

Le bâtiment de pierre de deux étages ne possède qu’une porte ; aucune fenêtre ni autre ouverture. Le groupe atteint l’unique porte ; Isom lâche des coups d’oeil nerveux vers la tour impossible, mais aucune activité ne semble visible. Gunrak arrête le groupe à l’entrée du bâtiment ; tout le groupe sent le piège.

Le vestibule du bâtiment fait deux étages, et est tapissé à gauche et à droite de deux grande peaux, que Kharas identifie comme de la peau de démon, couverte d’une image qui glace le sang. Farah identifie l’image comme une vision du 88e plan des abysses, le Gaping Maw, un océan démoniaque remplit de pics rocheux malévolents. L’image montre des milliers d’humanoïdes se tordant dans l’eau dans les affres de l’agonie ; et bien sûr le démon à deux têtes lui-même, perché sur un de ces pics.

The Gaping Maw

Farah affirme que Demogorgon contrôle le 88e et le 90e plan, aussi connu comme la Screaming Jungle. Le 89e plan est le plan de Dagon, la Shadow Sea. Le milieu même du Gaping Maw possède un immense tourbillon appelé l’Oeil, qui mène directement au Blood Sea, un nexus qui communique avec d’autres plans démoniaques. Les deux plans de Demogorgon sont appelés Abysm, du nom de la forteresse contenant les armées du démon, la capitale d’Abysm s’appelant Lemoriax.

Farah démontre ses dires en projetant son image à proximité de la peau accrochée au mur. Celle-ci saute du mur et avale littéralement l’image. La métamorphe affirme qu’une telle peau est arrachée d’un démon vivant et est traitée spécialement pour servir de piège aux infidèles.

La métamorhpe re-projette son image et ouvre la porte suivante, qui explose littéralement dans un nuage d’acide. Miraculeusement intacte, l’image tente encore une fois d’ouvrir la porte, qui explose encore une fois dans un violent arc électrique. La sorcière et la psion remarque à ce moment les glyphes au-dessus de la porte, qui brillent faiblement lorsque la porte est activée. Avec réluctance, Gunrak s’approche de la porte piégée et avec l’aide de la psion, désactive la porte piégée.

Le vestibule donne dans un petit temple de deux étages de haut, où une toile de laine représentant encore le démon à deux têtes est tendu au-dessus d’un autel. Isom arrête Gunrak avant qu’il s’approche de l’autel ; le plancher devant celui-ci oscille discrètement de façon rythmique dans la lumière blafarde provenant de l’extérieur. Un autre piège. Et une autre porte vers une dernière salle, couverte de glyphes. Isom guide la main de Gunrak cette fois-ci, qui réussi encore une fois à éliminer le piège de la porte.

Demogorgon in the Gaping Maw

Le coup tombe avec surprise. Une gargouille insubstantielle attaque à travers la porte et arrache littéralement une partie de l’âme du moine. Isom tente d’attaquer la créature, mais celle-ci fuit à travers les murs et refait surface derrière eux, prenant Farah et Hallyah par surprise. Le nain en profite pour assommer le monstre et le groupe termine celui-ci avant qu’il puisse fuir à nouveau à travers les murs.


Nyste le Dingue observe le bâtiment de pierre. Pendant un bref instant, la gardienne du temple est passée au-dessus du bâtiment avant de replonger à travers le plafond du bâtiment. Il ne se fait pas d’illusion ; il n’y a pas eu de cris de douleur, pas de cris de surprise. La gargouille n’a aucune chance si les pièges ont été désactivés. Nyste guette la porte du bâtiment.

Du mouvement. Le nain. Le monstre verdâtre. Un thiefling ? Ah, très bien. Le Dingue tend son arc, murmurant une prière silencieuse pour les créatures des abysses :

“Salut thiefling, sang-maudit par les esclaves des Enfers. Dis-moi ce que tu pense du sang maudit par les servants des Abysses !”

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L’île de la Crimson Fleet

Wow, ce fut un bal dont je vais me rappeler toute ma vie où tout les désirs et fantasmes de ce bas monde était non seulement permis mais plutôt encourager. Suite à mes nombreuses prouesses, un repos bien mériter était de mise. Peu de mes compagnons étaient prompt à passée la nuit près de moi, va savoir pourquoi….

Ha non pas un autre déjeuner provenant de ce panier, aillant également profiter des victuailles de la veilles je pris donc comme décision d’attendre d’être rendu sur le bateau afin de profiter de notre nouveau joyaux. Bien sûr maître nain déjeuna avec une bonne bière naine issue de ce buck aux mille vertus.

Il était malheureusement temps de quitter cette île au milles plaisirs charnel pour une autre beaucoup moins plaisante sur ce point mais au combien plaisante pour tous les aimants de la destruction. Cependant, on ne peut y arriver seul, nous avons donc été chercher la traitre qui connais bien tout les rouages de la Crimson Fleet.

Le protectorat était en plein déménagement grâce aux nouveaux locaux que nous leur avons fournis. Nous avons appris de nombreux détails sur les lieux qui nous attendait et aussi sur nos futurs rencontres. Nous avons également appris que c’est grâce à notre réputation que nous avons été contacté et ce, pour mettre un terme à un ennemi commun, ce cher Vanthus.

Arriver sur le bateau, je n’ai pas eu besoin de me faire prier bien longtemps pour savourer le festin issu de notre nouvelle acquisition. Guider, par la traitre, nous avons navigué vers l’île ou était le port d’attache de la crimson fleet. Cette île maudite ou plutôt abyssal car dans l’eau nous pouvions y voir les poissons venant des abysses et ce en très grand nombre.
L’île était en fait protéger par une illusion, illusion qui ne trompa l’œil d’aucun de mes camarades. Cependant, plusieurs choses terrifiantes nous attendaient dont une sculpture qui fut rapidement remarquer par tous car elle était faite de bateau maudit qui criait et dont seules les forces des abysses pouvaient faire tenir.

La marche avant d’arriver devant l’entré du repaire était totalement à découvert. Hum…. Je n’aime pas ça mais bon, on avance quand même et que voit-on, nos amis Goristo, comme prévu, en plus de nos deux amis, on à droit à quelques gardes cacher dans une tour, bande de peureux, et une warlock. Personnellement, les warlocks, je les préfère à mes côtés. Va savoir avec quel démon celle-ci à pactiser ! Ce fut un combat mémorable car je n’ai jamais frôlé la mort d’ici prêt. Ce qui n’est pas trop mal car cela me fait réfléchir sur ma position dans ce groupe.

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Scuttle Cove - bal au Porphyry House

Entendant un coup sourd et vif à la porte de son étude, le vénérable grand prêtre de Moradin Halar Ironfist, vêtu d’une lourde tunique façonnée d’un savant mélange de racines, boue séchée et tissus appelée Earthsilk dans la Bas-Monde ainsi que d’un tablier de cuir rempli d’outils pour façonner la pierre à la manière de son Dieu, le Forgeron des Âmes, ne put réprimer un sourire. Il souffla alors les chandelles disposées sur son bureau, où il était assis devant un lourd manuscrit battu aux armes du crâne brisé du clan des Skullcrushers, le clan dirigeant de Khuzdun, sa terre natale, et se dirigea vers la porte métallique qui lui garantissait le rare confort dans le monde des nains qu’était des quartiers privés.

D’une poigne assurée et puissante malgré les trois centaines d’années de sa barbe à quatre tresses retenues par des poings métalliques fermés, il fit basculer la porter sur ses gonds et recula de quelques pas – la stature du visiteur était telle que les couloirs de Khuzdun l’accommodait maintenant difficilement. Halar Ironfist, comme à l’habitude, ne pensa pas à lever les yeux vers le haut et se retrouva, comme à chaque jour depuis la dernière semaine, devant le poitrail de l’armure d’elderhide du Défendeur Éternel de son peuple, Kharas Skullcrusher.

Kharas: “Grand Forgeron de Moradin, je vous…”

Halar: “Épargne-moi les salutations honoriques, chevalier.” Dit Halar, utilisant la traduction en langage commun du mot “Kharas” et serrant la main à son fidèle ami. “Partage plutôt avec moi cette chope et assied-toi.” Halar pointa un siège disposé devant une enclume sur laquelle un marteau cérémonial était déposé et pris place lui aussi près de l’enclume. Halar n’avait rien à mentionner; Kharas, un élu de Moradin, connaissait comme lui la Purge, la confession complète que les soldats nains faisaient à leurs prêtres au retour du champ de bataille. Non pas pour demander pardon; pour les nains, il est entendu que les actes commis lors des engagements militaires ne reviennent pas avec les soldats dans leurs demeures. La communauté naine, un organisme complexe, n’abandonne pas l’un des siens. Pour Kharas, la Purge était un acte régulier; l’appel de Moradin pour ses Défendeurs Éternels était rarement entendu par des scribes mais plutôt par des nains aux mains ensanglantées, maniant la hache ou le marteau comme une extension de leur âme. Cette Purge de Kharas en était dorénavant à sa septième journée; le nain avait remis son manuscript au Grand Forgeron de Moradin, qui, incrédule, avait parcouru le précieux ouvrage de long en large depuis, basculant entre l’admiration pour les Mercenaires de Lavinia Vanderboren et l’horreur devant leurs actes.

Kharas: “La caverne où le 7th Coil s’était réfugié était maintenant libérée des Yuan-Ti. Nous y retrouvâmes quatre prisonnier, trois mâles et une femelle; un nain, deux humains et un tiefling. Tous décédés, paix à leur âme, sauf pour une humaine, qui s’avéra être Harliss, que nous croyions avoir rencontré plus tôt au Red Foam Whaling. Le visage boursouflé et des marques évidentes de violence couvrant son corps en plus de morsures de Mind Flayers, son état était très près de la mort. Comme le seul endroit sécuritaire de Scuttle Cove que nous connaissions était le repère du Protectorat, nous devions l’y amener pour guérir notre alliée improbable, ancienne capitaine d’un navire de la flote pourpre.

Un Yuan-Ti, ayant été laissé en vie à la suite de notre insertion rapide en zone de combat, fut interrogé par Isom. Il ne put nous apprendre que le 7th Coil était une organisation monarchique menée par le Seventh, le Yuan-Ti Anathema dont le corps qui gisait maintenant dans la caverne. Satisfait de la mise en déroute complète du 7th Coil, le Yuan-Ti fut exécuté…

Halar: Exécuté? Mais il était votre prisonnier…

Kharas: “Cette rhétorique ne fonctionne pas à Scuttle Cove, Grand Forgeron. Cette ville ne connaît ni lois ni armée, ni bonté. Lui laisser la vie sauve aurait signifié le retrouver par la suite, épée à la main, nous opposant. Je n’ai pas participé à son exécution, mais je l’aurais fait si mes compagnons n’étaient pas à ce point aussi endurcis que le meilleur soldat nain. La guerre fait ressortir le pire dans le coeur des soldats. Mais je peux vous garantir, Grand Forgeron, qu’aucun des mercenaires qui m’accompagnaient n’a pris une vie en vain durant cette campagne.”

Halar: Continue, chevalier. Je ne juge pas, j’écoute et je questionne.”

Kharas: Donc, le Protectorat accueillit Harliss au Rusty Shunt. Liamae, la magicienne des Jade Ravens que nous avions sauvé précédemment s’y trouvait aussi. Défaite, Liamae nous expliqua qu’elle allait demeurer à Scuttle Cove au sein du Protectorat jusqu’à notre retour à Farshore et tenter de récupérer les corps des membres de son groupe. Après notre intervention au sein du repère du 7th Coil, il était dorénavant possible pour le Protectorat de déménager ses opérations dans leur caverne, plus facilement défendable et inconnue des autres groupes de la ville.

Notre destination était alors le bal tenu à la Porphyry House par dame Tyralandi, une créature perfide et corrompue de laquelle nous devions obtenir des informations sur la Crimson Fleet pour poursuivre notre quête et retrouver Lavinia Vanderboren. Le bal était notre seul prétexte pour y avoir accès; la dame était protégée par des cordons de créatures plus viles les unes que les autres. Baal, un diable particulièrement vil lui-même, était notre clé pour entrer dans ce bal, que je craignais plus que n’importe quel combat; les arts de la conversation et de la politique ne sont pas pour moi et ne le seront jamais.

Comme je pouvais le prévoir, le “bal” n’était en fait que la vision diabolique d’un festin pour les sens. Tous les désirs charnels pouvaient y être assouvis, peu importe leur ignominie. Nous étions à ce bal pour obtenir des informations, et des informations j’entendais en obtenir, peu importe de quelle manière. Un employé de la Porphyry House m’indiqua du menton un personnage important, Kedvar Bones, chef du Dealer’s Consortium qui venait de faire son entrée. Après en avoir informé rapidement Isom, attablé à une partie de Three Dragon Ante, je demandai à Farah d’utiliser ses talents de déguisement pour adopter une forme plaisante pour Kedvar et de le questionner. Kedvar s’avéra n’être que le fournisseur de substances illicites qu’il paraissait être, Farah ne put en extraire aucune information utile. Le reste des participants étaient au mieux des épicuriens à la recherche de fins plaisirs, au pire, de violents criminels.

C’est alors que le cortège de Tyralandi et Belial firent leur entrée. Il est difficile de décrire la Nymphe-Succube d’une autre façon que par son corps; splendide, plantureux mais torturé et duquel émanait une aura de malveillance intolérable. Vénérée par les siens, Tyralandi se plaça sur un podium, magiquement protégé par un rituel pour ne pas permettre à quiconque de l’entendre discuter avec son entourage. Je pu alors attirer le regard de Baal, qui respecta sa parole en introduisant notre groupe à la Nymphe-Succube. Isom le barde fit alors une performance musicale si merveilleuse que même l’endroit où toutes ces âmes destinées aux enfers se trouvaient parut sublime pour un bref instant. Baal l’éternel, le diable ayant entendu des milliers de musiciens à travers son existence destinée au mal, en demeura même bouche-bée. Tyralandi, quant à elle, fut charmée. L’arrivée d’Hallya ajouta à l’effet de la performance d’Isom. Dissimulé derrière des spéculations simples à discerner, Tyralandi nous annonça qu’une mutinerie s’était produite au sein de la Crimson Fleet suite à l’arrivée deVanthus Vanderboren et l’avait laissée sévèrement réduite et affaiblie. Le temps pour frapper était à ce moment et notre fenêtre d’opportunité était faible.

Bien que Tyralandi mentit en nous disant qu’elle ne pouvait nous indiquer l’emplacement de la base de la Crimson Fleet, elle nous confia qu’Harliss, elle, parlerait. Comment avoir pu oublier la capitaine pour localiser son organisation?

Le mal corrompant son âme, Tyralandi ne pouvait nous laisser quitter le bal sans un paiement. Deux mèches de cheveux, l’une d’Isom, l’autre d’Hallya, furent requises.”

Halar: “Par Moradin, la base de rituels puissants, chevalier.”

Kharas: “Nous en étions conscients, Grand Forgeron. La perfidie de Tyralandi est infinie. Parfois, il faut utiliser les armes de ses ennemis pour vaincre, comme le démontrent mes actions au sein de la Porphyry House. Je ne m’en excuserai pas, comme Tyralandi ne le ferait pas. je suis un soldat, né en entraîné pour vaincre.

Malgré mes protestations, Isom et Hallya savaient qu’il s’agissait de la seule façon pour quitter le bal sans bain de sang. Ils décidèrent alors de faire arbitrer l’entente pas Baal. Quelle ironie! Un diable, dont la parole est d’or lorsque l’entente est clairement définie et ne permet pas d’échappatoires, allait arbitrer le contrat entre Tyralandi et notre groupe. Les éléments du contrat furent négociés entre les parties; les “images” créées par Tyralandi ne pourraient être utilisées qu’au sein de la Porphyry House, entre autre, pour des raisons qu’il ne convient pas d’énoncer ici. Le contrat fut finalement signé et notre séjour à la Porphyry House, prenait alors fin.”

Halar: “Tyralandi, le Nymphe-Succube, vous aidait pour promouvoir sa maison de prostitution dans Scuttle Cove?”

Kharas: “Oui. Mais aussi parce qu’elle était au service de Grazz’t le Prince obscur, un ennemi de Demogorgon, patron de la Crimson Fleet.”

Halar: Maniant le marteau cérémonial et le frappant avec force sur l’enclume, Halar déclara de ce geste la Purge terminée pour la journée. “Si nous buvions cette chope, chevalier? Je dois consulter Moradin. Les sphères vers lesquelles tu m’amènes sont sensibles, même pour son Grand Forgeron. Je vais chercher son conseil avant de poursuivre et te guider.”

Kharas: “Ça ne fait que commencer, Grand Forgeron…”


Isom ferme doucement la porte de la chambre dans les appartements luxueux du Porphyry house, un verre de somptueux vin elfique à la main. Le thiefling se frotte les tempes et s’assis lourdement sur le lit douillet de la chambre. Des échos étouffés de la fête de Tyralandae résonnent délicatement à travers les murs de la Maison. Laissant la coupe sur la table de nuit, la main d’Isom touche instinctivement ses rares cheveux gris, à la recherche de la mèche manquante.

La chambre tourne autour d’Isom, dans un tourbillon effrené à mesure que l’importance de la soirée perce dans sa conscience. Étourdi, le thiefling s’étend sur le lit, laissant le lézard pointer hors de sa robe et lancer un regard inquisiteur. Isom aggripe soudainement le lézard par la gorge, et le lance violemment en direction du mur. Le lézard disparait avant de frapper le mur, en lâchant un ricanement sinistre.

“De ma vie, j’ai toujours essayé d’expier les fautes de mes pères,” pense le thiefling. Sa main caresse ses cornes maladroitement limées. “Je ne suis pas un ange… mais mon âme est mienne.” Isom repense aux événements de la journée, la torture du prisonnier Yuan-ti, le marché avec Tyralandi, le contrat signé par le sang devant le regard avide du servant des Enfers. Le vieux thiefling soupire et murmure : “Mon âme était mienne. Es-tu fier de ton fils, père ?”

Machinalement, sa main sort l’instrument divin de son étui, le poing de Motuclaha, la construction de tonnerre et d’éclairs. Ses mains caressent brièvement l’instrument, lâchant des accords dissonnants. Les accords brutaux se métamorphosent en soupirs mélodieux, une mélopée bien connue, une chanson qui résonne encore et toujours dans les tavernes damnées et les châteaux maudits du monde. Pris au jeu, Isom se met à chantonner les paroles immortelles.

<< Pietade, oggi, e Amore trionfan ne l’Inferno >>

<< Aujourd’hui, la Pitié et l’Amour triomphent des Enfers >>

Orphée aux Enfers

La main du vieux barde laisse la musique mourir doucement dans l’air parfumé de la chambre. Il fait une prière muette au légendaire Orphée, héros des bardes et poètes depuis la nuit des temps. “Orphée a usé de courage, de vertu et de talent, mais n’a guère qu’entr’aperçu son Eurydice à travers les flammes infernales avant qu’elle lui soit dérobée. À jamais.”

<< Ahi fat’empio ecrudele ! >>

<< Ah, Quel destin cruel ! >>

“Braverais-je les flammes des enfers, pour un seul clin d’oeil vers la paix et la sollicitude ?” pense le barde. La main tremblante, le barde vide la coupe de vin elfique. “Je ne suis qu’un pauvre mortel perdu sur son chemin.” La coupe glisse de ses doigts et se brise sur le sol de bois dans une note cristalline. Automatiquement, le barde reprend la note impromptue sur l’instrument olman.

<< Nulla impresa per uom si tenta invano >>

<< Aucune entreprise mortelle n’est entreprise en vain >>

Isom rit doucement. “Fallait-il que je fasse tout ce chemin pour finalement comprendre réellement le courage et la vertu du légendaire barde.” Le thiefling soupire et range l’instrument dans son étui. “Père, tu pourras encore être fier de ton fils. Pour une seule note paisible murmurée dans la cacophonie du Monde.”

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